Fayard

  • Quatorze écrivains parlent du désir. Après le moment «  Me too  », dans une société post-Weinstein, post-Polanski, post-Matzneff, comment penser cet élan, tumultueux et vital, ce qu'il engendre ou bien entraîne ? Dans notre monde fracturé où tout est à la fois plus chaotique et plus conditionné, comment comprendre ses désordres ? Et qui mieux que des romanciers pour en saisir les enjeux politiques ou intimes, en explorer les ambivalences, les tensions, la beauté ?

  • Ce livre regroupe les tribunes et entretiens d'une vingtaine de grands penseurs de notre temps publiés dans Le Figaro pendant le confinement. Philosophes, essayistes, universitaires, romanciers, personnalités politiques, économistes, sociologues... leurs analyses et enseignements sont autant de balises et de repères pour nous accompagner et nous aider à traverser la crise, tout en nous invitant à imaginer ensemble le monde qui nous attend.
    Un minuscule virus, en quelques semaines, a placé le monde face à lui-même ; il a réveillé les sentiments contraires de l'homme moderne.
    Dès le premier jour, Le Figaro a voulu placer sa réflexion à la hauteur du moment. Le journal a sollicité intellectuels, écrivains, historiens et politiques pour qu'ils aident les français à comprendre les temps difficiles qui s'annonçaient.
    Sans se dérober, des voix illustres ont accepté le difficile exercice qui consiste à penser la crise sanitaire incroyable que traversent l'Europe et le monde.
    Ce livre rassemble leurs textes ; ils resteront pour longtemps le témoignage d'un moment historique.
    Tous nous disent que ce pays conserve des penseurs qui ne jargonnent pas mais qui écrivent avec grâce, esprit, férocité et précision. Avec eux, malgré les incertitudes, malgré les souffrances, malgré les doutes, la vie l'emporte toujours sur la peur.

  • A l'occasion du 230e anniversaire de la Révolution française, l'Assemblée nationale a décidé de rendre public des documents exceptionnels: des affiches récoltées entre 1789 et 1798. Publiées pour la première fois, elles sont le témoin rare de la vigueur du débat public dans cette période dramatique, creuset de notre modernité politique.
    Ce qui fut véritablement révolutionnaire en 1789, ce ne fut pas la réunion des États généraux, le 5 mai ; ni même la prise de la Bastille, le 14 juillet : ce fut, le 17 juin, l'apparition de l'Assemblée nationale, autrement dit la naissance d'une représentation élue qui incarnait collectivement la souveraineté, à côté et en dehors du roi.
    Entre le peuple et ses représentants, les affiches assuraient l'indispensable circulation sans laquelle il n'est pas de démocratie possible. Les citoyens, leurs sections, leurs clubs interpellaient les élus, réclamant des changements rapides ; les législateurs rendaient compte des débats et de leur action, dans le style enflammé de l'époque, quand ils ne démentaient pas les rumeurs et fausses nouvelles qui, déjà, troublaient l'opinion publique.
    « Se taire est un crime quand parler est utile », proclame en gros caractères l'une de ces belles affiches, témoignant de l'effervescence politique d'alors. Des royalistes aux babouvistes, en passant par les brissotins, les girondins, les jacobins, les hébertistes, toutes les tendances se trouvent représentées dans ce foisonnement de revendications et d'idées qu'illustre la collection de documents révolutionnaires constituée par l'ancien député Portiez de l'Oise (1765-1810).
    L'Assemblée nationale, née de la Révolution, se devait d'ouvrir au public ce fonds exceptionnel.

