Le Passager Clandestin

  • Utopie réalisée pour certains, la zad qui fut le « plus grand squat à ciel ouvert d'Europe » est un haut-lieu symbolique des luttes contre les grands projets inutiles et l'aménagement du territoire. En racontant l'histoire de la réaproppriation d'un lieu perçu par les aménageurs comme un « vide productif », ce livre dévoile les multiples enseignements de cette lutte habitée et habitante et les possibles politiques qu'elle ouvre.
    Cet ouvrage écrit et conçu à plusieurs mains est une double immersion : dans un territoire (1 650 hectares de bocage décrétés « Zone d'aménagement différé » puis devenue zone à défendre) et au coeur d'un mouvement de contestation hétérogène tant par ses acteurs que par ses enjeux. Commencé dans les années 1970, le combat contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes aura duré plus de quarante ans. Ainsi, ce sont plusieurs générations qui ont grandi sous la menace de voir des avions atterrir dans leurs vies et qui seront rejointes au fil des années par de nouvelles populations aux profils très divers : diversité de statuts sociaux, mais aussi hétérogénéité des motivations, des idéologies, des niveaux d'engagement et des trajectoires biographiques.
    En décrivant chronologiquement les transformations du paysage et l'évolution de la lutte initialement dirigée contre la construction de l'aéroport puis élargie à « son monde », ce livre questionne le sens particulier que prend l'habiter dans ce contexte. Revendiqué collectivement comme un geste politique, une manière de vivre, une éthique, l'habiter, à Notre-Dame-des-Landes, excède de bien des manières les notions de « se loger » ou « résider ».
    Espace d'expérimentations collectives mais aussi de cohabitations entre des modes de vie a priori antagonistes, ce territoire a offert un terreau fertile à des imaginaires politiques. Il a permis de faire émerger un monde où se déploient de nouvelles manières de vivre, de cultiver et de se soucier du vivant, un monde qui a su s'auto-organiser sur le temps long, expérimenter de nouveaux rapports au lieu, créer du commun, maintenir des solidarités, se tenir hors du marchand sans être replié sur lui-même.

  • Les Alpes-Maritimes - entendues comme une région transfrontalière englobant le département français homonyme ainsi que le versant italien de cette frontière - sont aujourd'hui un pôle migratoire de premier plan tant par le volume de personnes migrantes concernées que par l'enjeu politico-médiatique que celles-ci représentent.
    Devenu emblématique du « retour des frontières » au sein de l'Europe unie, ce territoire désormais symbole de la nouvelle fortification européenne - au même titre que Calais ou Lampedusa - est une des scènes majeures du « spectacle de la frontière » et des multiples luttes autour de ses enjeux. Pour comprendre ce qui s'y joue, l'Observatoire des migrations dans les Alpes-Maritimes a réuni des sociologues, des anthropologues, des géographes, des politistes et des historiens, ainsi que des acteurs de la société civile autour d'une analyse de cas interdisciplinaire et multidimensionnelle.

  • Nourriture, vêtements, abris, repos, réconfort, divertissements, formation linguistique, conseils et orientations juridique, etc. Depuis 2015, la « crise migratoire » a donné lieu à la mobilisation de milliers de personnes vivant en France - citoyens ou étrangers établis, dans les villes et les quartiers, les villages - qui se réclament de l'hospitalité. Cette « crise » a révélé l'importance des engagements individuels et collectifs autour des migrants, renouvelant les formes de soutien qui leur sont apportées. Si l'hospitalité tendait auparavant à être considérée comme une pratique « ancestrale » ou « exotique », la richesse des expériences d'accueil récentes en France est au-delà de toute capacité de recension.
    Cet ouvrage rend compte de la complexité et de la diversité de ces expériences. Il permet ainsi de saisir comment l'hospitalité se construit dans le quotidien, en dévoilant ses fragilités et ses limites. Mais ses auteurs élargissent également la description, au-delà du cadre domestique, aux initiatives communales afin de comprendre en quoi cette mobilisation sociale au nom de l'hospitalité transforme notre société.

