Librairie Droz

  • La chanson de roland

    Collectif

    Il existe de la Chanson de Roland, deux traditions, et l'édition du Professeur C. Segre les présente toutes deux de manière exhaustive. Le premier volume est consacré au texte de O (Oxford), corrigé là où cela s'impose, mais en indiquant exactement, dans l'apparat, les variantes du manuscrit et les conjectures de l'éditeur. Le second volume présente de manière synthétique et discute dans le détail de la tradition ß, y compris les textes nordiques (moyen-allemand, norrois, gallois, moyen-néerlandais), dont le témoignage se révèle souvent déterminant. Entre les nombreux cas où O apparaît comme le plus proche de l'archétype, et ceux où le recours aux manuscrits de la tradition ß se révèle utile, les discussions du second volume indiquent une gamme de corrections possibles, d'alternatives et d'hypothèses génétiques, et permettent de voir comme en relief le développement de la Chanson de Roland, du point de vue de son contenu comme celui du style, tel que l'atteste l'ensemble de la tradition.
    Par rapport à l'édition de 1971 de la Chanson de Roland, que le Prof. Segre avait publié à Milan, tout a été revu, remanié et mis à jour, texte et commentaire. Tous les commentaires, précédemment en italien, ont été traduits en français par les soins de Mme Tyssens, Professeur à Liège.

  • La Suite du roman de Merlin est une continuation du Merlin en prose attribué à Robert de Boron. Elle raconte les premières années du règne d'Arthur après l'élection au trône du jeune souverain. Durant ces années, Arthur consolide son pouvoir et la révélation du secret de sa naissance met un terme aux doutes de ses barons, qui l'acceptent définitivement comme roi quand ils apprennent qu'il est le fils d'Uterpandragon. Il épouse Guenièvre et reçoit la Table Ronde... Pourtant, à la différence de la Suite-Vulgate, la Suite du roman de Merlin n'est pas une simple chronique des débuts du règne d'Arthur, car l'auteur a introduit dans son oeuvre un sombre climat de fatalité. L'inévitable catastrophe qui mettra un terme à l'épopée arthurienne trouve son origine dans l'inceste commis par le jeune roi avec sa soeur, la reine d'Orcanie, relaté dès le début du roman.
    Première édition qui tienne compte du manuscrit de Cambridge, inconnu de G. Paris, manuscrit qui porte la trace d'un réel remaniement. Gilles Roussineau donne par ailleurs une très fine analyse de la langue des manuscrits dans son introduction et munit son édition de tous les outils nécessaires à sa lecture et à son étude.

  • Intitulé République des Lettres, République des Arts, ce volume de « Mélanges » témoigne du rayonnement scientifique de l'oeuvre de Marc Fumaroli et manifeste les nombreux liens d'amitié qu'il a noués au long de sa carrière à la Sorbonne et au Collège de France, pendant ses séjours dans les universités d'Europe et d'Amérique, et qu'il continue d'entretenir depuis l'Académie française. Les trente-trois auteurs participant à cet ouvrage explorent les multiples aspects de l'histoire de la culture et des représentations, des formes symboliques et des genres d'expression qui ont suscité l'intérêt de Marc Fumaroli, de la Renaissance au XIXe siècle, en passant par l'âge Baroque et les Lumières. Institutions savantes et diffusion des doctrines ou des croyances ; mythes littéraires et lieux communs de l'imagination profane ou sacrée ; figures du discours et catégories esthétiques ; action et fonctions de la rhétorique ; rapports de la parole éloquente avec la raison ­politique et philosophique, avec la vie sociale et la création artistique : autant de sujets traversés par l'érudition et la pensée de Marc Fumaroli, dont les contributions ici réunies illustrent la fécondité.