    Richard Ferrand, Président de l'Assemblée nationale

  • Le Japon

    Collectif

    Comprendre l´histoire du Japon, c´est d´abord prendre la mesure des contraintes qui ont façonné son histoire : un territoire utile exigu, une population tour à tour peu ou trop nombreuse, des voisins jugés menaçants. C´est ensuite raconter la manière dont elles ont été - parfois provisoirement - surmontées et expliquer la nature des cycles, entre repli et ouverture, qui la scandent. Les spécialistes ici rassemblés - notamment Pierre-François Souyri, Guillaume Carré, Christian Kessler, Jean-Marie Bouissou et Jean-Louis Margolin - décryptent aussi bien les conséquences d´un démarrage toujours tardif - au VIe siècle comme au XIe, au tournant au XIXe ou après 1945 -, que l´énergie mise à façonner une société capable de se mobiliser toute entière au service de la nation et, en même temps, profondément divisée et hiérarchisée. On saisit ainsi pourquoi le Japon apparaît tout autant comme un modèle que comme anti-modèle.

  • L'Iran fait peur, l'Iran nous fait rêver. Pour comprendre le phénomène Iran, il faut remonter au-delà de l'islamisation. A commencer par le creuset mésopotamien sous domination perse, capital pour la formation du judaïsme. Mais aussi l´affrontement avec les Grecs, la conquête d´Alexandre et les quatre siècles de lutte entre les Sassanides et Rome. Il fallait également prendre la mesure de ces vagues venues de l´est - à peu près une par siècle - qui toutes sont devenues iraniennes de culture. Aux Safavides, on doit Ispahan, longtemps la capitale ; aux qâdjârs, la modernité ; aux Pahlavis du XXe siècle, une trajectoire aussi réformiste que dictatoriale,, comparable à la Turquie kémaliste, le pétrole en plus. ; Et s´interroger pour finir sur la réaction religieuse qui dure depuis 30 ans et a paradoxalement conforté le rôle régional de l´Iran, mais cette fois dans le registre de la menace. Inédit.

  • Celte, romaine, puis wisigothique, musulmane et chrétienne, théâtre de l´Inquisition, première puissance coloniale du monde à la Renaissance, patrie du Cid, de Cervantès, de la corrida et de la movida, l´Espagne est le berceau d´une histoire d´une extraordinaire richesse. Ce pays si voisin du nôtre et apparemment si familier a connu un destin singulier en Europe. La présence prolongée de l´islam en son coeur, la force séculaire des identités régionales, la forme sombre et exclusive que le catholicisme y a prise à la fin du Moyen Âge, l´incapacité de la monarchie à se réformer, la guerre civile qui s´étend du début du XIXe siècle jusqu´à ce que nous appelons la guerre d´Espagne, la transition démocratique imposée de manière quasi autoritaire par le roi Juan Carlos à partir de 1975 : autant de traits qui ont modelé l´Espagne et que ce livre explore en compagnie des meilleurs spécialistes, français et espagnols.

  • La guerre de cent ans

    Collectif

    La guerre de cent ans est un des épisodes le plus fortement fondateur de la cohérence du royaume de France. Entre 1337 et 1453, elle a opposé la dynastie des Valois aux rois d´Angleterre qui prétendait régner sur le pays au nom d´un droit de succession.Tant de batailles et d´événements sont entrés dans notre imaginaire national, telles les victoires de Du Guesclin et les défaites, comme la terrible bataille d´Azincourt. Ce fut aussi l´époque d´Etienne Marcel guidant une révolte, un temps où bientôt un roi fou, Charles VI, gouverna le pays avant d´être placé sous la tutelle de sa femme. Divisé, le royaume tomba dans une terrible guerre civile, alors que s´établissait pour la première fois à Paris un roi britannique, encore enfant, couronné sous le nom d´Henry VI. Shakespeare écrira de belles pages sur cette domination anglaise et son occupation du territoire. Et Jeanne d´Arc émerge de ce tourbillon. Le magazine l´Histoire dès sa création a demandé à des spécialistes d´éclairer cet immense chantier intellectuel. Plus récemment, il a élaboré un dossier sur ce sujet qui permet de mesurer les changements historiographiques. Ces articles forment la trame de ce nouveau livre. Les signatures de grands historiens comme Philippe Contamine, Jean-Philippe Genet, Bernard Guené ou Nicolas Offenstadt apparaissent dans ces pages. Elles montrent la vitalité d´une de la réflexion sur une période qui, encore en 2013, figure au programme de l´agrégation. Christopher Allmand, Colette Beaune, Patrick Boucheron, Boris Bove, Philippe Contamine, Christopher Fletcher, Jean-Philippe Genet, Bernard Guénee, Nicolas Offenstadt...