  • La mort de migrants noyés, asphyxiés, intoxiqués, déshydratés sur les côtes de la Méditerranée, de l'Egée, de l'Atlantique comme aux frontières terrestres de l'Europe est devenue une réalité quotidienne. Aujourd'hui, les tombes d'anonymes sont chaque jour plus nombreuses dans les cimetières de Lampedusa, Lesbos, Tenerife ou Calais.
    Ces morts interrogent les sociétés où sont découverts les corps des migrants. La prise en charge de ces morts, leur identification, le lien avec la famille au pays d'origine, l'acheminement du corps ou son enterrement sur place, reposent sur une chaîne d'acteurs institutionnels et citoyens. À travers les cérémonies et les commémorations se joue, au sein des différentes sociétés européennes qui les reçoivent, la visibilisation des migrants morts. Les mouvements de solidarité et les prises de conscience politiques des habitants des lieux-frontière érigent ces mobilisations en cause des migrants. Écouter les récits, recueillir les mises en mots de la mort et de la disparition par les personnes qui circulent à travers les frontières, donne accès au vécu et aux représentations d'une migration sur laquelle plane, sans cesse, le spectre de la mort.
    Cette articulation entre des questions sur le traitement des défunts et des interrogations sur l'imaginaire de la migration permet d'offrir un nouvel éclairage dans le débat actuel sur la « crise migratoire ». Désactivant les lectures misérabilistes faisant des migrants des victimes dépourvues de capacité d'action ou des inconscients prenant des risques inconsidérés pour rejoindre l'Europe, la réflexion fait apparaître la violence dont sont porteuses les frontières européennes.
    À travers l'exploration de ces grands enjeux administratifs, politiques, affectifs et moraux, cet ouvrage invite à questionner les limites et les effets des politiques migratoires contemporaines.

  • Ce titre se concentre sur l'exil syrien, en premier lieu vers le Liban, mais aussi vers la Turquie et l'Europe.
    La Syrie est le pays qui a le plus de réfugiés internationaux au monde ; en 2016, 5,5 millions de personnes avaient fui le pays. La crise syrienne actuelle est d'une ampleur sans précédent, et désormais, au Liban, une personne sur quatre est un réfugié syrien. Beyrouth à elle seule accueille près de 30 % du million de Syriens réfugié au Liban. Ce que nous appelons en Europe « crise des réfugiés » est, au Liban, une crise nationale. De plus, l'État libanais ayant refusé d'installer des camps officiels de peur de provoquer une installation permanente, les réfugiés s'installent un peu partout avec les moyens du bord. En décrivant une réalité très différente de la situation européenne par son intensité et ses enjeux, ce livre permet de renouveler notre compréhension de la prétendue crise à laquelle nous serions confrontés.
    Il revient sur les liens entre Libanais et Syriens, qui constituaient au Liban l'essentiel de la main-d'oeuvre non-qualifiée dans les secteurs de l'agriculture et du bâtiment depuis les années 1960. Il retrace la longue histoire des circulations, des liens sociaux, familiaux et politiques entre les deux pays.
    Au Liban, la situation de plus en plus tendue pousse de nombreux Syriens à quitter le pays, de façon légale ou illégale, notamment en direction de l'Europe. Le livre étudie donc aussi leurs parcours jusqu'en Turquie, en Allemagne et en France. Le qualificatif et le statut de « réfugié » occultent souvent la diversité des profils, des expériences et des parcours ; face aux discours qui nous parlent des migrants dans leur ensemble, ce livre nous invite à considérer chaque cas comme une histoire unique.