  • Les humanistes ont joué un rôle essentiel dans l'élaboration de la critique littéraire et la constitution de la poétique comme discipline distincte de la grammaire et de la rhétorique. Ils ont conditionné la réception des traités antiques, en particulier la Poétique d'Aristote et l'Art poétique d'Horace, et ont problématisé des concepts appelés à une grande fortune, comme la mimèsis, la catharsis, le decorum ou l'ut pictura poesis. Ils ont apporté des éléments théoriques originaux, élaboré des taxinomies génériques complexes et repensé les systèmes de classification des arts. Cette Anthologie offre une vision synthétique des textes théoriques latins en Europe, du Trecento à la fin du XVIe siècle. Elle présente les principaux penseurs et leur art poétique, analyse les notions clefs et propose un choix de textes emblématiques, édités, traduits et contextualisés. Un bel outil de travail pour penser l'utilité de la poésie, la création, l'histoire littéraire et les normes esthétiques.

  • Le trickster, ou fripon divin, qui joue des bons tours et nargue la société, est un personnage récurrent des traditions littéraires européennes. Il est bien représenté dans le domaine français médiéval : Tristan, Renart et Pathelin ont ainsi passé les siècles en amusant petits et grands, alors que ce sont davantage les situations que le nom des héros qu'a retenues la tradition des fabliaux. Les deux contes à rire ici édités nous en présentent des spécimens bien contrastés : au boucher d'Abbeville, qui ne cherche qu'à se venger des mesquineries qu'il a subies et qui illustre l'expression « l'occasion fait le larron », s'oppose Trubert, dont les tours, souvent ignobles et gratuits, trahissent une propension innée à faire le mal. L'opposition des deux textes est également formelle : alors que Le Boucher d'Abbeville est un fabliau tout à fait typique, ne narrant qu'une anecdote brève, Trubert est, avec ses nombreux épisodes, un véritable petit roman comique qui anticipe le genre picaresque. Les deux récits se complètent ainsi pour donner un aperçu représentatif du thème de la ruse dans la littérature facétieuse du Moyen Age.

  • Avec son célèbre blason du « Beau tétin », composé en exil à Ferrare en 1535, Clément Marot a lancé un véritable phénomène de mode, celui des blasons anatomiques du corps féminin, dont le succès ne s'est jamais démenti dans l'histoire de la poésie française. Considérés dans ce volume comme un objet d'étude à part entière, les recueils de Blasons anatomiques sont non seulement ramenés à leur origine historique sous le règne de François Ier, interrogés dans leurs intentions esthétiques et morales, mais aussi envisagés comme une véritable pierre de touche permettant de mieux apprécier d'autres pratiques qui, elles aussi, touchent au corps et à ses représentations à la Renaissance. On entend ainsi esquisser une histoire du blasonnement anatomique depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIe siècle, à partir du travail des écrivains, poètes et prosateurs, mais aussi des graveurs, des musiciens et des peintres, et cela sous le regard complice ou suspicieux des médecins, des philosophes et des théologiens.

  • Les minutes des séances du Consistoire pour cette année nous révèlent le début de plusieurs conflits importants qui culminèrent en 1555 avec la défaite d´Ami Perrin et des Enfants de Genève face à Calvin. À la suite de la querelle entre Calvin et Bolsec à propos de la prédestination et le libre arbitre, nous retrouvons plusieurs souteneurs de Bolsec devant le Consistoire. En 1551, le Consistoire doit aussi faire front à plusieurs Genevois mécontents du pouvoir grandissant des pasteurs et du nombre de réfugiés qui cro^t rapidement. Des citoyens influents, tels que Philibert Berthelier et Jean-Philibert Bonna, un membre du Consistoire lui-même, se rebellent et tentent de restreindre l´autorité du Consistoire et des pasteurs. Ayant déjà réussi à détourner les Genevois des pratiques catholiques, le Consistoire peut maintenant se concentrer sur d´autres affaires morales. Ainsi, dans ce registre, on trouve beaucoup de personnes convoquées pour avoir dansé, joué aux jeux de hasard ou chanté des chansons profanes. Le Consistoire semble se concentrer en particulier sur le problème des blasphémateurs à tel point que, vers la fin de 1551, le Petit Conseil publie une ordonnance contre les serments frivoles et les blasphèmes. En plus, les actions du Consistoire contre la sexualité illicite continuent à être courantes, ainsi que les questions matrimoniales et les tentatives de réconciliation entre des parties adverses.

