Art Press

  • Dernier d'une série de trois volumes d'entretiens retraçant l'histoire de la vidéo à travers artpress, L'art vidéo 3. Redéfinitions contemporaines réunit des interviews réalisées au cours des années 2010. Elles témoignent des transformations en cours.
    Même si la vidéo apparaît comme le meilleur outil pour jeter un regard critique sur le passé et le présent, les modes opératoires, les usages et les finalités sont multiples et rebattent les cartes des hiérarchies entre l'image et le son. À tel point que la vidéo, intégrée au media art ou «nouveaux médias», semble paradoxalement remettre en cause l'hégémonie du visuel.

    Entretiens avec Ed Atkins, David Claerbout, Camille Henrot, Bouchra Khalili, Ariane Loze, Mika Rottenberg, Anri Sala, Wael Shawky, Hito Steyerl.
    Par Safia Belmenouar, Florian Ebner, Étienne Hatt, Eleanor Heartney, Marcella Lista, Anaël Pigeat, Kathryn Rattee, Erik Verhagen.
    Préface d'Étienne Hatt.

  • Alain Fleischer est l'auteur d'une oeuvre abondante et multiforme de photographe, plasticien, cinéaste et écrivain. Couvrant plusieurs décennies et abordant des sujets aussi nombreux que diversifiés - le réel et son envers, le temps et le mouvement, l'amour et l'érotisme, l'utopie...-, les entretiens réunis dans ce volume soulignent combien Alain Fleischer est un artiste du projet : chez lui, les idées prédominent et trouvent à s'exprimer dans des techniques et des formes adaptées, qu'il s'agisse d'un film, d'une installation ou d'un livre. Ils montrent aussi comme en témoigne Le Fresnoy, école d'art conçue et dirigée par l'artiste, que son oeuvre de créateur est inséparable de celle d'un passeur.

  • Épicentre de la contre-culture américaine, la côte Ouest des États-Unis s'est affirmée, dès les années 1960, comme un lieu propice à l'expérimentation riche et fertile de nombreux médiums. Tournant le dos à une mythologie de carton-pâte hollywoodienne, une scène multiforme, aux accents parfois violents, souvent sarcastiques et parodiques s'est développée dans le sillage de prestigieux instituts d'art, où l'on étudiait le cinéma expérimental et la performance. Toutes les composantes de l'art des années 1980 et 1990 sont représentées par les cinq artistes réunis dans ce volume : body art autodestructeur (Chris Burden), assemblage mêlant objets et peintures dans un joyeux désordre bariolé (Richard Jackson), performances irrévérencieuses et sculptures gonflables de corps humains grotesques et hyper sexualisés signifiant le côté sombre du rêve américain (Paul McCarthy), installations vidéo sonores nourries de psychanalyse (Mike Kelley), peintures volontairement plates, jouant avec les images et les mots dans une approche conceptuelle (Edward Ruscha). Cette multiplicité a contribué à la renommée internationale de la scène californienne et à l'imposer au même titre que sa rivale new-yorkaise.

  • Premier d'une série de trois volumes d'entretiens retraçant l'histoire de l'art vidéo à travers artpress, L'art vidéo 1. Les débuts réunit des artistes des deux premières générations de vidéastes.
    Des pionniers Woif Vostell et Nam June Paik au succès, en 1995, de Bill Viola et Gary Hill à la Biennale de Venise, la vidéo s'affirme comme une pratique incontournable de l'art contemporain. Tandis que la vidéosurveillance inspire des travaux en circuit fermé, la télévision reste longtemps la référence, souvent en négatif, de l'art vidéo qui prend la forme de bandes diffusées dans des moniteurs. Mais les artistes commencent aussi à explorer les voies de la vidéosculpture et de l'installation. De cette histoire, artpress donne une vision interdisciplinaire qui l'ouvre à la vidéo-théâtre, à la vidéo-danse ou à la vidéo-performance.

