Artois Presses Universite

  • Le Livre des Psaumes dans l'Ancien Testament réunit cent cinquante poèmes, de longueur variée, aux tonalités nombreuses : déclarations de fidélité à Dieu ou à Jérusalem, imprécations contre l'ennemi, supplications ou cris de révolte, actions de grâce et chants de pèlerinage, lamentations ou prières de confiance dans une perspective messianique et eschatologique. Le vingt-septième volume de la collection Graphè examine la réception et la réactualisation du recueil des Psaumes dans ses différentes dimensions - culturelle, littéraire et artistique.
    Après un état complet de la recherche actuelle sur le livre attribué à David, douze études s'interrogent sur ce qui constitue la tradition des psaumes autant que sur leur permanence. La question de la traduction et de la paraphrase, notamment à l'époque de la Réforme, est également abordée, ainsi que l'exploration ésotérique de certains textes. Toutes les époques sont convoquées, de la patristique (saint Augustin) jusqu'à la poésie contemporaine (Jean-Claude Masson).
    Enfin, une sculpture de Camille Claudel, intitulée "Le Psaume", fait l'objet d'une analyse détaillée.

  • Pourquoi l'enfant au cinéma ? c'est d'abord que l'enfant au 7e art renvoie à des figures concrètes, singulières, à des traits de visagéité, à des expressions tellement émouvantes qu'on en garde au fond de soi les traces les plus vives.
    Les images d'enfants devenues icônes surgissent ainsi devant nos yeux, en provenance d'espagne, des etats-unis, de grèce ou d'ailleurs ; ce sont souvent des icônes souriantes - l'humour n'est-il pas " bon enfant " ? -, mais derrière lesquelles l'analyse, parfois, permet de débusquer l'instrumentalisation de la figure de l'enfant au service d'un appareil idéologique et politique. toutefois, l'enfant, c'est aussi une puissance d'adhésion au monde qui l'entoure, une force d'ouverture, des capacités d'invention poétique qu'il trouve dans la langue en même temps qu'il en fait son acquisition, ce qui le met résolument du côté du philosophe, de l'écrivain et de l'artiste.
    Cette disponibilité propre à l'enfance, le 7e art ne cesse de la réactiver ; il tente de nous montrer ce dont est fait son imaginaire, il offre à notre regard son apprentissage du monde et de soi, selon les modalités propres à chaque aire culturelle qui lui donne naissance. l'enfant au cinéma nous renvoie au problème du temps, envisagé de manière différente selon les civilisations qui l'ont façonné ; il interroge notre mémoire, individuelle et collective, il interroge nos " premières fois ".
    De plus, en tant qu'enfant-acteur ou enfant-spectateur, dans sa dimension de victime monstrueuse ou de bourreau angélique, il interroge aussi notre regard d'adulte. le binôme innocence / perversité est ainsi porteur d'innombrables figures, oú l'ambiguïté de l'enfant, la crainte que son univers parfois opaque inspire à l'adulte sont pleinement manifestées. l'intériorité de l'enfant au cinéma, révélée dans sa radicale différence d'interprétation du réel, peut donner à voir l'évanescence des critères moraux, mais aussi et surtout le brouillage symbolique qui fait toute la richesse filmique ; l'esthétique des films présentant une réalité traumatique oscille du drame psychologique à l'épouvante, du gothique au fantastique, d'oú l'interrogation métaphysique n'est souvent pas absente.
    La richesse thématique et la variété géographique des oeuvres envisagées qu'il nous est proposé de découvrir ou de redécouvrir ici font de cet ouvrage un panorama précieux de l'enfant dans tous ses états cinématographiques.