  • De Lesbos à Calais, une myriade de lieux de mise à l'écart émaille les parcours des migrants. Ces camps se forment partout où la circulation des migrants est empêchée, aux portes d'entrées vers l'Europe comme aux frontières nationales. Ils apparaissent aussi dans les lieux de mise en attente des migrants : attente de la reconnaissance d'un statut administratif stable, d'un logement, d'une prise en charge. Enfin, les camps ont de longue date été les lieux où s'articulent les logiques d'enfermement, de contrôle et de tri des migrants.
    Logiques toujours à l'oeuvre au sein des hotspots, réponse de l'Union Européenne à la « crise des migrants ».
    Ces camps sont différents dans leurs morphologies (camps ouverts, camps fermés), par leurs fonctionnements (autogestion des migrants, gestion humanitaire, enfermement sur le modèle carcéral, etc.), de par les acteurs qui les investissent. Penser ensemble ces bidonvilles des bordures urbaines, les campements en villes, les centres de rétention et hotspots, fait néanmoins apparaitre le continuum auquel ils participent, celui d'une mise à l'écart des migrants, d'un traitement par le temporaire. Cet encampement transforme les frontières en des espaces de mise en attente où s'organise la vie des migrants.
    Ces espaces de relégation sont aussi des lieux d'où émergent des prises de conscience collective, des modes d'agir et de revendications politiques de la part des migrants. Ils sont également les lieux où se cristallisent des formes de solidarités citoyennes et riveraines qui débordent la seule hospitalité publique instaurée institutionnellement. Par leurs seules présences ces camps transforment les espaces urbains, des murs s'érigent pour barrer le passage, des barrières se dressent pour empêcher des installations de migrants.
    En cela, le retour des camps en Europe, censé répondre à la « crise des migrants », révèle la réalité d'une crise politique et d'une crise de l'hospitalité qui fait du provisoire et de la mise à l'écart les seules manières de penser la gestion des migrations contemporaines.

  • L'exploitation des animaux n'a pas toujours été, loin s'en faut, aussi totale et brutale que de nos jours. Chaque jour en France, 3 millions d'animaux sont mis à mort. Alors que la production de viande gaspille l'eau, les céréales et les terres cultivables, la loi permet encore que l'on mutile, sépare, gave et enferme des êtres vivants. L'industrie de la viande organise leur mutilation et leur abattage à la chaine, tandis que la loi permet que, pour le plaisir, on les traque dans les bois ou qu'on les torture dans des arènes.

    Pourtant la science et le simple bon sens montrent que les animaux sont indispensables aux équilibres des écosystèmes, donc à la survie de l'espèce humaine, mais aussi et surtout qu'ils sont des créatures conscientes, intelligentes, capables de relations complexes et dotées de personnalités singulières.
    Face aux intérêts financiers liés à l'exploitation des animaux, il est urgent de désobéir pour susciter des modes de coexistence entre espèces basés sur la coopération et le respect.
    Partout dans le monde, les militants de la libération animale déploient des trésors d'imagination, et prennent tous les risques non violents pour venir en aide aux plus vulnérables que nous.

  • Larzac, Plogoff, Creys-Malville, Notre-Dame-des-Landes, Sivens résonnent dans l'imaginaire militant comme autant de lieux où se sont forgés les principes de la désobéissance et de l'engagement collectif. Ces projets inutiles et imposés furent contestés non seulement localement mais également globalement pour ce qu'ils représentaient, une énième tentative d'imposer la puissance symbolique d'un État centralisé. Ces « jacqueries » sont autant des mobilisations contre un projet en lui-même qu'une contestation d'une société qui privilégie le béton, le nucléaire ou le kérosène. Ces luttes locales sont aussi un coup d'arrêt à cette lente dérive démocratique qui amène certains élus à se vivre en monarque cherchant à marquer l'histoire à grand coup de travaux inutiles.
    En revenant en détail sur quelques-unes des grandes luttes contre les travaux inutiles, ce livre permet d'identifier la force et la richesse d'un mouvement protéiforme qui n'a eu de cesse de se renouveler. Désobéir, créer et vivre autrement, tel pourraient être le triptyque qui conduit riverains et militants sur les chemins de l'engagement.

  • Un ouvrage pour mieux comprendre la diversité et la complexité des formes de l'accueil des migrants sur notre continent.

    Dans le moment migratoire que nous vivons depuis 2015, c'est dans les villes et au niveau des villes que se pose la question de l'accueil. À l'heure des crispations sécuritaires et de la montée des extrêmes droites en Europe, les villes peuvent fonctionner comme des espaces intermédiaires entre l'État et les citoyens pour affirmer des définitions propres de l'hospitalité et, dans certains cas, fournir des contrepoints à la tentation du repli. Cette étude consacrée aux politiques de l'accueil en Europe permet de saisir comment cet enjeu refaçonne les liens sociaux, les valeurs et les émotions collectives, et interroge les définitions pratiques de la citoyenneté prise dans un jeu de frontières. Cet ouvrage montre également l'opposition qui se joue entre politiques municipales et gouvernementales.

