Eterotopia

  • Quatre femmes de nationalités différentes, de langues différentes, traversent les années tumultueuses de la révolution bolchevique. Elles s´appellent : Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, Alexandra Kollontaï et Asja Lacis. Elles sont des militantes, des artistes, des activistes et chacune d´elles apportera une contribution spécifique et originale à la révolution. Elles sont des femmes et leur regard est plus libre, intéressé à mettre l´accent sur la dimension de la vie, des passions, de la créativité et du féminisme des premiers temps. Rosa Luxemburg, fondatrice de la Ligue de Spartacus questionnera les structures de pouvoir envisagés par les Soviets, elle luttera dans l´Allemagne épuisée de l´après-guerre pour affirmer le regard puissant et compatissant de ceux qui partagent la condition de l´oppression. Clara Zetkin fera de la bataille pour les droits des femmes un élément d´affirmation spécifique de la condition féminine qui ne peut pas être réduite à la seule lutte de classe.

  • Design des territoires, l'enseignement de la Biorégion est un ouvrage ayant une double vocation :
    Présenter ce que la « biorégion » nous enseigne dans un contexte d'urbanisation totale de la Terre et comment il est possible de l'enseigner par le design de manière critique et située. Car le design n'est pas seulement ce qui a accompagné, promu et esthétisé le modèle destructeur de la modernité consumériste à toutes les échelles, mais il est aussi ce qui peut le remettre en question tout en expérimentant des voies divergentes pour changer nos manières de penser et d'agir, et rendre ainsi les territoires de nouveau habitables.
    Résultat d'un projet de recherche mené dans l'école d'art et de design de Valenciennes (« Construire la biorégion.
    Design situé et territoires soutenables », 2017-2019), cet ouvrage s'inscrit plus largement dans les recherches développées dans cette école sur le design écosocial (Ludovic Duhem, Kenneth Rabin (dir.), Design Écosocial.
    Convivialités, pratiques situées, nouveaux communs, It : Éditions, 2018). Il s'adresse autant aux enseignants et aux étudiants du monde du design (design, architecture, urbanisme), qu'à toutes celles et tous ceux qui cherchent à mieux comprendre comment la création peut participer à la lutte contre la catastrophe écologique sans perdre de vue la réalité des territoires et de ses habitants, c'est-à-dire en cultivant le sens du lieu.

  • En rapprochant les idées de Démocratie Radicale et de Villes Rebelles, ce livre a pour objet d'introduire et d'élaborer le concept de « Villes Radicales ». Dans le cadre de l'ordre néolibéral, les villes sont des lieux de répression, d'injustice et d'exploitation. Par exemple, les « villes numériques » sont souvent des laboratoires d'ordre policier et de contrôle, de discrimination raciale et de violence étatique. Au même temps, l'urbain envisage un espace où se déroulent des luttes politiques et des pratiques émancipatrices. Depuis la mouvance traditionnelle anarchiste jusqu'aux mouvements sociaux du vingtième siècle, le domaine urbain peut être considéré comme un champ d'interventions que par sa nature est capable de réaliser de réseaux autonomes. Il n'est donc guère surprenant qu'aujourd'hui des citoyens, des activistes et des politiciens soient entrain de reformuler un intérêt pour le gouvernement urbaine et locale. A travers l'Europe et même au-delà, nous pouvons observer de nouvelles formes de gouvernement au niveau local et général des villes, qui expérimentent des pratiques et des institutions démocratiques.

  • Voina ; art / politique

    Collectif

    L' «acte de création est un acte politique». Les actions artistiques du groupe russe Voïna réitère de cette façon précise l'indissociabilité entre l'art et la politique sans pour cela se retrancher dans aucun sectarisme.
    Des scénarios urbains où «produire des actions», agir dans les lieux en modifiant le sens, celle-ci sont les incur- sions que Voïna éparpille dans les espaces publics en défiant toute précaution, ce sont des actions à observer et restent très difficiles à décrire.
    Le geste et les actions doivent profaner, c'est-à-dire briser le mur du silence et l'interdiction qui caractérise les complicités de tout l'esthétisme contemporain.
    Le grand pénis dessiné sur le pont de Neva, le déjeuner préparé dans le métro, les scènes déconcertantes des sui- cidés dans les supermarchés, les irruptions dans les institutions se moquent de toute forme de consolation et des- sinent les espaces radicalement différents, dans lesquels la création résout le désir de liberté et les possibilités de créer des espaces communs.