  • Dans la relation des nombreuses aventures qui nous sont contées, l'idéal héroïque de la chevalerie errante anime la quête des chevaliers, qu'il s'agisse de Tristan ou des compagnons de la Table Ronde. Les joutes et les combats à l'épée se multiplient... Dans le royaume de Logres, terre d'élection des chevaliers errants, les héros sont reçus avec générosité partout... Textes jusqu'ici inédits, malgré leur grande beauté.

    3 Autres éditions :

  • L´année 1540 est essentiellement marquée par les suites de l´affaire du traité négocié par les Articulants l´année précédente. Les autorités genevoises tentent à tout prix de le faire annuler, avec succès, en rejetant la faute sur leurs trois ambassadeurs, lesquels sont soutenus par Berne, qui cherche ainsi à laver son honneur.
    La condamnation à mort des Articulants en juin provoque une émeute, dont les conséquences se font sentir jusqu´à la tête du gouvernement et durent jusqu´à la fin de l´année.
    Aux désordres causés par les fugitifs qui ont quitté Genève au lendemain de l´émeute s´ajoutent les infractions de juridiction des officiers bernois dans les terres de Saint-Victor et Chapitre, qui deviennent de plus en plus audacieuses.
    La défense de la ville est une préoccupation constante et les travaux engagés durant l´été 1539 se poursuivent et se renforcent, surtout après les événements de juin. L´entreprise la plus marquante de l´année est la destruction du faubourg de la Corraterie décidée en septembre, malgré les protestations de ses habitants.
    Du côté de la religion et de la discipline ecclésiastique, les ministres de la ville se heurtent à la résistance d´une partie de la population encore attachée au catholicisme. Confrontés à des critiques et à des insolances à leur égard, deux d´entre eux, Jean Morand et Antoine Marcourt, quittent la ville en août et en septembre respectivement. Ces défections ainsi que le changement de majorité au sein du gouvernement entraînent le rappel de Jean Calvin à Genève, qui en a été chassé en 1538. Occupé ailleurs, ce dernier repousse sa venue et n´arrivera qu´en septembre 1541. En attendant, les deux ministres restés à Genève pourront compter sur Pierre Viret, appelé en renfort, lequel arrivera en début d´année.

    3 Autres éditions :

  • Les deux pièces présentées ont la caractéristique d'être les deux seuls exemples français qui nous soient restés d'un genre dramatique qui fut en son temps aussi florissant que populaire: le jeu de Carnaval. Ces textes, souvent écrits "a grand haste", voire improvisés, rabaissant l'Eglise et la Noblesse, établissant ainsi l'égalité sociale. Le Carnaval était fait pour le peuple et les spectateurs n'y assistaient pas, mais le vivaient en apportant leur participation.

  • Ce tome XI contient six textes: "La résurection de Jenin Landore" ;"George le Veau"; "Les Trois Amoureux de la croix" ; "Le Poulier" ; "L'abbesse et Soeur Fessue" ; "L'Aveugle et le Boiteux".

    11 Autres éditions :

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Ce recueil de cent nouvelles est un document littéraire d'un incontestable intérêt sur les moeurs des grands du monde et du petit peuple, des prêtres et des laïcs, sur le goût des gauloiseries à la fin du moyen âge français, mêlant des événements réels, telle que la foire d'Anvers, à une fiction d'autant plus amusante qu'elle prend souvent appui sur des facéties du Pogge, en en traduisant et adaptant plusieurs. Le compilateur-remanieur du dernier quart du XVe siècle s'est également inspiré de fabliaux français pour atteindre le chiffre de cent, comme Boccace, le maître du genre.
    Pour cette première édition réellement critique, Franklin P. Sweetser s'est appuyé sur le fameux manuscrit de Glasgow (Hunter 252 ; écrit entre 1480 et 1490) et sur l'édition parisienne d'Antoine Vérard de 1486. Cette édition reste un bon instrument de travail, mais également l'objet d'une lecture très amusante.