  • 7 chefs-d'oeuvre de la SF pour moins de 40 euros, réunis dans le second coffret Dyschroniques.
    Des nouvelles passionnantes, écrites entre 1954 et 1979, qui imaginaient avec un demi-siècle d'avance les impasses de notre société.

  • Lettres rebelles

    Collectif

    Ces lettres de désobéissance s'inscrivent dans la tradition de la désobéissance civile. La désobéissance civile se réfère avant tout à la légitimité de l'action des individus contre les lois injustes. Ces lettres se caractérisent par trois éléments essentiels :
    - La volonté de s'impliquer soi-même dans une action de désobéissance.
    Même quand elles émanent de mouvements collectifs, ces lettres imposent la signature, l'engagement individuel de la personne.
    Le « je » se lie indissociablement au « nous ».
    - Ces lettres s'appuient le plus souvent sur le droit national ou international pour montrer les failles de l'autorité. Le désobéissant a non seulement la légitimité avec lui, mais il a la légalité.
    - Ces lettres détaillent les failles du système et les raisons pour lesquelles, l'ordre établi ne peut plus être respecté. La légitimité de l'action doit s'appuyer sur la raison. Si ces lettres expriment souvent de l'émotion, elles ne sont pas irrationnelles. Au contraire, c'est au nom de la raison qu'elles s'attaquent à la folie du pouvoir, à sa démesure et à ses injustices.
    Les lettres recueillies dans cet ouvrage abordent principalement les thèmes suivants :
    - défense d'une certaine idée du service public - méfiance envers les usages de la science - rapport à la nature - questions de justices sociales et d'inégalités.

  • Comment se construit une culture écologiste ? Comment celle-ci peut permettre de prendre en compte le désir de bien-être de chaque personne en prenant soin du vivant ? Comment pouvons-nous nous épanouir dans les limites de la planète ?
    L'influence de l'écologie dans nos vies, c'est pour chacun de nous une histoire différente. Première coopérative, marche du sel de Gandhi, objection de conscience, Greenpeace, fermes bio, Théâtre de l'opprimé, réflexions d'Ivan Illich ou d'Hervé Kempf, écoféminisme, abandon de l'extension du camp militaire du Larzac, manifestations géantes contre les missiles nucléaires, Brigades de paix internationales, lycées autogérés, catastrophe industrielle de Bhopal, Confédération paysanne, rapport Brundtland, assassinat de Chico Mendès, systèmes d'échange local, mort de Superphénix, Quartier Vauban en Allemagne, protocole de Kyoto, premier forum social mondial à Porto Alegre, déboulonneurs, commune de Segonzac...
    À l'occasion de ses 30 ans, la revue Silence propose ici, avec l'aide d'une soixantaine de contributeurs et contributrices, un inventaire en 600 dates, forcément subjectif, de lectures, films, chansons, campagnes militantes et évènements divers, qui ont joué un rôle dans la construction de notre réflexion et d'un nouvel imaginaire collectif.
    Illustré de plus de 150 photos, un album vivant et dynamique qui nous permet à la fois d'enrichir nos connaissances et de diffuser la culture écologiste !

  • L'eau est le bien le plus précieux. Si elle couvre près de 70 % de la planète, on compte moins de 3 % d'eau douce. Ce bien commun devrait donc faire l'objet de toutes les attentions.
    Pourtant l'eau subit l'attaque en règle de l'agriculture intensive qui la gaspille et la souille de pesticides et de l'industrie qui la contamine. Les multinationales de l'eau accaparent les réserves disponibles et font commerce de sa rareté, tandis que plus d'un milliard d'entre nous sont privés du droit à une eau saine et gratuite. Dans le même temps, le réchauffement climatique accélère la diminution inéluctable de l'eau potable.
    Devant l'incapacité des décideurs à protéger ce bien commun indispensable, des habitants, des militants, des élus et des usagers inventent de nouvelles manières de résister.

  • Le flux continu d'images auquel nous sommes quotidiennement soumis nous donnerait presque envie de fermer les yeux. Pourtant, parfois, certaines capturent notre regard, focalisent notre attention, s'impriment dans notre mémoire pendant que les autres s'effacent, déjà remplacées par de nouvelles. Les 70 affiches reproduites ici font partie de ces images susceptibles de jaillir du flux. Chaque lecteur trouvera les siennes, mais toutes ont cette qualité spécifique, ce potentiel d'interpellation. Elles le doivent pour partie aux sujets qu'elles abordent, qui sont ceux qui inquiètent notre quotidien et notre foi en l'Homme. Mais elles le doivent aussi, largement, à la faculté des graphistes de projeter une pensée dans une image qui la synthétise, la symbolise et nous sert d'aide-mémoire. Des images, encore des images, mais celles-ci nous rappellent de garder les yeux ouverts.

