Mjw

  • Quinze auteurs s'intéressent au regard qu'on peut porter sur le comportement de l'Homme. Issus de disciplines variées telles que la psychologie, la psychiatrie, la philosophie, l'anthropologie, ils se posent la question fondamentale des possibilités d'adaptation de l'être humain à son environnement. Cette recherche de compréhension est inspirée par des sources insolites telles que l'étude des conduites animales et leurs analogies avec le comportement humain, les perspectives évolutionnistes, la rencontre clinique ainsi que la confrontation à la psychopathologie. Par adaptation, l'on entendra un processus continu dans lequel s'inscrit chaque être vivant, et auquel participe tout acte, volontaire ou non. Celle-ci nous offre un angle de vue idéal pour identifier la logique structurelle sous-tendant le fonctionnement psychique de l'individu. L'adaptation repose sur un double mouvement, celui de la conformité aux contraintes de la vie quotidienne et celui de la créativité offrant la possibilité d'agir sur l'environnement. Ce subtil équilibre équivaut à la santé mentale, il est inhérent à la vie. Il ne faut donc pas poser la question " S'adapte-t'on ? ", mais plutôt " Comment s'adapte-t'on ? ". Le savoir qui s'esquisse au travers de cet essai participe à la construction d'une anthropologie. Celle-ci a pour objectif d'éclairer le praticien en sciences humaines, de susciter la réflexion épistémique du chercheur, mais également de fournir des matériaux utiles à l'avancement de la connaissance en matière d'adaptation. Jérôme ENGLEBERT est Docteur en psychologie, psychologue clinicien à l'établissement de Défense Sociale de Paifve (Belgique), et Maître de conférences à l'Université de Liège. Il y enseigne différents cours de psychopathologie et de psychologie clinique. Ses travaux portent sur le champ de la phénoménologie clinique. Il a notamment publié Psychopathologie de l'homme en situation (Hermann, 2013) et la réédition, en collaboration avec Valérie Follet, du livre d'Albert Demaret Éthologie et psychiatrie (Mardaga, 2014).

  • La maîtrise de la langue française est une préoccupation datant de plusieurs décennies, mais elle ne semble plus viser le même public et le même contexte. Aujourd'hui, la maîtrise de la langue française se présente comme un problème dans un environnement de bilinguisme et de plurilinguisme. La cohabitation de langues et de cultures semble interférer avec la langue du pays, le français. Différentes recherches sont présentées ici pour faire le point sur l'origine de la langue française, la tradition de la dictée en français, le caractère diplomatique du français, l'apprentissage de la langue en milieu scolaire auprès des enfants ou de ceux qui sont en « vulnérabilité linguistique », la survivance d'une langue abandonnée, la rivalité entre langues, la transmission ou non d'une langue, la spontanéité de se saisir d'une langue, le caractère oral et écrit d'une langue, et le potentiel de communication et d'intégration par rapport à sa propre identité dans la pratique des langues. Tous ces aspects laissés de côté quant à la maîtrise de la langue française jouent pourtant un rôle important dans l'envie de s'exprimer en français et de l'écrire. Ceux-ci sont examinés d'un point de vue psychologique en se plaçant du côté de ceux qui sont réellement concernés et en cherchant à éclairer certains préjugés et malentendus au sujet de la langue française et du concept de maîtrise d'une langue.

  • Bilinguisme et psychopathologie

    Collectif

    • Mjw
    • 12 Avril 2010

    Chacun pense le bilinguisme à l'aune de sa propre expérience.
    En effet, ce phénomène nous concerne tous d'une manière ou d'une autre, directement ou non puisque notre société se trouve de plus en plus multiculturelle. Or, loin de se réduire à une activité de traduction, tout bilinguisme se nourrit d'une dimension vécue, aspect souvent négligé et ayant échappé jusqu'à présent à la recherche. Ainsi la prouesse linguistique consistant à maîtriser plusieurs langues est certes une affaire d'apprentissage et de mémoire, mais elle est bien plus encore liée à l'intelligence du domaine affectif.
    Le bilinguisme vécu est une extraordinaire source d'enseignement et qui fait appel à des capacités dont on ne parle pas. Il faut vivre une langue et la faire vivre pour faire vibrer la culture et l'histoire que chacun porte en soi - à commencer par celle que véhicule la première langue apprise. L'intérêt du bilinguisme se trouve du côté du langage et de la communication. La subjectivité de cette expérience et le côté verbal ont été spécialement étudiés par les auteurs, tous spécialistes en psychopathologie (psychologue, psychothérapeute, psychanalyste, psychiatre).
    Ils s'intéressent à ce que la clinique du bilinguisme nous apprend de nouveau dans différents domaines : relationnel, familial, scolaire, linguistique et juridique. Le lecteur verra se dessiner un fil rouge à travers les contributions s'élaborant autour du désir et du fantasme inhérent au langage et à la partie rêvée d'une langue. Cet ouvrage est le premier d'une série rédigée par une équipe de recherche internationale qui s'est constituée depuis une dizaine d'années.

