Sens Et Tonka

  • L'activité éditoriale de L'Ivre de Pierres se poursuivit après la publication du dernier tome, le n° 4 en 1983, avec le projet d'un tome 5 conçu en partie, exposé aussi, mais non édité et ceci avant l'idée des Vaisseaux de Pierres, cette nouvelle collection où les projets ne se limiteraient plus à une domiciliation parisienne, mais se déplaceraient dans d'autres villes comme Rome ou Barcelone pour les deux premiers.
    Le sommaire du tome 5, conçu de 1982 à 1988, tourna essentiellement autour de l'Opéra Bastille et de la fameuse place qui le précède, après ce désastreux concours international d'architecture Opéra Bastille en 1983, où il fallait faire une proposition pour l'opéra seul en faisant abstraction de la place, sous prétexte que le terrain de l'ancienne gare était géré par l'État mitterrandien de gauche (or- ganisateur du concours) et que la place était sous l'autorité de la mairie de Paris, politiquement à droite. Et en plus le jugement se fit sur une axonométrie aérienne inadéquate mais obligatoire et qui privilégia les vues de toiture et non pas la vue depuis la ville, c'est-à-dire la place.
    Les projets n'ayant pas été précédés de mises en page en vue d'une narration imprimée, nous ne fournirons qu'une présentation archéologique des documents en notre possession, donc essentiellement des dessins sans textes ni commentaires.

  • Au cours des ans les textes se créaient au fur et à mesure des projets, des dessins. Ils les accom- pagnaient ou les distanciaient. Petit à petit ceux-ci constituèrent une philosophie de L'Ivre de pierres et de Vaisseau de pierres, une philosophie poétique à la façon de Gaston Bachelard une considération de la matière comme pensée. Cela nous change des chants idéologiques des modes et tendances qui occultent l'imagination ? ainsi ce sont plus des écrits que des thèses.

  • La politique culturelle française, telle qu'elle s'annonce à partir des années 1980, s'invente autour de mots d'ordre emblématiques d'une vision renouvelée de l'action publique.
    Quatre foyers thématiques déclinent ces mots d'ordre et constituent, en quatre opus, l'architecture de culture publique : " l'imagination au pouvoir ", les visibles manifestes, la modernisation de l'action publique, la culture en partage. comment entendre rétrospectivement ces formules-étendards, comment éprouver leur traduction en actes et envisager les perspectives qu'elles dessinent encore ? telles sont les questions discutées, dans chacun des quatre opus, à travers un recueil de sources et de contributions sollicitées auprès de divers témoins et acteurs de l'aventure culturelle française.
    Cette veille active de la mémoire semble en effet indispensable à l'exigence du renouvellement de la pensée d'une " culture publique " qui puisse faire face à un certain nombre de délitements contemporains. quel visage se donne la politique culturelle à ciel ouvert sur l'ensemble du territoire ? quelles figures emblématiques, quels masques ? que démontre le déploiement de l'action culturelle dans l'ordre du visible ? érections architecturales, foisonnement d'oeuvres d'art public et fêtes de la culture sont autant d'éléments qui participent d'un spectacle orchestré au nom de la politique culturelle rénovée.
    Faut-il y voir l'incarnation d'un vitalisme culturel retrouvé ? faut-il y deviner la perpétuation de l'état spectacle sous les oripeaux de la modernité ?.

  • Les l'ivre de pierres et vaisseau de pierres ; coffret Nouv.

    Coffret qui regroupe trois volumes sur et de L'Ivre de pierres (revue d'architecture), avec Vaisseau de pierres (revue de l'urbain). Architecture de la ville, d'architecture narrative, d'architecture à rêver pour plus d'exigence sur l'architecture telle qu'elle nous est proposée, une pensée critique dessinée et écrite.

  • Au milieu de la Seconde Guerre mondiale, dans une détresse fondamentale, et un désir de repenser la modernité à l'aune même de la catastrophe en cours, Adorno et Horkheimer écrivent la Dialectique de la raison. Texte qui tente de penser les démons modernes à l'intérieur même du mouvement d'émancipation qu'ont représenté la modernité, les Lumières, le déploiement de la raison.
    Notre époque actuelle, on le voit bien, est loin d'être étrangère à ce type de problèmes. Aux désirs régressifs d'en finir avec la raison comme à ceux de lui donner tous les pouvoirs. Aux cultes des « chefs » comme à ceux des « experts ». Aux colères qui veulent tout casser comme aux certitudes sereines que tout ne va pas si mal et qu'il faut être « raisonnable ».
    Nous essaierons d'être « le guetteur des régressions de la raison et de ses retournements en mythologie » (Miguel Abensour) et, autant que possible, le capteur, aujourd'hui, de certaines dominations enfouies ou banalisées, et de quelques ouvertures utopiques oubliées ou ignorées.

  • C'est Miguel Abensour qui a eu l'idée de cette revue, Prismes (clin d'oeil au titre d'un ouvrage d'Adorno). Éditeur de tant de textes de la Théorie critique dans sa collection « Critique de la politique ». Il était véritablement la figure française qui faisait vivre ce courant de pensée. Il était soucieux de penser les visages multiples de la domination dans la société, mais aussi les brèches, les percées utopiques possibles, dans lesquelles se jouait la question politique, se reposant sur la première génération des penseurs qui ont créé le mouvement de pensée : Théorie critique.