    Entretiens avec Jean-Pierre Bertrand, Jean-Paul Fargier, Gary Hill, Michel Jaffrennou, Joan Jonas, Thierry Kuntzel, Hervé Nisic, Nam June Paik, Bill Viola, Wolf Vostell.
    Par Liliana Albertazzi, Dany Bloch, Louis-José Lestocart, Catherine Millet, Guy Scarpetta, Barry Schwabsky, Raphaël Sorin.
    Préface d'Étienne Hatt.

  • «Je suis né en 1944, l'année de Rome ville ouverte... Si j'allais jusqu'au bout de mon délire, je dirais que je suis né avec le cinéma...» Serge Daney a étroitement associé sa vie avec les images cinématographiques et l'histoire du siècle dont elles sont inséparables. Des Cahiers du cinéma à Libération, il s'est imposé non seulement comme critique mais aussi comme théoricien de l'image, de toutes les images, également celles de la télévision dont il livre une analyse politique.
    Artpress l'a rencontré à plusieurs reprises pour évoquer le rapport entre cinéma et histoire, cinéma et télévision, images et réalité. Le dernier entretien a été réalisé quelques semaines avant sa mort, en 1992. Il venait de fonder Trafic, revue dans laquelle il envisageait l'écriture comme le prolongement naturel de la parole cinéphilique.

  • En 1969, dans le musée de la ville de Leverkusen, en Allemagne, eut lieu une exposition au titre sévère, Konzeption-Conception. Aux murs, des photographies prises sans préoccupation esthétique, des schémas, des diagrammes, des textes plus ou moins laconiques. Diverses nationalités étaient représentées et ce qui était une tendance souterraine, concernant dans certains cas des artistes déjà engagés dans des mouvements d'avant-garde comme l'art minimal, l'arte povera, le body art ou la performance, suscita une vaste prise de conscience à travers le monde de l'art occidental : on assistait à une dématérialisation de l'oeuvre d'art.

    Même si l'artiste minimaliste Sol LeWitt fut considéré comme le « parrain » de ce courant, l'art conceptuel s'inscrivit d'abord en réaction au formalisme de l'abstraction apparue plus tôt dans la décennie. S'appuyant autant sur la philosophie analytique américaine que sur Marcel Duchamp, les plus théoriciens parmi les artistes, le groupe anglais Art & Language, Victor Burgin, ou l'Américain Joseph Kosuth entreprenaient une remise en cause systématique de la définition de l'art, tandis que d'autres, tel Lawrence Weiner, suggéraient plutôt des situations poétiques que le public était invité à vivre. En dépit de ses manifestations parfois arides, l'art conceptuel rencontra un énorme succès au point que le terme, un peu comme le mot « surréaliste », finit par désigner tout et n'importe quoi. « C'est de l'art conceptuel ! », s'exclame-t-on devant un objet un peu énigmatique. Il est temps de revenir aux fondamentaux.

  • Deuxième d'une série de trois volumes d'entretiens retraçant l'histoire de la vidéo à travers art press, L'art vidéo 2. Entre cinéma et installation revient sur les années 1990-2000. Elles furent marquées par le tournant cinématographique de la vidéo.
    On ne parle alors plus de vidéo mais d'un « autre cinéma » ou de « cinéma d'exposition ».
    Douglas Gordon et Pierre Huyghe commencent par déconstruire les films existants quand d'autres en reprennent librement les caractéristiques.
    La vidéo achève sa spatialisation sous la forme d'installations et Elja-Lilsa Ahtlla ou Doug Aitken tirent parti, à des fins narratives et temporelles, sensorielles et cognitives, de la multiplication des écrans et confèrent au spectateur le rôle de monteur.

    Entretiens avec Eija-Lilsa Ahtila, Doug Aitken, Tacita Dean, Stan Douglas, Douglas Gordon, Pierre Huyghe, Shirin Neshat, Sam Taylor-Wood.
    Par Régis Durand, Térésa Faucon, Greg Hilty, Richard Leydier, Anaël Pigeât, Damien Sausset, Robert Storr, Christine Van Assche, Marine Van Hoof.
    Préface d'Étienne Hatt.

