Academic Press Fribourg

  • La transmission est mémoire. Celle-ci permet l'inscription du nom dans l'histoire familiale, dans la longue chaîne de la vie, mais aussi au sein d'un collectif. L'histoire d'un peuple se laisse voir à travers l'épaisseur de ses souvenirs, des mythes et des légendes racontées, mais aussi à travers sa capacité à refonder le collectif. La transmission se fait également reconnaissance. Ainsi, si la construction de soi se faisait hier sur une prise de distance par rapport à un modèle normatif puissant, cohérent, stable et institutionnalisé, les expériences de vie d'aujourd'hui s'éloignent des standards normatifs prédéfinis.
    L'enjeu de la transmission s'en voit alors profondément bouleversé. Dans un monde où le temps s'accélère, comment penser la transmission à la fois dans un ancrage historique, mémoriel et dans une lutte pour la reconnaissance au quotidien ? Comment réconcilier le poids du passé, son inscription sociale et culturelle avec les dynamiques identitaires d'aujourd'hui ? Résolument pluridisciplinaire, cet ouvrage apporte un regard novateur et contemporain sur les questions de la transmission.

  • La sociologie s'est, dès ses débuts, attachée à rendre compte de ce qui fait que nous continuons à être ce que nous sommes devenus malgré de récurrentes envies d'être quelqu'un d'autre et de vivre autre chose. En sanctionnant le poid des décisions et orientations antérieures, elle a quasiment reconnu l'irréversibilité des trajectoires biographiques. Toutefois, les changements d'orientation professionnelle, les ruptures de parcours biographiques, les crises identitaires ne sont pas aussi rares que cela. Et si tel est le cas, c'est parce que rejouer sa vie est pensable et possible et que la structure sociale permet, voire encourage, des reversibilités. C'est à cet enjeu autant sociologique que social que le présent ouvrage est consacré en s'efforçant de thématiser tant les contextes que les conditions d'émergence et de réalisation de ces bifurcations, reconversions, affranchissements, transformations de nos existences.

  • L'émergence de nouvelles et multiples formes de mobilités qui, à l'échelle planétaire, affectent les différents groupes humains, constitue, très probablement, un des traits les plus marquants de notre temps présent. Jamais l'espace et le temps n'avaient été autant réduits et comprimés dans l'interaction ;
    Jamais les frontières sociétales, de classe, ethniques ou socioculturelles n'ont semblé si fluides et si perméables, et peut-être jamais les intersections entre les êtres humains et les objets techniques n'ont autant défié nos conceptions les plus conventionnelles. En conséquence, les préoccupations sociales, relatives à l'émigration et à l'immigration, le plus souvent centrées sur les questions du travail et de l'intégration sociale, font émerger de nouveaux protagonistes sur la scène internationale en favorisant particulièrement la restructuration des politiques publiques et le déploiement de formes renouvelées de sociabilité.
    Avec les contributions de J. Azevedo, L. Baptista, L. Braeckman, N. Burnay, R. d'Ávila Cachado, M. Antunes da Cunha, W. d'Hoore, M. Firpo de Souza Porto, C. Decleire, H. Derycke, J. Desterbecq, A. Matias Diogo, F. Diogo et alii.

  • La personne souffrant de la maladie d'Alzheimer quitte le monde de l'efficacité, de la rentabilité, de la promptitude, de la maîtrise. Mais elle se rapproche d'autres trésors : le silence, la fragilité, l'abandon confiant, la simplicité. Ce dépouillement imposé pourra enrichir son entourage, qui apprendra peutêtre la patience, la persévérance, la générosité, la gratuité. La réalité qui s'impose au malade et à ses proches est celle d'une vie définitivement passée. C'est aussi celle de l'émergence d'une nouvelle vie.
    Pleine de sens cachés, réservée, plus obscure, cette vie rayonne également, à sa manière. Différente, déstabilisante, elle nous déconcerte et nous remet en question. Elle suscite parfois la déception et la nostalgie, dans son irréversibilité. Elle n'en demeure pas moins belle, marquante, émouvante et décisive.
    Comme toute vie, en somme. C'est ce que montreront des expériences et des témoignages, des études plus philosophiques et théologiques, et des réflexions plus personnelles.