  • Ce livre, nous l'avons imaginé comme une promesse faite à nous-mêmes et à ceux qui s'y reconnaîtraient. Balbutiant, c'est un rendez-vous donné à notre propre avenir. Car pour beaucoup d'entre nous, l'idée même de résignation est obsolète et nos vies, ces anecdotes uniques et non reproductibles, nous aimerions en faire des paris.
    Après la sidération du siècle achevé, le nihilisme et les cendres, nous renaissons aujourd'hui, vulnérables mais attentifs aux lueurs qui pourraient surgir dans un monde brutalement rappelé au tragique, où il n'y a plus une seconde à perdre.
    Tout change à chaque instant : c'est une chance.

  • Si la théorie de l'I.S. désormais peut encore être souvent incomprise ou abusivement traduite, comme il est arrivé parfois à celles de Marx ou de Hegel, elle saura bien revenir dans toute son authenticité chaque fois que ce sera historiquement son heure, à commencer par aujourd'hui même. Nous sommes sortis de l'époque où nous pouvions être falsifiés ou effacés sans appel.

  • Versailles

    Collectif

    Discours politique par architecture interposée, Versailles s´identifie au long règne de Louis XIV (1643-1715). Trois grands thèmes - le château, le Roi absolu, la vie de cour - rythment ce volume. Le château : comment comprendre l´obstination et l´implication personnelle d´un monarque à vouloir transformer un espace « sans vue, sans bois, sans eau, sans terre » comme l´explique Saint-Simon, en un palais d´une ampleur et d´une richesse inédites ? Par ses dimensions, par son opulence, par sa richesse iconographique, ce palais du « plus grand roi du monde » a en effet fasciné tous les souverains de l´Europe des Lumières et fascine encore chaque année des millions de visiteurs venus du monde entier. C´est que la forme même ici symbolise le pouvoir, un pouvoir absolu, qui se montre à travers la magnificence des décors, mais aussi l´ordonnancement des bâtiments. Jusqu´à la nature qui se plie à la volonté royale en une variété de jardins et de plans d´eau qui témoignent de leur soumission à l´ordre voulu. Quand viendra le temps de la contestation de ce pouvoir absolu, les révolutionnaires de 1789 contraindront le roi et sa famille à regagner Paris. Mais la grande histoire ne doit pas masquer les manifestations moins connues de la vie quotidienne à Versailles, les problèmes d´intendance, le rituel contraignant de la cour, les intrigues, cabales et scandales qui émaillent la vie des courtisans... Sans doute la France républicaine s´inscrit elle aussi dans la continuité de cet héritage, elle qui ne déteste pas les fastes des palis nationaux et dont la président s´attachent à laisser une empreinte de bâtisseurs.

  • La fin du XIXe siècle a été japonisante. L'influence fut picturale d'abord et avant tout. Mais, au tout début du XXe siècle, la forme poétique du haïku, 17 syllabes réparties en trois vers, est acclimatée à la langue française dans des conditions singulières. En 1903, ce sont trois jeunes poètes méconnus qui publient le premier recueil, Au fil de l'eau, qui compte 72 tercets. Puis, en 1922, toujours à Paris, un poète mexicain du nom de Rafael Lozano publie le deuxième recueil, Haïkaï, auquel il donne la forme d'une plaquette japonaise : les mots sont imprimés à la verticale, on lit de droite à gauche... La nouvelle édition, établie par Eric Dussert, forme un objet de curiosité poétique, qui rassemble les précuseurs d'un genre dont Éluard passe pour le premier expérimentateur du genre en langue française. Nouvelle édition augmentée