  • En 1981, une exposition dans le loft parisien du critique d'art Bernard Lamarche-Vadel, intitulée Finir en beauté, soulevait une petite tempête dans le monde de l'art : une très jeune génération d'artistes surgissait dont les oeuvres rompaient complètement avec la tradition des avant-gardes modernistes. Bientôt baptisé Figuration libre, le courant, qui rejoignait ce que, à un plan international, on appela Bad Painting, se caractérisait par un emprunt en effet très libre à la bande dessinée, aux techniques du graffiti et à l'esthétique accompagnant la musique pop. Au sein de ce groupe, Hervé Di Rosa se distingue aussitôt par le foisonnement de son imaginaire, la densité de ses images, la mise en place de personnages fétiches. Dans les années 1990, l'artiste entreprend de grands voyages en Amérique Latine, au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique, à la rencontre d'artistes et d'artisans, apprenant d'eux leurs techniques traditionnelles, faisant appel parfois à leur collaboration.
    C'est à une véritable encyclopédie esthétique que son oeuvre s'assimile progressivement. Par ailleurs, grand collectionneur de toutes les formes d'art populaire, objets d'aéroport, objets publicitaires, tableaux de peintres du dimanche ou art brut, Hervé Di Rosa a conçu la notion d'art modeste et fondé, dans la ville de Sète, le très actif musée des Arts modestes.

  • Jeff Koons

    Collectif

    L'oeuvre de Jeff Koons suscite la controverse. Désarmante et dérangeante depuis les débuts de sa production, au début des années 1980, avec la série des aspirateurs, jusqu'au Bouquet de tulipes offert à la Ville de Paris en 2017, en hommage aux victimes des attentats, en passant par Jeff and Ilona: Made in Heaven, série de photographies pornographiques, l'oeuvre interroge le spectateur : l'artiste est-il sérieux ou nous provoque-t-il ? Pour se repérer dans l'univers et les propos quelquefois confus sinon contradictoires de l'artiste, et comprendre l'ambiguïté d'une personnalité tour à tour candide ou cynique, ce volume reprend un long entretien daté de 1990 par Robert Storr, dans lequel il précise ses idées sur la fonction de son art, dans le contexte économique euphorique (« le marché est sain », explique-t-il dans un autre entretien) et post-reaganien des États-Unis. Trois essais récents (datés de 2008 à 2018) complètent cet ouvrage, apportant un éclairage indispensable à l'oeuvre la plus médiatisée de notre époque.

  • Deux grandes expositions, toutes deux à New York en 1966, fédérèrent les artistes qui allaient incarner cette tendance : Primary Structures au Jewish Museum, qui présentait les sculptures de Carl Andre, Donald Judd, Sol LeWitt, Robert Morris..., et Systemic Paintings au Guggenheim Museum, avec notamment des oeuvres de Robert Mangold et Frank Stella. Héritiers de l'abstraction américaine des années d'après-guerre dont ils radicalisèrent les propositions formelles, mais attentifs aussi à l'avant-garde russe du début du 20e siècle (Malevitch) qui était restée mal connue aux États-Unis, ces artistes, s'ils ne s'en tenaient pas à une stricte géométrie, proposaient néanmoins des formes simples, non expressives, impersonnelles. Leurs oeuvres de très grands formats envahissent l'espace, plaçant le visiteur de l'exposition dans l'obligation de les parcourir physiquement. Certains, tels Robert Morris et Richard Serra, s'attachèrent à mettre en évidence les qualités et les propriétés des matériaux qu'ils choisissaient, que ce soit le feutre ou l'acier. Donald Judd a proposé l'expression « objets spécifiques » pour désigner des oeuvres qui n'appartenaient ni à la catégorie de la sculpture ni à celle de la peinture et qui revendiquaient une complète autonomie.