  • Le terme de "vulnérabilité", notion-phare des années 2000, est entré dans le vocabulaire des chercheurs, dans leurs travaux académiques comme dans celui des décideurs publics. Il est devenu incontournable dès lors que l'on aborde les problématiques de fragilité, précarité, sécurité, qu'il s'agisse d'une approche par les populations, par les économies ou les territoires géographiques. Aujourd'hui, la diffusion de cette notion s'inscrit pleinement dans le contexte des crises aux dimensions multiples que connaissent nos sociétés (économique, financière, sociale, environnementale). La perspective posée ici, constitutive des sciences sociales au sens où les auteurs l'entendent, est d'inviter à croiser les regards et combiner les apports de trois disciplines : la sociologie, l'économie, la géographie, pour enrichir la connaissance sur cet objet d'études. Elle permet de mieux comprendre le succès du terme vulnérabilité et aussi, de saisir ses atouts pour la recherche tout en faisant reculer ses limites.

    Avec les contributions de A. Aknin, C. Arnal, M. Bailleul, B. Barroca, M. Bresson, J. Cartier-Bresson, P. Cingolani, Y.
    Fijalkow, I. Fréchon, G. Froger, V. Geronimi, Ph. Hugon, R. Laganier, S. Lhomme, P.-A. Maizière et ...

  • À certains égards, la mise en oeuvre des documents du concile n'en est encore qu'à ses balbutiements. Le jubilé des 50 ans de Vatican II l'a rappelé à l'envi. C'est notamment le cas pour les constitutions Sacrosanctum concilium et Gaudium et spes.

    Fruit d'un colloque des doctorants en théologie pratique des Facultés de théologie de Suisse romande, l'ouvrage bilingue établit combien c'est par le croisement des apports des théologies germanophone et francophone, dans les années 1950-1960, que bien des intuitions conciliaires se sont mises en place. Cet échange entre les deux aires linguistiques, qui est au coeur des réflexions du Centre d'études pastorales comparées de l'Université de Fribourg, porteur de la collection « Théologie pratique en dialogue », est invité à se poursuivre, afin que l'Église catholique, en partenariat avec les Églises réformées, continue de lire les signes des temps par lesquels le Seigneur manifeste au 21e siècle la joie de l'Évangile et de l'amour.

    Avec des contributions, pour la liturgie : des Prof. Andreas Heinz (Trier), Patrick Prétot (Paris), Martin Klöckener (Fribourg) et du doctorant Davide Pesenti (Fribourg) ; et pour la pastorale : du Prof. Christoph Theobald (Paris), du privat-docent Dr Michael Quisinsky (Genève), des Prof. Salvatore Loiero et François-Xavier Amherdt (Fribourg) et du Dr Dieudonné Mushipu (Fribourg).

  • Si la spiritualité est l'ouverture de l'être humain au Transcendant et au Vivant, qui donne sens à son existence, l'art constitue une voie privilégiée pour l'exprimer. Sans doute l'une des plus parlantes pour nos contemporains, dans notre ère de postmodernité « liquide » privée de repères.
    Fruit d'un colloque doctoral oecuménique tenu par les départements de théologie pratique des Universités de Neuchâtel (hélas disparu depuis) et de Fribourg, l'ouvrage propose dans une première partie des réflexions fondamentales sur la beauté à travers l'histoire (philosophie et théologie), les risques de manipulations des arts par les totalitarismes et les chemins du dialogue entre les voix artistiques et spirituelles.
    Puis, dans une deuxième partie, plusieurs cas spécifiques de ces conversations sont abordés : l'Angelus de Paul Klee et les thèses du philosophe Walter Benjamin, le regard sur la mort des écrivains Victor Hugo et Christian Bobin, la quête de l'Absolu selon les films d'Andrei Tarkovski, le texte biblique dans le théâtre d'Armand Gatti et les discours édifiants du philosophe Søren Kierkegaard.
    En finale, deux ouvertures sont ménagées plus explicitement en direction de la théologie pratique, à travers le jeu de l'esthétique dans la prédication et la place du langage artistique dans la catéchèse et la pastorale.
    Les dix essais dus à la plume de professeurs comme de doctorants dressent ainsi un panorama diversifié des possibilités infinies qu'offrent ces fécondations mutuelles entre arts et spiritualité.

    Actes du colloque doctoral interdisciplinaire, Facultés de théologie des Universités de Neuchâtel et de Fribourg, 26 et 27 mai 2014. Sous la direction de Catherine Rohner et François-Xavier Amherdt.