  • Sommaire: A.Legros "Que sais-je de Montaigne?"; J.O'Brien "Si avons nous une tres-douce medecine que la philosophie"; K.Sellevold "Phônai skeptikai et expressions modalisantes, ressemblances et différences"; A.Legros "Colloque pour voix sceptiques et parole(s) divine(s) entre librairie et 'Apologie'"; S.Giocanti "Quelle place pour Dieu au sein du discours sceptique de Montaigne?"; M.Habert "Aspects sceptiques de la traduction de Sebond"; J-C.Margolin "D'Erasme à Montaigne: l'écriture de l'opinion et la double voie de la croyance"; B.Pinchard "Humanisme de la chose, humanisme de la glose. Cajétan et Montaigne"; S.Geonget "Perplexité et scepticisme dans les Essais ou la souris et le ver à soie (III, i)"; O.Guerrier "Le champ du 'possible': de la jurisprudence aux Essais"; K.Almquist "Du prêt et de l'usufruit des images. Le droit de la propriété dans la pensée sceptique de Montaigne"; P.Desan "Montaigne et le doute judiciaire"; J-L.Viellard-Baron "Croire ou ne pas croire? Montaigne et la foi"; E.Naya "Le doute libérateur: préambules à une étude du discours fidéiste dans les Essais"; T.Gontier "L'essai et l'expérience. Le scepticisme de Montaigne par-delà le fidéisme"; N.Panichi "La raison sceptique comme figure de l'ethique"; A.Tournon "La question du Préteur"; J.Balsamo "La critique des dispositions testamentaires: un scepticisme peu philosophique; G.Defaux, "Montaigne et l'expérience: réflexions sur la naissance d'un philosophe sceptique - et 'impremedité'"; D.Brancher "'N'y plus ne moins que la rubarbe qui pousse hors les mauvaises humeurs': la rhubarbe au Purgatoire"; M-L.Demonet "Du jeton à l'éponge"
    A ceux qui cherchent sa "matière", Montaigne offre sa "manière"; ceux qui s'arrêtent à son style, il les renvoie à sa pensée. Terrain de la rencontre: l'art de douter et/ou de croire, le doute comme art et comme hygiène, le scepticisme comme écriture, le traitement que cette écriture fait subir aux trois grandes sciences de l'époque, théologique, juridique, médicale. Il est question dans ce volume, autour de Montaigne et avec lui, de Sextus Empiricus et de Diogène Laërce, de Raymond Sebond, d'Erasme, de Cajetan, de La Boétie, de Ponce Pilate et de Dieu, mais aussi de souris et de vers à soie, de rhubarbe purgative, de jurisprudence et de testaments; sans oublier les grand sujets attendus: éthique, raison et expérience, foi et "fidéisme", opinion et croyance... Quatre sections: traits (J. O'Brien, K. Sellevold, A. Legros, S. Giocanti, M. Habert), conférences (J.-C. Margolin, B. Pinchard, S. Geonget, O. Guerrier, K. Almquist, P. Desan), dogmes (J.-L- Vieillard-Baron, E. Naya, T. Gontier, N. Panichi), expériences (A. Tournon, J. Balsamo, G. Defaux, D. Brancher); avec une bibliographie générale et un index des noms.

  • Avec ce quarante-troisième volume s'achève l'édition de la Correspondance de Théodore de Bèze dont Alain Dufour a été pendant plus d'un demi-siècle la cheville ouvrière. Ce dernier volume couvre les années 1603 à 1605. Le théologien, bien qu'âgé, reste au coeur d'un réseau important. Ainsi, peut-on entrevoir par sa correspondance les lendemains de l'Escalade et l'inquiétude des Genevois et de leurs alliés. L'essentiel des lettres de ce volume concerne toutefois des affaires privées de Bèze : il est question de sa pension royale et de la succession d'une arrière-petite-nièce, qui attire la convoitise de ses neveux. On trouvera en annexe des pièces sur la mort de Bèze, dont un éloge funèbre résumant sa vie, et une table chronologique cumulative des addenda, en fin de volume.