  • Prendre en compte le monde vécu du patient, partager son monde devenu notre monde et l'y accompagner dans l'aventure psychothérapique a partir d'une herméneutique de Ia clinique du Lebenswelt prend le sens dune véritable éthique d'être avec I'autre. le concept husserlien de LeensweIt peut se traduire par monde de la vie ou monde vécu: il est au centre des travaux du grand psychiatre phénoménologue marseillais A. Tatossian. Neuf de ses articles, pour la plupart inédits ou restés très confidentiels, paraissent enfin dons la première partie de ce livre. Le lecteur découvrira des études approfondies de la phénoménologie du corps, de la clinique de la dépression, de la schizophrénie et du temps humain, mais aussi une réflexion de fond sur la clinique, sur les rapports entre symptômes et phénomènes, sur l'inconscient et sur l'apport de la phénoménologie a la psychiatrie. La seconde partie du livre expose la relecture personnelle que fait V. Moreira de Tatossian, de Merleau-Ponty et des grands psychiatres phénoménologues européens dans une optique clairement affirmée de pratique psychothérapique. Grâce a elle, grâce a ses livres, a ses traductions et diffusions au Brésil des travaux de Tatossian, de nouvelles orientations de recherches théoriques et cliniques en psychopathologie morphophonologique ont vu le jour au Laboratorio de Psicopatologia e Clinica Humanista Fenamenolégica (APHETO) qu'elle dirige a l'Université de Fortaleza De son point de vue d'Outre-Atlantique, V. Moretra réinterroge la psychiatrie phénoménologique européenne dans son histoire et son implication dans I pratique psychothérapique Pour t'aider a creuser certaines problématiques, elle a su de plus mobiliser des élèves, des collègues, des amis, tels I Telles et la notion de Iiberté chez Merleau Panty, E Leite et la dépression, J. Pita et le délire, J. Chamond et la névrose obsessionnelle, L. Bloc et la question de l'articulation entre théorie et pratiques. A la fois clair, rigoureux, didactique et original, cet ouvrage s'adresse aux étudiants débutants comme aux chercheurs confirmes, aux philosophes curieux de la clinique psychiatrique comme aussi aux psychothérapeutes soucieux de trouver un fondement théorique solide et valide a une pratique clinique qui ne se satisfait pas des impasses actuelles de la psychologie positive ou des incantations du New Age.

  • Le psychologue clinicien rencontre un réel défi face aux patients touchés par l'exclusion et la précarité. Celles-ci touchent à plusieurs sphères : économique, politique, sociale, juridique et psychopathologique. Le travail dit «de terrain» montre que les exclus ne constituent pas une catégorie homogène. Si l'homogénéité est une fiction ou une généralisation réductrice des singularités, il n'en demeure pas moins que le discours normatif les inclut dans le fait même de les exclure. La fracture du lien social rappelle douloureusement la définition même de l'exclusion : «interdire l'accès en fermant pour ainsi dire; retrancher, renvoyer quelqu'un d'un corps, d'une assemblée, mettre hors, ôter l'accès, le droit de, empêcher» (Le Littré). Justement M. Foucault a pointé le fait que cette volonté d'empêcher l'accès à ..., de mettre hors de...- allait de pair avec « les dispositifs do normalisation ». Ceux-ci ont pour effet de marginaliser des parties de la société et de les précariser. A tel point que ces trois notions (exclusion, précarité, marginalisation) restent intimement liées. On porte de plus en plus de la fracture du lien, de la béance des dissociations et des fragmentations de la dynamique sociale, de l'adversité socio-économique qui accroît le malaise non seulement de l'individu mais des secteurs sociaux et sanitaires qui se trouvent menacés dans l'exercice de leurs missions de soins. Dans le champ de la clinique, on réfléchit sur le préjudice, le trauma et l'effet de l'exclusion sur la subjectivité du sujet, son narcissisme et son économie libidinale (sentiment de honte, solitude, perte de repères ... ). Ainsi, le clinicien exerce sur une ligne de crête, lorsque le malaise social rencontre les processus intégratifs du sujet, ou lorsque la précarité sociale achoppe sur des problématiques psychopathologiques telles que: traumatisme, expériences agonistiques, dépression, etc. On peut se demander comment le clinicien peut-il travailler convenablement lorsque le manque à avoir achoppe sur le manque à être, lorsque le désastre social confronte à la blessure narcissique, lorsque les failles subjectives butent sur l'auto-conservatif.