  • Dans bon nombre de religions antiques et modernes, la question de la place de l'homme et de sa relation avec des dieux ou autres puissances supérieures occupe une place importante. Loin de réduire cette réflexion à un simple binôme humain(s) vs. dieu(x), de nombreux textes et représentations figurées anciens attestent l'idée qu'il existe entre les dieux et les hommes toute une série d'êtres intermédiaires ou hybrides, qu'à la suite des anciens nous avons l'habitude de nommer « anges », « démons », « héros » et que l'on qualifie volontiers aujourd'hui d'êtres « surnaturels ». Parmi eux, les morts (ou du moins certains morts éminents) à qui l'on prête la connaissance d'un monde que les vivants ne peuvent qu'imaginer imparfaitement, occupent une place particuliere.
    Ces êtres intermédiaires (certains anonymes, d'autres nommés tels que Pazuzu, Azazel, Gabriel, Métatron, ou Satan...) peuvent jouer des rôles que l'on ne veut pas attribuer aux dieux, en être les relais ou les adversaires ou prendre le rôle de médiateurs entre des dieux trop occupés ou trop lointains pour entretenir une relation directe avec les humains, ou entre les mondes inférieur et supraterrestre. La gestion de ces figures souvent liminaires peut s'avérer plus compliquée encore que de satisfaire les dieux. En même temps, elles reflètent la complexité des expériences du réel que faisaient les anciens et remplissent des fonctions dans le discours social qui vont au-delà de la simple fiction littéraire.
    Ce volume issu d'un colloque au Collège de France organisé par la chaire « Milieux Bibliques » les 19 et 20 mai 2014 étudie de près ces êtres intermédiaires tels que les concevaient les sociétés du Proche-Orient ancien, et en particulier les lettrés à l'origine des écrits et littératures qui témoignent de leur imaginaire religieux. La plupart des contributions aborde, soit des textes cunéiformes du IIe et du I er millénaire avant notre ère, soit la littérature biblique et des traditions postérieures qui s'en sont inspirées, du judaïsme ancien à l'islam en passant par le manichéisme; l'Égypte et le zoroastrisme sont également pris en considération. On apprend ainsi à connaître et mieux comprendre les génies protecteurs et les démons malveillants, les héros et les géants d'antan, des humains divinisés ou des anges porteurs de révélations innovantes. Le panorama des intermédiaires bibliques s'avère particulièrement riche en figures de tout genre, au point de constituer un véritable pandaemonium israélite et de soulever cette interrogation à première vue surprenante : y aurait-il eu, à un moment donné, un trop-plein dans le monde divin?

    Sous la direction de Thomas Römer, Bertrand Dufour, Fabian Pfitzmann, Christoph Uehlinger.

  • Le présent volume étudie les conditions matérielles et humaines par lesquelles un héritage culturel - qu'il soit intellectuel ou pratique - peut être légué d'une génération à une autre. Les articles partent tous du constat que la communication d'un savoir ou d'une expérience vécue est tributaire de son contexte immédiatement concret. De ce point de vue, l'école n'est pas seulement un vecteur institutionnalisé de la tradition, par le filtrage duquel s'érige une culture dite « classique »; il s'agit également d'un lieu de vie qui informe les contours et les contenus des connaissances enseignées. Entre l'ordre qu'impose l'institution et les chemins plus sinueux qu'empruntent les rapports humains, l'aventure de la pensée se vit au quotidien comme l'histoire sans cesse renouvelée d'une passation, localisée et incarnée, qui redonne à la tradition le dynamisme de sa signification première: l'action de transmettre.

  • Cet ouvrage, fruit d'un colloque oecuménique, montre comment la catholicité est comprise dans les différentes Églises et vécue pratiquement. Il propose un fructueux dialogue entre le terrain et la théologie, un aller-retour entre spiritualité, prière et réflexion théologique. Avant les divisions des Églises, tous les chrétiens pouvaient dire sans restriction : « Je crois en l'Église une, sainte, catholique, apostolique ». Mais le mot « catholique » en est venu à désigner ce qui spécifie une Église particulière, en la distinguant des chrétiens d'autres confessions chrétiennes. L'enjeu est de redécouvrir le sens profond de la catholicité et de la libérer de l'appauvrissement et de la réduction dont cette notion a été victime au cours de l'histoire de l'Église. Si toutes les Églises vivent une forme ou une autre de catholicité, elles divergent souvent quand il s'agit de la définir et surtout de l'articuler à un autre mode de catholicité.
    Alors, il faut se rencontrer pour apprendre à mieux se connaître et découvrir des convergences.

    Avec les contributions de J.-R. Allaz, F.-X. Amherdt, G. Byamungu, C. Clivaz, D. Halter, J. Getcha, J. Gibaut, P. Gonzalez, M. Hoegger, Soeur Minke, J.-Cl. Mokry, A. Nisus, Mgr Jérémie, S. Keshavjee, F. Lemaître, O. P. Mateus et allii.