  • Depuis un séminaire tenu à Dakar en novembre 2000, des chercheurs européens et africains se rencontrent régulièrement pour étudier conjointement et comparer les traditions épiques, et plus généralement les traditions orales de leurs différentes cultures. Une société a été fondée, le Réseau Euro-Africain de Recherches sur les Epopées, dont le quatrième Congrès a eu lieu en septembre 2006 à Arras et Lille autour du thème de l'enfance dans les épopées et les traditions orales. Ce volume en présente les Actes, autour de trois grands thèmes. Consacré à des récits épico-mythiques, celui des enfances merveilleuses met notamment en valeur des enfants terribles nés dans ales circonstances extraordinaires, figures récurrentes aussi bien en Afrique qu'en Europe, qui apparaissent souvent comme des Petits Poucets destructeurs, mais dont ce caractère préfigure les futures qualités de chefs et de héros. Le deuxième thème est celui des initiations, des épreuves (humiliations, exils, voyages dans des contrées inconnues, etc.) par lesquels l'enfant doit passer pour acquérir ces qualités, et plus généralement pour accéder à l'âge adulte. Quant au dernier, des enfants terrifiants, il s'attache à la violence dont les futurs héros se montrent capables dans les contes et les épopées traditionnelles, mais aussi à cette dérive moderne qui est celle de l'intégration d'enfants dans les armées et milices de pays où règne la guerre civile, et qui en fait à la fois des tortionnaires et des victimes.

  • Très débattus au sein de la communauté linguistique, les thèmes du temps, de l'aspect et des classes de mots sont abordés ici sous un angle résolument novateur, étant donné qu'ils sont traités d'un point de vue à la fois théorique et didactique et qu'ils sont étudiés en relation les uns avec les autres.
    En effet, on ne s'attend pas a priori à ce que les prépositions (sauf les temporelles), les noms (excepté les noms d'action), les adverbes (exception faite des aspectuels et temporels), les adjectifs, soient porteurs d'indications aspectuelles/temporelles. Les auteurs se proposent d'explorer et d'expliciter le réseau serré d'informations relatives au temps et à l'aspect dont sont chargées plusieurs (sous)-classes de mots, ainsi que les problèmes théoriques et didactiques qui en découlent, aussi bien en français qu'en roumain.

  • On pensait avoir tout dit sur le géant, figure figée dans un double stéréotype de violence archaïque ou de bonté débordante, et n'ayant plus guère sa place dans la littérature, si ce n'est dans celle destinée aux enfants.
    Or ce colloque a permis de découvrir que le géant, présent dans presque tous les récits d'origine où il est tantôt grand ancêtre protecteur, tantôt monstre sauvage tout droit sorti du chaos, continuait à hanter les oeuvres les plus contemporaines. Les articles qui constituent ce volume explorent, à travers les siècles et les oeuvres littéraires, les nombreux enjeux esthétiques, scientifiques ou philosophique de la figure gigantale et nous invitent à découvrir l'étonnante richesse et complexité de ce " personnage-métaphore ".
    La rencontre des spécialistes de domaine et d'époques très différents a ainsi mis en lumière combien le géant est profondément inscrit, non seulement dans l'imaginaire de l'Occident, mais encore dans sa conscience littéraire et artistique.

  • Entrer dans le cinéma par le biais de la ville : c'est le but que se fixe cet ouvrage tout en proposant un vaste tour d'horizon de zones linguistiques et de genres cinématographiques variés.
    De berlin à moscou, de barcelone à santiago du chili, de madrid, nevers, hiroshima, new york, los angeles aux bourgades naissantes du western, aux métropoles imaginaires de la science-fiction ou aux villes modernes de jacques tati, les communications de ce recueil croisent et complètent leurs approches. sont ainsi présentés des travaux où l'aspect documentaire et/ou fictif des villes donne lieu à une réflexion sur les moyens esthétiques mis en oeuvre par les cinéastes pour transformer la réalité par le biais de la stylisation, de la symbolique, de réminiscences intertextuelles, de l'adaptation des métaphores urbaines de la littérature, ou encore par une utilisation subjectivisée de tous les moyens de la représentation, parfois même jusqu'à transformer le tissu urbain en un tout organique dont la fiction présente l'harmonie ou, bien plus souvent, les pathologies.
    Les aspects sociaux et politiques de ce tout constitué par la ville, et en particulier ces maux très contemporains que sont la marginalisation, l'aliénation ou le terrorisme, permettent également, dans un jeu de va-et-vient, de mettre en question les principes esthétiques utilisés pour leur représentation dans diverses cinématographies du monde. ce recueil se présente donc comme une confrontation de propositions visant à refléter la multiplicité des perceptions et représentations de la ville au cinéma, dans le but de susciter des regards et des questionnements novateurs, peut-être même provocateurs, sur le cinéma, ses modes de représentation et ses influences.