  • Etre chevalier, c´est à la fois bénéficier d´un statut, d´un armement particulier et observer une conduite originale. De l´époque carolingienne jusqu´au XVIIIe siècle, ces guerriers nobles vont adopter un comportement singulier dans leur manière de combattre, dans les rîtes d´adoubement, dans leurs jeux, leurs parades ou leurs tournois et jusque dans leurs discours politiques - qu´il s´agisse de la protection des églises, des pauvres, des femmes ou des croisades. De cette mutation majeure témoignent les châteaux conçus comme les manifestations d´une puissance territoriale et sociale, mais aussi comme les lieux d´une civilité chevaleresque. Ce livre, écrit notamment par Philippe Contamine, Dominique Barthélémy et Patrick Boucheron, offre la seule synthèse disponible en collection de poche.

  • Le sutra du lotus

    Collectif

    • Fayard
    • 27 Août 1997

    Le Sûtra du Lotus est sans aucun doute l'un des textes fondamentaux du Mahâyâna. Depuis plus de quinze siècles, dans la version de Kumârajîva, il a scandé la pratique des bouddhistes de l'Extrême-Orient et permis à des millions d'entre eux d'approfondir le message du Bouddha. Ce livre canonique connaît actuellement une renaissance impressionnante en Chine, en Corée, voire au Viêt-Nam. Au Japon, il a joui d'une ferveur ininterrompue: les plus croyants continuent à en réciter des passages chaque jour et des mouvements religieux ne cessent de le diffuser pour en faire la Bible du bouddhisme.

    Grandiose fresque, le Sûtra du Lotus apparaît comme une mise en scène, à l'échelle cosmique, de la prédication du Bouddha, illustrée de paraboles décrivant les différentes étapes qui mènent à l'Eveil. Au cours des âges, poètes et artistes en ont exploré et transposé les innombrables images. Ses virtualités philosophiques, dont le sens peut paraître aujourd'hui obscur, furent mises en valeur par des commentateurs issus de tous les courants du bouddhisme.

    Le Sûtra du Lotus, dont l'original sanscrit a été magistralement traduit au XIXe siècle par Eugène Burnouf, fut propagé à travers toute l'Asie dans la version en chinois classique qu'en fit Kumârâjiva au Ve siècle. C'est cette dernière qui est présentée pour la première fois en français, avec ses deux traditionnels sûtra d'accompagnement, Le Livre des sens innombrables et Le Livre de la contemplation du Sage-Universel.

    Jean-Noël Robert, directeur d'études à l'EPHE, Section des sciences religieuses, a publié Les Doctrines de l'école japonaise Tendai au début du IXe siècle.