  • Les traductions de la Bible en français - partielles ou complètes, littérales ou transposées - marquent un tournant dans l'histoire de l'un des textes fondateurs de l'Occident. Non seulement le Livre saint participe à l'enrichissement d'une langue en devenir, mais il entre sur la scène de l'histoire littéraire et sociale en suscitant de nouveaux textes dérivés qui sont autant d'appropriations humaines de la parole divine. Du Livre aux livres, de l'Ecriture à ses réécritures secondes, tel est l'espace que cet ouvrage entend explorer en une conjoncture donnée - le Moyen Age et la Renaissance -, à un moment où se forme la langue française, où se développe une littérature et où se constitue une société. La première partie, « La langue de la Bible », aborde l'histoire des traductions du Moyen Age à la Renaissance en s'attachant tout particulièrement à ses enjeux sociolinguistiques. La deuxième partie, « Bible et littérature », s'intéresse aux réécritures poétiques, romanesques et théâtrales ainsi qu'aux réflexions esthétiques que le Livre sacré a suscitées suivant les périodes envisagées. Enfin, la troisième partie, « Bible et histoire », interroge le rôle qu'a pu jouer l'Ecriture dans la conception d'une pensée et d'une poétique de l'histoire du Moyen Age à la Renaissance.

  • Miroirs de charles ix

    Collectif

    « Violent et extravagant ». C'est ce que l'historiographie a retenu de Charles IX (1550-1574). Devenu roi alors qu'il n'était qu'un enfant, il disparut avant son quart de siècle. De ses quatorze années de règne, on se souvient de sa passion pour la chasse, de son tempérament colérique et... du sang de la Saint-Barthélemy. Si l'histoire a souvent fait de lui un pantin entre les mains de sa mère Catherine de Médicis, l'histoire de l'art s'est peu attachée à son règne. Et pourtant, entre 1560 et 1574, les arts visuels, les lettres et la musique ont connu un véritable épanouissement en France. « D'un esprit prompt et vif, entre doux et colère » (Ronsard) le jeune roi, mélomane averti, fut écrivain et poète à ses heures. Les superbes portraits de Clouet gardent la mémoire de son visage et permettent de suivre les métamorphoses de ses traits au fil de sa brève existence. En même temps, tout un arsenal symbolique est déployé par les thuriféraires de la cour pour façonner l'image de la royauté qu'il est censé incarner. Ses adversaires en feront autant pour la détruire ou la détourner. Les études réunies dans ce volume mieux qu'esquisser les contours d'un hypothétique Charles IX mécène, ou que dresser un état des lieux des arts au temps du jeune souverain, étudient les nombreuses facettes, parfois contradictoires, de l'image du roi, réelles, symboliques ou imaginaires.

  • Le rapport des réformés à la fiction a pu être jugé uniformément critique, en cohérence avec le principe de la sola scriptura et le rejet, dans certains courants protestants, des images comme supports du culte. La virulence du Traité des scandales de Calvin contre les « contes » de Rabelais ou l'invitation de l'Uranie de Du Bartas à « laiss[er] à part [les] fables surannées » témoignent, de fait, d'une vive méfiance à l'égard d'un usage « mensonger » de l'écriture, qui inciterait à s'éloigner de l'essentiel et à se disperser dans un labyrinthe d'images immorales. Ce volume collectif entend montrer ce que cette doxa peut avoir de réducteur, en considérant dans leur diversité les attitudes des réformés par rapport à la fable, le prestige de certaines fictions chez les grands Réformateurs, le rôle de la fiction dans la pédagogie et la prédication réformées, ou encore la place que la mythologie continue d'occuper chez les poètes protestants, malgré leur volonté de promouvoir une poésie de vérité.