  • Meredith Monk, née à Lima en 1942, est une chanteuse, performeuse et chorégraphe, figure majeure de la scène américaine. Elle développe très jeune une qualité de voix exceptionnelle, qu'elle ne cesse d'approfondir en explorant l'appareil vocal entier (bouche, gorge, larynx, glotte). Elle débute sa carrière en 1964, dans un contexte artistique new-yorkais en pleine effervescence, qui abrite aussi bien la Factory d'Andy Warhol que la Kitchen, lieu où sont présentés les spectacles d'avant-garde et où l'on peut écouter la musique de John Cage et Steve Reich. En 1968, elle fonde sa compagnie, The House, puis, en 1978, le Meredith Monk & Vocal Ensemble, avec lequel elle effectue des tournées dans le monde entier et enregistre plusieurs titres.
    Dès lors, elle ne cesse de créer des oeuvres qui intègrent toutes les disciplines. Son goût pour l'expérimentation se manifeste dans son approche de la voix et de la musique - elle étudie toutes les techniques du monde, s'inspire de la musique médiévale aussi bien que d'Erik Satie - mais aussi dans les arts de la scène. Elle intègre de la vidéo, des films dans ses chorégraphies aussi appelés « opéras cinématographiques » (Atlas, 1991). Ses spectacles donnent lieu à des courts-circuits temporels, pour déconstruire les codes en vigueur de la danse, de l'opéra, du chant et du montage cinématographique.
    En France, c'est le Festival mondial du théâtre de Nancy, que présidait Jack Lang, qui l'a invitée pour la première fois en 1973, suivi le Festival d'Automne en 1975. Depuis, elle revient régulièrement, accueillie par divers espaces culturels, tels que le musée du Louvre ou la Fondation Cartier...
    Son expression libre, affranchie de toute rhétorique formelle et spécifiquement féminine font de Meredith Monk une pionnière dans l'art de la performance et de la création d'avant-garde.

  • Catherine Millet est née en 1948, à Bois-Colombes, dans la région parisienne.
    Elle est écrivain et critique d'art, directrice de la rédaction d'artpress, revue à la fondation de laquelle elle a participé en 1972.

    Elle est l'auteur d'ouvrages sur l'art contemporain, parmi lesquels Yves Klein (éd. art press/Flammarion, 1982), L'Art contemporain en France (éd. Flammarion, 1987, nouvelle édition mise à jour, 1994 puis 2005, 2015), L'art contemporain, histoire et géographie (éd. Flammarion 1997, nouvelle édition augmentée, « Champs Flammarion », 2006), Dalí et moi (Gallimard, 2005), Le Corps exposé (Cécile Defaut, 2011).

    En tant que commissaire d'expositions, elle a entre autres réalisé : Baroque 81 (Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, 1981), Douze artistes français dans l'espace (Tokyo, Séoul, 1985). Elle a également été commissaire de la section française de la Biennale de São Paulo en 1989, qui a reçu le Grand Prix du meilleur pavillon, et commissaire du Pavillon français pour la Biennale de Venise 1995.

    En 2001, elle a publié aux éditions du Seuil : La vie sexuelle de Catherine M., ouvrage qui a fait l'objet de plus de quarante traductions, puis en 2003, aux éditions Stock, Riquet à la houppe, Millet à la loupe, et en 2008, Jour de Souffrance, aux éditions Flammarion. Catherine Millet a publié son troisième ouvrage autobiographique, Une enfance de rêve, en avril 2014.
    D'art press à Catherine M., livre d'entretiens avec Richard Leydier paraît en 2011 aux éditions Gallimard.

    En 2012 et 2013 plusieurs événements et publications ont marqué l'anniversaire des 40 ans d'artpress, en particulier un album rétrospectif aux éditions de La Martinière et trois journées de rencontres, conférences et concerts à la Bibliothèque Nationale de France.

    En 2017, Catherine Millet publie Aimer Lawrence aux éditions Flammarion.

  • Led Zeppelin by Led Zeppelin est le seul et unique livre conçu en étroite collaboration avec les membres du groupe mythique. Pour les 50 ans de sa formation, ce volume retrace toute la carrière musicale de Led Zeppelin avec Jimmy Page, Robert Plant, John Paul et John Bonham, à la scène comme à la ville, en backstage ou en studio d'enregistrement. Une monographie définitive de 368 pages présentant de nombreuses images inédites, un accès exceptionnel aux archives visuelles du groupe et les contributions de photographes cultes du monde entier. La couverture présente les tampons personnels des quatre membres du groupe, qu'ils utilisent comme signatures.