  • Ce projet d'édition souhaite dessiner de nouveaux rapports entre le fait politique et le fait culturel et coordonner l'étude des fonds nouvellement disponibles (notamment à l'Institut Mémoires de l'Édition Contemporaine / IMEC) aux mémoires déjà existantes (Bibliothèque Nationale, Archives Nationales, Comité histoire, INA...). La question des politiques culturelles est en effet un leitmotiv de la vie publique et intellectuelle française, comme le démontre régulièrement le débat sur "l'exception culturelle". L'étude de la contextualisation politique et intellectuelle de ces initiatives dessinera une "Culture Publique", interrogeant la dynamique de l'action publique : il s'agit à la fois de revisiter les vingt-cinq dernières années de politiques culturelles en France, et d'en faire une question vivante, active, au plus près de nos préoccupations actuelles.
    /> Cette édition cherchera à construire une "ressource argumentée" dans laquelle les motifs intellectuels, artistiques, c'est-à-dire aussi politiques, des formes contemporaines (souvent complexes) dessineront à leur façon une histoire de l'art contemporain, l'articulant étroitement à l'histoire des décisions qui ont présidé à l'émergence de certaines structures de financements (institutions, décentralisation, déconcentration...).

  • En 1981, les nouveaux acteurs du pouvoir diagnostiquent la sclérose de l'action publique en matière culturelle. Celle-ci est alors comprise comme la conséquence et d'une tradition d'aveuglement à l'égard des avant-gardes caractéristique de la sacro-sainte administration des beaux-arts et de l'inertie de l'appareil, lourdement administratif et passablement jacobin. Alors que se constituent les cadres de la politique culturelle contemporaine, la rupture se veut catégorielle et administrative...

  • Comment adresser l'art ? Car derrière la démocratisation culturelle, c'est bien de l'art dont il faut assurer la transmission et la circulation. L'art est-il soluble dans les milieux, dans les médiums de cette circulation ? Doit-il leur résister pour produire ses effets et assurer son pouvoir de construction des citoyens en communauté ? Comment lutter contre les effets de la logique de massification ? Quels abris inventer pour ses formes, pour leur propagation large et leur légitimation par les instances représentatives de la communauté oe

  • Yves Stourdzé, par...

    Collectif

    Philosophe et sociologue, il consacra son attention et ses études à révéler l'importance de l'organisation dans l'économie et dans celle, émergente, des nouvelles technologies, notamment celles qui permettaient la disparition de l'asservissement des Hommes, amélioraient la qualité des produits, donc, en d'autres termes, sur tout ce qui peut améliorer la liberté et l'intelligence humaine.
    Il a traversé l'histoire, et ses moments aigus, comme un météore.
    Brève existence, donc, mais pas chômée : impliqué dans les mouvements étudiants, fortement engagé dans les événements de 1968, il n'économisait pas la tâche de l'étude, gros lecteur et goûteur de chemins inusités, il pratiqua assidument la lecture directe et complète des textes « originaux », découvrant ainsi une théorie et une politique « d'en dessous », ignorées ou niées.
    Il mit la même importance à être, avec la même qualité et la même exigence intellectuelle, à la fois analyste et acteur de son temps, où l'analyse menait l'action et l'action formait, fabriquait l'analyse dans le pur domaine de l'abstraction projective.
    Corrompant l'écriture théorique afin d'évoquer les conceptions les plus inouïes, il y a du Thomas More dans ses exposés.
    Chantre de la « dérégularisation », qu'il estimait nécessaire dans le domaine des nouvelles technologies, il se l'appliqua dans le domaine politique. Il comprit très rapidement, et très radicalement, qu'il fallait donner une chance aux utopies qui ouvraient et à la réalisation des espoirs de liberté, à la disparition des contraintes (dont le travail aliénant), et à l'exploration d'étendues inconnues - qu'il sait inquiétantes mais inévitables.
    Ce fut, bien armé d'un sérieux bagage théorique et politique, qu'assez naturellement il participa à ce que l'on appellera l'espoir ouvert par le premier septennat de François Mitterrand, il mit à profit la chance qui s'ouvrait devant lui. Il s'éteignit en même temps que l'espoir.
    Il inventa un style d'expression dans différents niveaux d'expression : théorie, rapports, enseignements, articles - ce qui laissa parfois interdit.
    Il inventa un mode de gouvernement dans un service d'État, suppression de la pyramide au profit de la nappe (ou réseau) surgissante.
    Il a beaucoup séduit par une parole libre, par une pertinence brûlante et, aussi, par une alacrité de ses analyses, par la fermeté de ses engagements et par la puissance de son action - tout autant dans les domaines pratiques qu'intellectuels.
    Ce livre n'est ni un hommage ni une commémoration, mais une volonté de plonger dans sa démarche, dans les analyses qu'elle produisit, impulsées par lui mais au-delà de lui, afin de nous demander si cela nous concerne encore et si elles peuvent être une source de réflexions débouchant sur de nouveaux projets, sur de nouvelles actions, sur une nouvelle généalogie du passé récent et de ses conséquences restées jusqu'à ces jours incomprises.
    Yves Stourdzé laisse une oeuvre interrogative que nous n'avons pas (encore) épuisée. Il voulait l'ouverture à toutes les aventures humaines, eh bien ouvrons là !

  • Par la multiplicité des champs explorés et l'ampleur de ses déplacements, l'oeuvre de lyotard reste d'un usage malaise.
    Sa pensée est trop souvent confondue avec celle de ses voisins de "la pensée française", deleuze et derrida, ou réduite a une acception sommaire de l'un de ses concepts marquants: le "postmoderne". on oublie ainsi l'enjeu singulier de cette réflexion, aux prises avec la décision qu'exigent le jugement d'une part et l'intensité anonyme ou se donne "l'événement" d'autre part. dix ans après la mort de lyotard, il nous manque une compréhension plus ample de la voix qui fut la sienne dans les débats philosophiques de la fin du siècle dernier.
    Les textes de ce volume ouvrent la boîte des "transormateurs lyotard", ils expérimentent la puissance opératoire de cette pensée.

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