  • Prononcé à l'audience, le plaidoyer constitue un moment essentiel de la procédure judiciaire, le moment où l'on cherche à établir, à qualifier et à juger les faits, celui où se discute le vrai et le faux, le juste et l'injuste. A la Renaissance, véritable âge d'or des plaidoyers, il constitue aussi un texte, volontiers confié à l'imprimerie et donnant lieu à un genre particulier d'ouvrage : le recueil de Plaidoyez. En dépit de perspectives et de finalités variées, révélant les horizons de juristes qui se voulaient tout autant « hommes de lois » qu'« homme de lettres », ces recueils, délaissés par la critique, s'avèrent d'une richesse particulière, non seulement pour les données juridiques qu'ils renferment que par la rhétorique déployée par leurs auteurs. Poursuivant une enquête au long cours sur les formes d'expression du juridique à la Renaissance, fruit d'un colloque pluridisciplinaire organisé à l'université d'Avignon, le présent volume s'est dès lors attaché à mettre en évidence la plasticité et les enjeux révélés par ces oeuvres, contribuant à améliorer notre connaissance de ces dernières, comme plus largement celle de l'écriture des juristes à la Renaissance.

  • La pluralité des langues dans ses diverses facettes individuelle (plurilinguisme) ou sociale (multilinguisme), ancrée dans les institutions ou pratiquée spontanément , loin de dater d'aujourd'hui, est un phénomène omniprésent dans les sociétés anciennes. Les villes jouèrent un rôle primordial dans le développement des pratiques de coexistence, et parmi elles dans les relations d'interaction, de voisinage mais aussi d'antagonisme entre les langues. L'ouvrage examine des formes de pluralité linguistique dans cinq villes européennes : Anvers, Hambourg, Milan, Naples et Palerme. Ces lieux se prêtent spécialement à une étude du multilinguisme du point de vue linguistique, littéraire et historique, pour des raisons qui tiennent à leur situation géographique, à leur importance marchande ou culturelle, à leur personnalité politique, à leur diversité institutionnelle, bref, aux spécificités de leur histoire. A cet égard, ce volume de la série De lingua et linguis dédié à la ville comme espace de communication illustre de manière significative les dynamiques de ces situations linguistiques au début de l'Epoque Moderne.
    Mehrsprachigkeit in ihren verschiedenen Ausprägungen individuell (Plurilinguismus) oder gesellschaftlich (Multilinguismus) bedingt, institutionell verankert oder spontan praktiziert ist nicht nur ein Phänomen heutiger Gesellschaften, sondern war auch in früheren Zeiten Alltag. Städte spielten dabei stets eine wichtige Rolle für die Praxen der Koexistenz, für das Miteinander, Nebeneinander aber auch Gegeneinander von Sprachen. Der Band will Formen von sprachlicher Pluralität in der Frühen Neuzeit in fünf europäischen Städten: Antwerpen, Hamburg, Mailand, Neapel und Palermo darstellen. Orte, die aufgrund der geographischen Lage, merkantilen oder kulturellen Bedeutung, politischen Prägung, institutionellen Vielfalt, Bevlkerungsstruktur, kurz: ihrer spezifischen Geschichte für eine sprach-, literatur- und kulturhistorische Untersuchung von Mehrsprachigkeit besonders geeignet sind. Insofern kann dieser Band der Reihe De lingua et linguis zur Stadt als Kommunikationsraum die Dynamiken dieser Sprachsituationen in der Frühen Neuzeit aufzeigen.