  • « La théologie se rajeunit toujours » (Dei Verbum 24). En décrivant ainsi le caractère vivant de la théologie, le concile Vatican II, dans sa constitution sur la Révélation Divine, inscrit la vie et la pensée chrétiennes dans l'histoire humaine. L'Église est loin d'avoir exploité toutes les richesses spirituelles, théologiques et pastorales de ce concile et de sa réception. Grâce aux recherches historiques et aux réflexions systématiques, l'herméneutique conciliaire elle-même reste une occasion privilégiée du rajeunissement permanent de la théologie. Ceci d'autant plus qu'au sein de l'Église contemporaine, l'herméneutique conciliaire est située au carrefour de la vie et de la pensée chrétiennes ainsi que des théologies historique, systématique et pastorale. En s'inspirant de l'oeuvre du théologien québécois Gilles Routhier, spécialiste mondialement reconnu de Vatican II, mais aussi de l'histoire et du présent de l'Église, des jeunes chercheurs se proposent de contribuer aux débats autour de l'herméneutique conciliaire avec des perspectives nouvelles et des pistes de recherches futures.

    Avec les contributions de F.-X. Amherdt, M. Attridge, D. Dias, M. Faggioli, M. Quisinsky, Ph. J. Roy et allii.

  • La première communauté des dominicains entre dans le Nouveau Monde (Saint-Domingue) en septembre 1510. Frère Antón Montesino, suivant l'évangile « Une voix crie dans le désert » (Mt 3,3), prêche au nom de toute la communauté le 21 décembre 1511 un sermon courageux et prophétique contre l'exploitation des indigènes («Ces gens ne sont-ils pas des hommes? »). Ce sermon est un événement très important dans l'histoire de l'Eglise et de l'humanité. La Faculté de théologie de l'Université de Fribourg, marquée par la tradition de l'Ordre des Prêcheurs, a organisé les 1-4 décembre 2011, 500 ans après le sermon et en saisissant la prédication libératrice de la «bonne nouvelle du royaume» (Mt 24,14) dans le Nouveau Monde, un colloque international sur le thème «Evangile et prophétie».

    Avec les contributions de F.-X. Amherdt, N. Awais, E. M. Belser, B. Cadoré, M. Delgado, L. Devillers, Th. Eggensberper, U. Engel, F. Gmür, E. Grieu, M. C. Hilkert, K. Koch, C. Mendoza, A. Riccardi, C. Sedmak, M. Sievernich et ...

  • Existentielle, écologique, énergétique, sociale, sanitaire, financière, relationnelle, identitaire., la vulnérabilité est partout aujourd'hui. Elle réussit l'exploit de mobiliser tout un ensemble de dimensions politiques, morales et professionnelles qui amènent à revoir notre appréhension du monde contemporain et notre rapport à autrui. C'est à une analyse de cette réorganisation d'ensemble des rapports entre, d'une part, finitude existentielle, fragilité sociale, précarisation structurelle et, d'autre part, transformation politique, éthique et pratique de l'action sur/avec/pour autrui qu'invite cet ouvrage. Il interroge aussi bien le sens et la prégnance de l'articulation vulnérabilité et sollicitude au coeur des sociétés contemporaines que les recompositions que sa promotion participe d'ores et déjà à engendrer dans le champ de l'intervention sociale.


    Ont participé à ce volume : P. Bodenmann, F. Brugère, V. Châtel, S. Laugier, C. Lévy-Vroelant, D. Martuccelli, P. Paperman, C. Reinprecht, F.Saillant et M.-H. Soulet

  • Quels visages le christianisme charismatique revêt-il aujourd'hui ? Quelles formes est-il appelé à prendre demain dans les différentes Églises ? Quelle est sa situation en Suisse, en Europe et ailleurs ? Quel impact les vagues successives du christianisme pentecostal exercent-elles actuellement et continueront-elles d'avoir à l'avenir sur la vie des Églises chrétiennes ? Au sein de l'Église catholique, le Renouveau charismatique amène de nouvelles façons de constituer et de conduire la communauté, de vivre la prière, la liturgie et la catéchèse, de pratiquer la solidarité, le partage et l'engagement social, de valoriser la guérison physique et intérieure, de mettre en évidence les « charismes » dans le souffle de l'Esprit. Le présent ouvrage fait le point critique sur les questions que soulèvent ces manières d'expérimenter la foi, d'un point de vue sociologique, historique, biblique, théologique et pastoral, et examine la contribution que les diverses formes du Renouveau peuvent apporter à la nouvelle évangélisation.

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