  • Philosophe (l'Etre et l'Evénement, Logiques des mondes, le Siècle), professeur à l'Ecole normale supérieure, et aussi romancier (Calme Bloc ici bas), auteur dramaturge et même acteur (la République de Platon), Alain Badiou est aujourd'hui l'une des voix les plus écoutées, en France comme dans beaucoup de pays à travers le monde. Est-ce dû à ses lectures croisées de Marx et de Lacan, à sa fidélité aux engagements politiques de sa jeunesse, à ses écrits sur Beckett, saint Paul, les avant-gardes littéraires et artistiques du début du 20e siècle, à sa passion des mathématiques, à ses réflexions sur l'amour ? Disons à la vitalité d'une pensée capable d'embrasser autant de domaines.
    N'est-ce pas aussi que son oeuvre est le plus sûr antidote aux bien-pensances de l'époque ? A son parti pris qui est, pour reprendre ses propres termes, de " déclarer opiniâtrement sa dissidence " ?

  • Sous l'influence de toute une école de chorégraphes américains, la danse a connu une révolution esthétique au cours des années 1970. Ils déconstruisent les codes de la danse classique, explorent de nouveaux modes d'expression du corps, intègrent des disciplines tels que la vidéo, le cinéma, les arts plastiques. De nouvelles problématiques se font jour : l'expressivité du corps, la mise en avant de l'individualité, l'importance des décors qui ne sont plus considérés comme de simples fonds, la question générationnelle, la prise en compte de la caméra dans la chorégraphie, les représentations donnant quelquefois lieu à un film qui n'est pas que documentaire. Parmi ces chorégraphes figurent Andy DeGroat, Merce Cunningham, Karole Armitage, Trisha Brown, Lucinda Child, et Meredith Monk à qui artpress consacre un volume entier. Tous ont été révélés en France dans le cadre du Festival d'Automne, du Festival d'Avignon et du Centre national de la chorégraphie à Angers.
    Andy DeGroat (1948) débute à New York puis s'installe en France au début des années 1980, après une magistrale représentation au Centre Pompidou ; Karole Armitage (1954) est engagée dans la compagnie de Merce Cunningham en 1975, puis réalise des performances dans des lofts de Soho. Elle refonde la danse classique par son style vif et débridé qui dégage une forte énergie ; Trisha Brown (1936-2017) est certainement la plus connue. Membre fondateur du célèbre Judson Dance Theater, groupe informel de danseurs à New York, elle développe un langage chorégraphique structuré, dit le « mouvement brownien », où les corps se meuvent avec une grande fluidité dans l'espace, dans la lignée de Merce Cunningham. Elle a régulièrement collaboré avec le peintre Robert Rauschenberg. Le musée d'art contemporain de Lyon lui a rendu hommage en 2010 ; Lucinda Childs (1940) est également associé au Judson Dance Theater. En 1973, elle crée à New York la Lucinda Childs Dance Company, puis s'installe en France en 1976. Remarquée par son solo dans Einstein on the Beach, mis en scène par Robert Wilson, elle développe un style plus minimaliste, collabore avec des plasticiens, notamment Sol LeWitt. Le Festival d'Automne lui a consacré une rétrospective en 2016.
    Ce volume contient également un extrait du journal que Merce Cunningham a tenu pendant le tournage de Channels Inserts, un film-ballet réalisé en collaboration avec Charles Atlas.

    Entretiens avec Andy DeGroat, Karole Armitage, Trisha Brown, Lucinda Childs et Meredith Monk.

  • Ecrivain, psychanalyste, professeur émérite à l'université de Paris 7, Julia Kristeva est une représentante de la pensée française dont l'influence ne cesse de s'étendre en France comme à l'étranger. Son oeuvre, à la croisée de plusieurs disciplines, a d'abord abordé le champ de la linguistique avec des lectures nouvelles de Lautréamont, Mallarmé, Proust. C'est ensuite sur la psychanalyse que se sont portées ses recherches.
    Elle est l'auteur d'ouvrages sur l'abjection, la mélancolie, les nouvelles maladies de l'âme, qu'elle étudie à la lumière des textes littéraires, Dostoïevski et Marguerite Duras notamment, et qui l'aident à analyser le nihilisme de l'ère moderne. C'est sur tous ces grands sujets qu'artpress l'a interrogée au fil des années, mais aussi sur l'art : ne fut-elle pas responsable en 1998 de l'exposition Visions capitales au musée du Louvre ?