  • éthique du désir

    ,

    • Mjw
    • 24 Février 2020

    L'évolution des moeurs désignée par révolution sexuelle ou libération sexuelle, postérieure à Freud et, dans sa première phase, contemporaine de Lacan, n'a fait que souligner ce que la psychanalyse a toujours avancé comme son concept fondamental : seule la jouissance incestueuse avec la mère (et avec le père par transfert) était interdite. Connue par le petit enfant dès qu'il prend la parole, elle prolonge la jouissance de la Chose radicalement perdue, la toute première jouissance de l'infans, ce prématuré qui ne parle pas. Cette place dans la chronologie donne à l'inceste son caractère particulièrement déstructurant qui le fait rejeter. Jouissance et plaisir sexuel ne sont donc pas à confondre. Si la prospérité économique, les progrès de la biologie, ainsi qu'une plus grande permissivité de la société, facilitent celui-ci, la jouissance absolue est, aujourd'hui, comme hier et aussi bien demain, impossible. Nous vivons une évolution des moeurs, nullement une nouvelle économie psychique ou une nouvelle éthique. Les mots de la sexualité sont devenus courants mais on ne sait toujours pas nommer la Chose, vide de non-dit, zone de silence. Cet ouvrage renouvelle l'abord de la Chose et montre comment le langage a transformé un vide en manque phallique, avec la production de beaucoup de leurres censés le combler. Il est proposé une éthique de la psychanalyse, hors toute psychologie des foules, fondée sur la contingence d'un désir, rejeton du vide de la Chose, qui a donc en lui-même sa propre cause. La fin de la cure y trouve un nouvel éclairage.

  • L'usage de la honte en éducation fait plus souvent polémique que débat. L'objectif des auteurs de cet ouvrage est de réfléchir sur ce sujet, sans souci guerrier particulier, mais afin de proposer une ou des réponse(s) raisonnable(s) sur la question. La polémique, selon eux, vient du fait que ce thème est souvent envisagé sous l'angle de la posture et rarement sous celui de l'analyse. Il est ainsi laissé dans l'obscurité et la confusion. Les distinctions nécessaires ne sont dès lors pas assez opérées - et ce notamment - entre honte et humiliation, humiliation et rappel de l'humilité. Or cette obscurité favorise une humiliation qui s'oppose par nature à l'acte d'éduquer qui est souvent rappel à l'homme de ses limites et retour à plus d'humilité. Comment faire lorsque l'on a soi-même - comme tout homme limité en son essence - à travailler sur ce sujet et qui peut prétendre donner des leçons à autrui dans ce domaine ? L'acte d'éduquer implique donc une profonde humilité de la part de celui qui l'exécute mais il ne doit pas être abandonné, par crainte de faire honte, car notre premier devoir est de nous élever et d'accompagner celui qui souhaite grandir. Alors comment faire pour demeurer humble tout en aidant autrui à retrouver cette humilité mais sans pour autant l'humilier ? C'est une des problématiques que pose le rapport qui se noue secrètement entre honte et éducation et qui doit être approfondi et creusé. Pour tenter d'y parvenir, sont ainsi réunis, dans ce recueil, les réflexions de philosophes, pédagogues, éthiciens, juristes et psychanalystes qui revisitent la question de manière pluridisciplinaire. En effet, nous ne sortirons pas des difficultés qui sont les nôtres si nous ne croisons pas nos regards sur ce sujet et si notamment nous ne formons pas les enseignants et les futurs enseignants sur celui-ci. Nul ne peut en effet, selon les auteurs de cet ouvrage, faire oeuvre pédagogique sans souci éthique mais nul ne peut être dans l'éthique s'il souffre trop profondément. Or la honte est, avant tout, une souffrance qui paralyse l'être et le détruit peu à peu s'il n'y prend garde. Il en est de même de l'immodestie et de l'impudence qui sont les traits caractéristiques de tous les tyrans.

  • L'ouvrage s'adresse aussi bien à ceux qui sont concernés eux-mêmes (ou dans leur famille) par le sujet que ceux qui travaillent auprès d'enfants, d'adolescents ou d'adultes comme professeur, éducateur ou comme soignant. Les auteurs sont des chercheurs composée de psychologues cliniciens, psychothérapeutes/psychanalystes et psychiatres plurilingues qui font ici part de leur expérience sur le terrain clinique avec les patients ou les élèves pour expliquer comment ils vivent leur intelligence ou leur bilinguisme/plurilinguisme. Le cadre d'observation se situe donc dans le soin. Cela ne voudra pas dire que ces phénomènes sont à soigner de manière générale, mais qu'ils peuvent donner des renseignements précieux sur les caractéristiques de la souffrance psychique chez une personne. Ces champs d'investigations volontairement inattendus rendent compte d'une autre manière comment l'intelligence ou la capacité pour les langues est vécue par une personne et éclairent ceux qui en sont directement concernés. Cette équipe a investi la recherche sur le bilinguisme depuis plusieurs années. Suite à la demande récurrente « quel est le rapport entre le bilinguisme et l'intelligence ? », cet ouvrage propose de répondre à cette question et d'ouvrir à une réactualisation de la conception de l'intelligence.

empty