  • Tout à la fois historien et critique social, polyglotte et voyageur itinérant, Ivan Illich (1926-2002) connut un grand suc- cès dans les années 1970, à travers sa critique de la société industrielle, de la société de consommation et de l'idéologie du développe- ment. A` partir des années 1980, il dépassa progressivement sa dénonciation frontale de la société industrielle et lui préféra une sorte d'en- quête archéologique visant à exhumer les certitudes fondatrices de la modernité. Ce volume se propose tout à la fois d'introduire, d'in- terpréter, de discuter et de pratiquer les idées d'Illich. Introduire tout d'abord à une pensée foisonnante et parfois déconcertante, capable de nous faire voir le monde dans lequel nous vivons avec un regard résolument critique, capable également de proposer de nombreux concepts ou de les renouveler (« contre-productivité », « professions mutilantes », « convivialité », « travail fantôme », « vernaculaire », etc.) indispensables pour saisir ce qui nous échappent d'ordinaire. Contrairement à une idée reçue, l'apport d'Ivan Illich ne se borne pas à une dénonciation des « institutions » (église, école, hôpital, transport...) qui réduirait d'autant l'autonomie de chacun, avec un zeste de nostalgie concernant le monde médiéval, il nous « parle » encore terriblement avec son exploration des « systèmes techniques », de la « culture du regard », des usages du numérique... Interpréter et discuter ensuite une oeuvre qui invite à de nombreuses lectures et dont les audacieuses propositions méritent d'être que- stionnées. Les contributeurs de ce volume explorent une pensée si riche, qui mobilise tout à la fois la sociologie, l'anthropologie, l'éco- nomie, l'histoire, l'écologie, la théologie et la philosophie, prend une forme doublement critique et archéologique, et appelle variable- ment à l'action politique et à la culture de la sagesse. L'originalité de cette pensée inclassable est particulièrement manifeste à travers la discussion comparée de son oeuvre avec celles d'autres grandes figures intellectuelles du XXe siècle et même des siècles passés. Appliquer Illich, enfin, car cet auteur et ses idées connaissent un regain d'intérêt qui prend le plus souvent la forme d'un dialogue entre la théorie et la pratique et qui s'expérimente à travers des manières inédites de vivre et de ménager le commun, porteuses d'alternatives.

    L'auteur: un penseur exceptionnel, Ivan Illich (1926-2002), historien, philosophe et théologien. Prêtre d'une paroisse portoricaine à New York, il devient vice-recteur de l'université catholique de Porto-Rico, où il engage une réflexion critique sur l'E´glise (« entreprise » de plus d'un million de salariés...) et sur l'école. Ses premiers articles ne plaisent guère au Vatican qui l'invite à se faire discret. Il part un an en Amérique du Sud qu'il traverse à pied et en bus, avant de s'installer à Cuernavaca (Mexique) en 1961. Là il fonde le Centre de formation interculturelle quideviendra en 1966 le CIDOC (Centre interculturel de documentation) qui accueille des jeunes étatsuniens (religieux ou non) partant « évan- géliser » l'Amérique du sud au développement pour leur apprendre l'espagnol, mais aussi la richesse culturelle des peuples qu'ils vont ren- contrer. L'activité du CIDOC est telle qu'il devient un haut lieu de la pensée critique, des militants du monde entier s'y rendent. C'est là qu'Ivan Illichconçoitetrédigeses« pamphlets »contrelesinstitutions(l'E´glise,l'école,lestransports,lasanté...)quipasséesuncertainseuildevien- nent contre-productives, c'est-à-dire rompent avec leurs finalités... En 1976, il décide avec les travailleurs du Centre, de le fermer et devient un professeur itinérant (principalement aux E´tats-Unis et en Allemagne). Son oeuvre alors s'ouvre à d'autres thèmes (la culture du regard, le corps, la technique, la langue, l'écologie, le numérique....), devient exploratoire et résolument anti-capitaliste. Il meurt durant sa sieste à Brême.

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