  • Ce volume de l'Histoire de la littérature russe présente l'époque de Pouchkine et de Gogol, les deux écrivains qui ont assuré aux lettres russes le rang qu'elles occupent depuis le XJX~ siècle parmi les grandes littératures du monde moderne.Alexandre Pouchkine est considéré comme le créateur, non seulement de la poésie romantique russe, mais aussi de la tragédie historique (Bons Godounov), de la prose réaliste, du roman (Eugène Onéguine) et, ce qui est d'une importance capitale pour ses contemporains et sa postérité, de cette langue moderne russe, souple, riche et mélodieuse qui a servi aussi bien les poètes qui lui succédèrent que les grands romanciers, de Tolstoï et Dostoïevski à Mikhaïl Boulgakov et Boris Pasternak. Nikolaï Gogol fut à la tête de « l'école naturaliste », de cette prose russe qui devait jouer un rôle inestimable dans l'évolution de la littérature mondiale. Il a donné forme à un type fantastique social qui a influencé tous les arts, qui est entré dans l'imaginaire européen.On trouvera dépeints ici les grands courants idéologiques, esthétiques et littéraires de la première moitié du XIXe siècle en Russie : le postclassicisme des archaïsants, le sentimentalisme de Karamzine et de ses disciples, les différentes variantes du romantisme («l'école de la précision harmonieuse», la poésie politique des décembristes, l'élégie de Joukovski, le démonisme de Lermontov, les tendances réalistes de la prose postgogolienne, etc.). Comme dans les volumes précédemment parus, des chapitres entiers sont consacrés aux grands courants, suivis de monographies présentant les auteurs sous forme de portraits. De même, outre la littérature proprement dite sont traités la critique, le théâtre, la peinture, l'architecture, les problèmes de la culture en général.Tel qu'il est, nous espérons que ce tome rendra compte avec fidélité de l'extraordinaire floraison culturelle que la Russie connut en cette première moitié du XIXe siècle, « Age d'or » de la poésie russe comme on l'a souvent baptisée et véritable miracle que salua à juste titre Dostoïevski dans son discours de 1881 célébrant la mémoire de Pouchkine.

  • En 1694, l'Académie française publiait la première édition de son Dictionnaire. Après huit éditions successives, voici une édition revue du Dictionnaire dans un format et à un prix destinés au grand public. Les deux premiers volumes, de A à Enzyme et de Eocène à Mappemonde, sont disponibles.


    Au moment où notre langue est plus que jamais au coeur des préoccupations de chacun, l'Académie française nous propose ici un Dictionnaire conçu pour l'honnête homme du troisième millénaire.


    Sous une forme attrayante, rajeunie, ce dictionnaire se veut d'abord pratique : indications étymologiques, ordre des rubriques, entrées nouvelles, exemples et remarques normatives en font un ouvrage de référence et un outil de travail pour les enfants, les étudiants, les enseignants, les parents et tous ceux qui souhaitent utiliser correctement notre langue. Car le Dictionnaire de l'Académie française définit avant tout le bon usage d'une langue commune à plusieurs centaines de millions de francophones à travers le monde. Et en cela, ce dictionnaire est unique et irremplaçable.

  • Sur les nerfs

    Collectif

    • Fayard
    • 18 Janvier 2012

    Flash, fragments, rythme, vignettes, courtes nouvelles. Accumuler, densifier. Un style réaliste et minimaliste qui joue sur l´ambiguïté. Ne jamais trop en dire, condenser. Laisser au lecteur le soin d´imaginer. Poz et Army fomentent un meurtre qui rapportera 5 000 dollars au premier - mais Poz en a trop dit. Angela se ronge les ongles en attendant qu´un gang vienne abattre son mec, Billy. Johnny Martins tire les rats dans les caves et les appartements d´un immeuble presque vide. Une jeune fille naïve suit un homme trop gentil. Une autre, pas si belle, présente un ado à son frère, un pauvre hère, pour qu'il lui lise les lignes de la main... Les personnages entrent et sortent d´un décor qu'on dirait trop grand pour eux : centre commerciaux et immeubles abandonnés, boîtes de nuit, parkings, pavillons rongés par l´humidité. Los Angeles aujourd´hui. Loin des paillettes et de la carte postale: celui des ghettos de South Central, Compton, East L.A. On y survit. Dans une tension extrême et un noir des plus denses, traversé d´éclats éblouissants de lumière. Quand un des personnages se relève, transcende sa tristesse et la violence de son quotidien. Là surgit la force, la puissance et la beauté de l´âme humaine.