  • "Ce n'est pas du réalisme mais une fausse réalité, une réalité forgée de toutes pièces. " C'est ainsi que le photographe américain Andres Serrano définissait la photographie dans une interview de 1991 reprise dans ce volume consacré à l'image construite. Ce dernier réunit des pratiques qui s'apparentent à la performance, au tableau vivant ou à la mise en scène et qui ont pour point commun de créer une réalité devant et pour l'appareil photographique.
    Que l'artifice soit évident (Gilbert & Georges) ou imperceptible (Philip-Lorca diCorcia), qu'elle figure des objets (le Piss Christ d'Andres Serrano), l'artiste (David Nebreda), un modèle (Bettina Rheims), ou l'artiste jouant un personnage (Cindy Sherman), l'image construite rapproche la photographie de la peinture, du théâtre et du cinéma. Elle entretient un rapport équivoque au réel et, tel un photogramme de film, suggère des récits.

  • Longtemps négligées, quoique consubstantielles à la photographie et à ses développements, les pratiques expérimentales bénéficient actuellement d'un regain d'intérêt. Ce volume réunit des artistes qui, d'une manière ou d'une autre, explorent le médium pour déborder ses frontières. Même si, par ses longs temps de pose et ses images d'images, Alain Fleischer fait de la photographie un art du mouvement et de la projection, il s'agit moins d'ouvrir la photographie aux autres arts que de repousser ses limites internes.
    Dans cette tâche, la technologie numérique a joué un double rôle. Par réaction, elle a contribué au développement de travaux explorant les fondements de la photographie argentique, comme la chimie, et donnant lieu à des oeuvres abstraites. Mais les progrès qu'elle a entraînés ont aussi permis la création d'images impossibles à réaliser jusqu'alors. S'il est un artiste qui incarne cette ambivalence, c'est Wolfgang Tillmans qui ne cesse d'expérimenter le médium pour pouvoir créer "des images pour aujourd'hui".

  • Même si, aux yeux de la critique, le Nouveau Roman passe le plus souvent pour de l'histoire ancienne, il a néanmoins imposé une idée différente du roman qui s'est durablement diffusée et a essaimé dans les générations suivantes. Ni constitué en groupe organisé, ni ordonné en « école », il s'est attaché à « dénormaliser » la littérature - « On ne pouvait pas en rester au roman du 19e siècle » (Robert Pinget) ; « il fallait que les formes changent » (Nathalie Sarraute). Il a également exploré d'autres voies, connexes à l'écriture : le théâtre (Robert Pinget et Nathalie Sarraute), le cinéma (Alain Robbe-Grillet et Marguerite Duras), la photographie (Claude Simon), la musique (Claude Ollier). Cette réinvention du roman s'est nourrie de ces apports propres à chacun, ils en constituent la richesse, la diversité et la modernité.
    Par Marianne Alphant, Harry Blake, Rachid Boudjedra, Pascale Casanova, Catherine Francblin, Jacques Henric, Benoît Jacquot, François Poirié, Patrick Roegiers.

  • Aux côtés d'Aragon, Bataille, Klossowski, Céline, Genet, Louis Calaferte est un des écrivains français majeurs du 20e siècle. En 1953, il fit une entrée fracassante dans le monde des Lettres avec la publication d'un premier récit qui sidéra la critique et connut un énorme succès en librairie, Requiem des innocents, publié chez Julliard ; puis en 1963, aux éditions Tchou, un énorme roman récit jugé scandaleux, et qui fut à ce titre interdit pour pornographie, Septentrion.
    Calaferte faisait ainsi son entrée dans la catégorie des grands auteurs maudits. Ces résistances des moralistes de toutes obédiences ne l'empêchèrent pas, souvent dans l'adversité, la révolte, la solitude, de poursuivre jusqu'à sa mort, en 1994, une oeuvre romanesque, théâtrale, poétique, abondante et puissante, toujours porteuse d'une insoumission de fond aux bassesses et aux lâchetés de son temps.