  • Tandis que le credo de la concurrence comme principe organisateur des sociétés humaines se cherchait des bases " scientifiques " dans la lecture de Darwin, le premier mérite de Pierre Kropotkine (1842-1921) fut, comme biologiste, de mettre en lumière le rôle fondamental de l'entraide dans la survie des espèces.

    Sur cette base, l'oeuvre politique du " prince des anarchistes " propose une véritable " écologie urbaine " à travers l'image d'un habitat décentralisé, fondé sur la coopération et sur un balancement harmonieux des activités humaines. En revenant aux analyses de Kropotkine, explique Renaud Garcia, on trouvera des arguments pour lier la réflexion sur nos besoins, sur ce qui compte dans nos rapports aux autres et à notre milieu de vie à des perspectives d'organisation économique et politique concrètes.

  • 1562, sous la régence de Catherine de Médicis, les tensions entre catholiques et protestants s'exacerbent. Quelques semaines avant l'éclatement de la première guerre de religion (mars 1562), le comte de Coligny, chef des protestants français, charge le capitaine Jean Ribault de se rendre en Amérique pour y établir une colonie.
    Au mois de mai, Ribault aborde les côtes de la Terra Florida qu'il proclame territoire de Nouvelle France. Trois ans plus tard, les Espagnols fondent non loin de là la colonie de San Augustin.
    Commence alors une guerre de trois années entre protestants français et catholiques espagnols. Les trois textes réunis dans ce livre sont rédigés par des anonymes, rares français à avoir survécu à l'une des trois expéditions menées dans cette partie de la Nouvelle France entre 1565 et 1567. Ils portent la trace de l'émerveillement des Européens devant cette terre qui « permettait le suffisant contentement de tout ce que l'homme pourrait désirer sur terre », évoquent les premiers contacts et la fascination pour les moeurs des « naturels », traduisent le sentiment d'isolement et de fragilité de ceux condamnés à tenir cet avant-poste de la nouvelle colonie. Surtout, il témoignent sans indulgence et sans atténuer les faits, de la violence de la colonisation européenne qui, abordant de nouvelles terres, y exporte aussitôt ses guerres et ses sanglantes rivalités.

  • D'où vient la radicalité de la réflexion offerte par L'An 02 ?
    Certainement pas de slogans rageurs ni de théories ésotériques. Pas non plus d'une illusoire pureté. Outil de diffusion et de partage, passeur d'idées hors des cercles confidentiels, lieu de rencontres parfois improbables, cette revue s'est consacrée à faire apparaître et comprendre l'emprise de la technique sur nos sociétés.
    La technique et la standardisation qu'elle entraîne, son exploitation déchaînée des ressources naturelles, ses effets d'échelle qui nous éloignent toujours plus de la hauteur d'être humain. Il n'y a pas si longtemps, les mouvements écologistes, les ouvrier-e-s dépossédé-e-s, les habitant-e-s des villes envahies par le smog avaient su identifier la menace. Aujourd'hui, qui dit progrès dit toujours machines (smart grids, objets connectés, imprimantes 3D, etc.), mais plus de crainte à avoir, elles vont sauver la planète !
    Alors que l'écologie politique fournit des bataillons de techno-utopistes, L'An 02 débusque le « solutionnisme » - cette idée, décryptée notamment par Evgeny Morozov (Pour tout résoudre cliquez ici, Éditions FYP, 2014), selon laquelle tout aspect de la société (l'environnement, la sécurité, le transport, la santé, l'éducation, la politique, l'alimentation.) n'est en fait qu'un problème à résoudre. Ce faisant, il ravive la critique et nous invite à nous dégager des chausse-trappes de la société technicienne.