  • Le siècle de l'humanisme, le xvie siècle, est celui du développement des études hébraïques dans plusieurs pays d'Europe occidentale, en dehors même des communautés juives. Stimulés par les progrès faits en Allemagne, en Italie ou en Espagne (Johannes Reuchlin, Agostino Giustiniani, Agazio Guidacerio jouent un rôle fondamental à cet égard), plusieurs savants français se mettent à l'étude de l'hébreu ; leurs efforts sont concrétisés par la création des Lecteurs royaux (futur Collège de France), avec deux chaires d'hébreu et une chaire d'études orientales. Pendant tout le xvie siècle sont rédigés des instruments de travail : grammaires, alphabets, dictionnaires et, avec ou sans traduction latine (notamment à Paris et à Lyon), des textes bibliques et rabbiniques. Le recours aux commentaires en hébreu (Rashi, Abraham Ibn Ezra, David Qimi) apparaît alors indispensable aux yeux de nombreux exégètes chrétiens. La littérature kabbalistique est l'objet d'un engouement de la part de certains savants, attirés par les spéculations arithmologiques ou par un certain ésotérisme ; mais certains y voient également un moyen d'approfondir le message de l'Ancien Testament et d'asseoir certains dogmes du christianisme.
    Le présent ouvrage présente cette riche matière, en étudiant les moyens et les méthodes d'enseignement et de diffusion de l'hébreu et en examinant le travail des hébraïsants. Il convient de souligner l'influence, directe ou non, de ces études (en particulier kabbalistiques) sur la littérature française du xvie siècle.

  • Comme les deux précédents, le douzième volume des registres du Consistoire de Genève, qui comprend quasi toute l'année 1557, révèle la croissance soutenue du pouvoir de Calvin et du Consistoire. Ce volume plus long que les précédents signale d'emblée l'intensification des efforts disciplinaires de l'institution. Ce n'est qu'en 1556 que Calvin et les autres assistants reçoivent le droit de faire prêter serment aux témoins; l'année suivante, le Consistoire engage pour la première fois des poursuites pour faux témoignage. Le Consistoire continue à lutter contre la fainéantise et le vagabondage, alors que les autorités manifestent une inquiétude grandissante au sujet de la dissipation des biens. En parallèle, la paillardise demeure un des délits les plus souvent poursuivis. Calvin et ses collègues condamnent la violence conjugale, mais les hommes reconnus coupables ne reçoivent généralement que des remontrances. Le Consistoire jouit du droit exclusif d'excommunier, et ceux qui sont exclus de la Cène doivent demander leur réadmission à la communion dans l'intervalle d'une année sous peine d'être bannis.

  • L'année 1542 est marquée par l'inquiétude. L'avenir des relations entre Genève et Berne est incertain à la suite du refus de la seconde de ratifier le Départ de Bâle, négocié l'année précédente pour tenter de mettre fin à leur différend au sujet des terres de Saint-Victor et Chapitre. Si les pourparlers reprennent, l'année se termine sans avancée significative. La reprise des hostilités entre François Ier et Charles Quint voit le passage de milliers de soldats à travers la ville. Dans ce contexte, Genève continue à se fortifier, ce qui grève lourdement les finances publiques. Autre menace à frapper la ville, la peste se déclare en septembre. La peur de la contagion s'installe ; l'accès à la ville est restreint et des mesures d'hygiène sont imposées. En matière de politique intérieure, l'Edit du lieutenant, réglementant la justice, est adopté en Conseil général et le Consistoire, organe destiné à veiller au maintien de l'orthodoxie et à lutter contre les délits envers la foi, est mis en place.,

  • Pedro López de Ayala (1331-1407) mit à profit les loisirs forcés d'une captivité au Portugal qui dura deux années (1385-1387) pour rédiger ce traité de fauconnerie qui n'a cessé depuis de faire autorité en Castille. Initié à cette activité dès sa jeunesse, il eut l'occasion d'enrichir ses connaissances au gré des voyages qu'il effectua comme diplomate dans les royaumes voisins. Il réunit dans son traité tout ce savoir accumulé et l'expose méthodiquement à l'intention de futurs praticiens, en l'illustrant de nombreux souvenirs personnels. Il conseille le moyen de choisir les meilleurs sujets, décrit en détail les étapes de l'affaitage et propose une information très complète sur les maladies ou les accidents dont les oiseaux peuvent être victimes et le meilleur moyen de les soigner, en s'inspirant d'un traité rédigé peu d'années auparavant par Pero Menino, fauconnier du roi du Portugal Ferdinand Ier. C'est la première fois que ce traité est traduit en français.

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