  • Depuis le dernier quart du XXe siècle la prise de conscience des modifications environnementales (changement climatique, réduction de la biodiversité, pollutions...) amorce le débat sur le statut de l'environnement au sein de nos sociétés. Désormais, les questions environnementales font partie intégrante des préoccupations des citoyens, des scientifiques et des gouvernements. Cependant, la question du contenu auquel renvoie le terme d'environnement est rarement discutée et partagée. C'est l'objectif de cet ouvrage qui aborde d'une part les aspects cognitifs et évolutifs des avancées disciplinaires dans le domaine de l'environnement, et d'autre part la nécessité de faire dialoguer les disciplines entre elles sur une thématique se situant au carrefour des relations nature-société. Cet ouvrage, destiné aussi bien aux étudiants, aux enseignants, aux chercheurs qu'à tous ceux qui s'intéressent à l'environnement, regroupe les communications présentées lors de deux journées d'études interdisciplinaires organisées à l'Université d'Artois en 2005 et 2006, complétées par quelques textes sollicités pour cette publication. Un regard croisé, au travers essentiellement des disciplines des Sciences Humaines et Sociales, mais aussi des Sciences de la Vie et de la Terre, permet d'explorer la façon dont les discours scientifiques se sont progressivement construits dans le champ de l'environnement et de retracer les méthodologies qui ont été successivement mobilisées dans la pratique de l'interdisciplinarité.

  • " Étrange oeuvre que celle de ce pur Viennois, né en 1897, mort en 1976, auteur prolifique et polygraphe [...] Élégant auteur de cape et d'épée, il a choisi d'être un romancier populaire...
    Aristocrate, issu d'une famille de noblesse militaire autrichienne, fasciné par l'armée, mais né trop tard pour connaître Vienne dans sa gloire, il ne va cesser de hisser l'étendard où l'aigle brodé " brille et étend ses serres sur des royaumes qui n'existent plus ". Formidable raconteur d'histoires, il a le don de créer des situations imagées et ambiguës et d'éblouir par l'imagination délirante et désespérée qui est la marque de ce monarchiste hanté par la chute des rois " (Nicole Zand, Le Monde)

  • Il n'existe pas pour l'instant de volume spécifiquement consacré à Joris-Karl Huysmans critique d'art des primitifs allemands et flamands.
    Ce volume veut réparer cet oubli en accordant une place prépondérante aux Trois Primitifs, et en particulier à l'analyse du retable d'Issenheim de Grünewald. Cet essai qui ne veut pas se contenter d'être un bilan, une somme, se livrera à une analyse détaillée de l'imaginaire dermographique de la critique d'art huysmansienne (d'où le titre du livre évidemment). Dans son désir de sublimation Huysmans veut toujours exténuer les intériorités physiologiques pour les faire passer sur l'extériorité épidermique.
    C'est cette fort complexe opération que mettra à jour le livre, montrant qu'à cet égard il existe une véritable solidarité, pour le moins inattendue, entre les premiers textes consacrés aux impressionnistes et ceux consacrés aux primitifs après la conversion. Mais en vérité s'agit-il encore vraiment de peinture une fois que Huysmans a rejoint l'église ?

empty