  • Notre modèle de développement est insoutenable si nous voulons rester sous le seuil des 2°C et laisser 80 % des ressources fossiles dans le sol afin de limiter les impacts des changements climatiques. À la mobilisation de la société civile s'est ajouté un élément de taille depuis la COP21 : l'accord mondial sur le climat engageant l'ensemble des États vers une sortie de la dépendance aux fossiles. Sous peine d'être vidé de son sens, l'accord de Paris devra se matérialiser par des décisions politiques nationales fortes, et se concrétiser aux échelles des territoires. En effet, selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, 50 à 80 % des leviers d'actions contre les changements climatiques se trouvent aux échelles locales.
    /> Les défis du changement climatique et de la nécessaire sortie des énergies fossiles nécessitent la mobilisation de tous, à toutes les échelles, pour accomplir la transition énergétique. Les territoires ont un rôle majeur :
    Ils ont la capacité et la responsabilité de contribuer à cette transition en mobilisant les ressources en énergies renouvelables dont ils disposent.
    Destiné aux acteurs locaux, ce guide pratique propose une approche opérationnelle et transversale de l'action locale en matière d'énergie, illustrée par de nombreux exemples de terrain où les acteurs ont su (re)prendre en main la question de l'énergie.

  • Certains parmi les plus grands auteurs de la SF ont aperçu, avec un demi-siècle d'avance, les ravages de la pollution industrielle, les dérives de la société de consommation, la course aveugle au progrès technologique. Le passager clandestin regroupe ici quelques-uns de ces textes visionnaires, qui annonçaient : en 1950, l'anéantissement de la diversité culturelle ; en 1953, l'omniprésence de la publicité dans nos vies ; en 1955, la folie des grands projets inutiles ; en 1962, la généralisation des smartphones et les guerres de la concurrence ; en 1970, l'effondrement écologique des États-Unis... Dans un style léger et entraînant, les meilleures plumes étatsuniennes de la SF rivalisaient hier de talent pour imaginer le monde d'aujourd'hui.

    La main tendue (1950) de Poul Anderson.
    Audience captive (1953) d'Ann Warren Griffith.
    La montagne sans nom (1955) de Robert Sheckley.
    La vague montante (1955) de Marion Zimmer Bradley.
    Le mercenaire (1962) de Mack Reynolds.
    Le pense-bête (1962) de Fritz Leiber.
    Continent perdu (1970) de Norman Spinrad.

  • Ce livre est un guide pratique sur la mobilité, qui permet d'abord de la comprendre. Quelle en est la réalité actuelle ? Quels déterminants conditionnent cette réalité ? Il sera, ensuite et surtout, question d'action. D'action locale principalement, mais les décisions prises localement peuvent avoir de spectaculaires conséquences sur les flux de longue distance, de personnes comme de biens. Cet ouvrage fait témoigner en ce sens de nombreux élus et spécialistes qui s'emploient à rendre la mobilité plus écologique.
    Ce guide pratique assume aussi un certain parti pris : face à la situation présente, les solutions traditionnelles ne suffisent plus. On insistera donc sur la baisse de la mobilité, ou encore sur la marche et le vélo, et non seulement sur des transports collectifs invoqués trop souvent comme la principale solution à l'excès d'automobile. L'enjeu est en effet trop important pour pouvoir s'autoriser l'erreur : en développant une mobilité moins chère, moins nuisible et même agréable, il s'agit tout simplement de mieux vivre.

  • En 2016, à l'occasion de la troisième édition des Ateliers d'été de l'agriculture urbaine et de la biodiversité organisés par Natureparif et ses partenaires, deux marches exploratoires se sont déroulées, l'une au sud de l'Île-de-France, entre les villes de Bièvres et Arcueil, l'autre au nord, entre Villepinte et Stains. Ces marches s'inscrivaient dans la thématique 2016 des Ateliers d'été intitulée « Agriculture urbaine : flux et territoires ». Il s'agissait d'identifier le rôle des différentes formes d'agriculture à travers les échanges entre les milieux urbains, périurbains et ruraux. L'analyse de ces enjeux avait aussi pour ambition de comprendre comment l'agriculture urbaine pouvait être un levier pour renforcer ou développer les relations entre les territoires.
    Cet ouvrage restitue ce double parcours, en offrant un instantané photographique des liens entre nature, agriculture et aménagement du territoire. Ce travail est complété par un regard historique permettant de mettre en perspective l'évolution des paysages franciliens à travers les siècles.

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