  • Le mouvement Support-Surface est souvent présenté comme « la dernière avant-garde » de la scène française, en raison d'une pratique radicale et expérimentale de la peinture, d'un important travail théorique, et de prises de position polémiques. Au travers de ses nombreuses manifestations au début des années 1970, dans des musées mais aussi en pleine nature, Support-Surface - qui n'a jamais été un groupe fixe, mais a plutôt suscité des affiliations, des compagnonnages - apparaît aujourd'hui comme exemplaire d'un moment charnière. À travers l'évolution de ceux qui participèrent depuis une abstraction minimaliste et déconstructive, jusqu'à, pour certains, le retour à la figuration ou à une esthétique baroque, c'est toute la transformation de l'art de ces dernières décennies qui s'appréhende ainsi, de façon pertinente. Ce qu'ont bien compris de nombreux spécialistes et des institutions qui de plus en plus, de part et d'autre de l'Atlantique, se penchent sur sa contribution à l'histoire de l'art du 20e siècle.

  • Présents dans ce volume, William Klein et Robert Frank peuvent être crédités d'une rupture décisive : pour certains, ils ont, dans les années 1950, fait entrer la photographie dans sa phase contemporaine. Leur approche expressive a contribué à libérer la saisie du réel d'un souci de transparence et ouvert la voie à des auteurs singuliers dont certains sont réunis dans cet ouvrage : Raymond Depardon, dont la pratique est indissociable du reportage ; Arnaud Claass, au regard contemplatif et littéraire ; Ralph Gibson, trop méconnu, dont les compositions, aussi étranges que simples, traduisent une inquiétude ; enfin, Antoine d'Agata, qui envisage la photographie comme un "art martial".
    En filigrane de ce volume - le Suisse Robert Frank s'étant installé aux Etats-Unis, l'Américain William Klein en France, les deux ayant aussi réalisé des films, tout comme Raymond Depardon et Antoine d'Agata -, les itinéraire des uns et des autres permettent de revenir sur les relations photographiques transatlantiques et de développer une réflexion sur les rapports entre photographie et cinéma.

  • Attentif aux avant-gardes américaines, artpress a beaucoup publié les auteurs qui les ont accompagnées. Il fallait bien deux volumes pour réunir les interviews de plusieurs générations d'entre eux. Ce volume 1 réunit ceux qui ont contribué à définir le modernisme.
    À commencer par le plus célèbre, Clement Greenberg, dont l'approche formaliste a exercé une énorme influence dans les années 1950 et 1960. Le formalisme a été une école du regard que la génération suivante, celle de Rosalind Krauss et Michael Fried, a mis à profit avant de prendre ses distances. Rosalind Krauss pour s'intéresser notamment à la photographie, tandis que Michael Fried prenait en compte la place du spectateur.
    Quant à William Rubin, longtemps directeur du département de peinture et de sculpture au Museum of Modern Art de New York, il a démontré les liens profonds que les modernes entretenaient avec le primitivisme.

    Par Ann Hindry, Catherine Millet, Saul Ostrow.

  • Attentif aux avant-gardes américaines, artpress a beaucoup publié les auteurs qui les ont accompagnées. Ce volume est consacré à « l'après modernisme ».
    Rosalind Krauss et Michael Fried, tous deux formés à la méthode de Clement Greenberg, ont évolué. La première a dégagé la notion d'index et elle a eu recours au concept de l'informe, forgé par Georges Bataille. Le second a transposé son étude de la place du spectateur dans le champ de la photographie.
    On doit à Arthur Danto l'analyse la plus fouillée de l'oeuvre d'Andy Warhol, et à Leo Steinberg d'avoir abordé des thèmes en rupture avec le « puritanisme » du formalisme. Dave Hickey et sa prise en compte des formes culturelles les plus populaires, Fredric Jameson, l'un des premiers à avoir pensé « la logique culturelle du capitalisme tardif », sont des références incontournables du postmodernisme.

    Par Jean-Joseph Goux, Eleanor Heartney, Jacques Henric, Ann Hindry, Magali Nachtergael.

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