  • Les collabos

    Collectif

    « Collabo » : un mot qui claque comme une insulte. Pas si facile à définir pourtant. Béret basque bien planté sur l´oreille droite, un pain de marché noir sous le bras, faisant la queue devant la Kommandantur pour dénoncer son voisin : le portrait caricatural du collaborateur moyen ne permet pas de saisir une attitude aux motivations diverses et parfois contradictoires. Les plus éminents spécialistes de la question, comme Henry Rousso, Jean-Pierre Azéma, Philippe Burrin et Michel Winock, nous aident à y voir plus clair. Faut-il distinguer collaboration et « collaborationnisme » ? La collaboration est-elle une spécialité française ? Comment se sont comportées les populations et les élites dans les différents pays de l´Europe occupée ? Quelles sont les responsabilités des écrivains et des intellectuels ? Les jeunes gens partis en 1943 au STO sont-ils des collaborateurs ? Sans oublier les jugements après-guerre, dont le plus sévère peut-être, est celui de la mémoire. Ce livre offre la seule synthèse en collection de poche sur la collaboration européenne.

  • Maurice Godelier est l'une des grandes figures internationales de l'anthropologie française. Théoricien rigoureux et inventif autant qu'homme de terrain accompli, il exerce depuis trente ans une influence décisive sur tous les domaines de la pensée qui s'attachent à rendre raison des faits de société et de leurs dimensions matérielle et imaginaire, dans le présent le plus actuel comme dans le passé le plus lointain, au coeur du monde industrialisé comme parmi les peuples sans écriture. De la portée de son oeuvre témoigne ce colloque réunissant autour de lui à Cerisy des chercheurs venus des quatre coins du monde pour en débattre. Anthropologues, sociologues, économistes, philosophes, archéologues et psychanalystes prolongent ici de façon critique les problématiques que Maurice Godelier a élaborées et sur lesquelles il revient dans la conclusion, contribuant ainsi à offrir des perspectives originales à qui souhaite mieux comprendre la richesse et la diversité du monde contemporain.
    Ont collaboré à cet ouvrage : Bernard Bernier, Pierre Bonte, Pierre Bouvier, Maurice Caveing, Serge Cleuziou, Dolors Comas d'Argemir, Anick Coudart, Jean-Paul Demoule, Philippe Descola, Bernard Doray, Jean-Jacques Goux, André Green, Jacques Hamel, Jacques Hassoun, Gilbert Herdt, Michael Herzfeld, François Houtart, Tim Ingold, Philippe d'Iribarne, Pierre Lemonnier, Jean Lojkine, Laurence Manolakakis, Danielle Provansal, Luc Racine, Nicole Ramognino, Andrew Strathern, Serge Tcherkézoff, Franklin Tjon Sie Fat, Thomas Trautmann, Bernard Vernier.

  • Un monde sans Europe ?

    Collectif

    • Fayard
    • 8 Juin 2011

    Des menaces de toutes formes, nombreuses et diffuses, pèsent sur le monde, dans le monde sur l'Europe, dans l'Europe sur la France : sécuritaires, climatiques, énergétiques, démographiques, idéologiques.      Quelles sont les possibilités pour l'Europe d'y faire face, alors qu' Henry Kissinger observait, avec ironie, il y a trente-cinq ans, ne pas savoir à quel numéro appeler l'Europe ? Catherine Ashton aurait récemment communiqué la référence d'un standard téléphonique branché en boucle sur le répondeur suivant : « For Germany, press one ; for France, press two ; for England, press three ; for Italy, press four ; for Poland, press five. , for Malta, press twenty-seven ». Ce qui est le constat à la fois de la division et de l'impuissance de l'Europe.      Le Conseil économique de la défense, composé d'une centaine de personnalités de l'entreprise, de l'économie, de l'international, de l'université, des administrations civiles ou militaires et de la politique, s'est interrogé sur l'hypothèse et le risque d'« un monde sans Europe ».      L'identification des tensions et des menaces doit aider à déterminer les solutions permettant à l'Europe, et donc à la France dans l'Europe, d'y faire face.      L'étude dirigée par Philippe Esper, animée par Christian de Boissieu, Pierre Delvolvé, Christophe Jaffrelot et conseillée par Pierre Hassner, propose, à partir d'analyses factuelles, des solutions et ouvre des voies pour notre pays et quelques pays européens « qui le veulent et qui le peuvent ».

  • Au jour où il devient indifférent, l'ascète s'en va avec un bol, un bâton, un linge usagé et, rejetant le cordon et la touffe sacrificiels, se fait errant. On a souvent interprété ce départ et cette vie trop simple comme une inériorisation des rites, alors que l'ascète quitte aussi le monde rituel. On y a vu un dernier sacrifice et une indifférence vide de sens, voire hostile au monde. Or le départ du renonçant s'inscrit d'abord dans un double mouvement rituel, l'un pour le bien du monde, l'autre marquant une mort symbolique. Mais ce départ n'est pas une fin en soi: la voie que prend le renonçant est une voie de connaissance.

    La connaissance dont parle l'ensemble d'upanisad que nous présentons, ici traduit pour la première fois en français, redéfinit notre regard sur elle. Elle est une sagesse déposée en l'homme à l'origine et qu'il lui faut retrouver. Une et unie au Tout, elle n'est pas séparée de la vie du renonçant dont les différents états intérieurs sont autant de modes déterminés de la connaissance que la syllabe mystique om rassemble en elle. La quête spirituelle du renonçant n'est pas celle d'un homme seul, mais d'un homme qui va seul selon le Tout, et dont la place et la fonction coïncident totalement avec l'ordre du monde.

  • Dans ce troisième tome consacré au XXe siècle, on passe du désordre créateur des années vingt à l'ordre terriblement réducteur des années trente, marqué par le terme à la fois ingénu et menaçant de « réalisme socialiste ». Un catéchisme idéologique s'impose et cache un effroyable souterrain de terreur et une industrie de la mort qui a nom « goulag ». De grands créateurs oeuvrent dans l'isolement total (Pasternak ou Boulgakov), cependant que d'autres prennent le chemin des officines de torture (Mandelstam), d'autres encore capitulent (Léonov) ou prennent la tête du mouvement d'acquiescement (Gorki). La guerre apporte sa bourrasque de souffrance et de liberté intérieure recouvrée, mais le plomb retombe dans les cerveaux d'abord en 1946, avec le jdanovisme, puis en 1948, avec la campagne anticosmopolite. « Gels » et « dégels » se succèdent, mais aujourd'hui la littérature témoin de l'inhumain est publiée: Chalamov, Grossman et SoIjénitsyne dialoguent dans la conscience des lecteurs. Les retrouvailles avec la diaspora qui avait emporté un morceau de Russie à ses semelles sont consommées. Et cette diaspora rejoint les destins tragiques de grands poètes comme Akhmatova, poète saphique passé d'une poésie intimiste miniaturisée à la grandeur épique d'un Requiem pour les générations muettes de douleur. Dominant tout le siècle, pas seulement le russe, la lucidité poétique et prophétique du poète Ossip Mandelstam, mort au goulag, fournit une réponse de l'homme au sphinx de la terreur.
    Ce tome montre les filets de créativité qui n'ont jamais cessé de couler, comme il montre la grande glaciation politique et culturelle de l'utopie réalisée: celle d'Andreï Platonov, aux résonances religieuses puissamment ambiguës, celle, dérisoire, du satiriste Alexandre Zinoviev, ou celle, classique et postmoderne, du poète joseph Brodsky qui interroge les tyrans de toujours.
    Plus que précédemment l'ouvrage est collectif, il s'est enrichi de collaborations de Soviétiques naguère encore interdits de publication à l'étranger. Terme chronologique de l'entreprise (qui va se poursuivre en présentant bientôt la littérature russe des origines à la fin du XIXe siècle), ce tome ne prétend pas conclure, mais il offre deux voix en guise de finale, deux voix libres venues de l'Est pour dire ce qu'il advient d'un organisme puissant et paralysé lorsqu'il dégèle et qu'il souffre d'un violent retour à la vie...

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