Sindbad

  • Il s'agit ici de la traduction de trois poèmes préislamiques, trois questions qui nous mènent de l'histoire même de la poésie arabe préislamique à son interprétation, anthropologique ou mythologique. Le cédrat, c'est le fruit à l'odeur pénétrante, métaphore de la femme en son palanquin, qu'Alqama b. 'Abada évoque dans son poème en mîm ; la jument, c'est la monture de l'aïeul que Khidash ibn Zuhayr invoque dans sa Mujamhara comme le symbole de la foi jurée ; la goule, c'est le cryptide associé à Ta'abbata Sharran, qui, dans un poème en lâm, raconte l'avoir rencontrée et tuée.

  • Karagueuz et Hacivat sont les deux compères les plus célèbres de la culture populaire turque et moyen-orientale. Inspirés de deux maçons qui auraient vécu au XIVe siècle dans la ville de Bursa, ils incarnent par leurs querelles, la vivacité et l'humour souvent grivois de leurs échanges, tout le pétillant de la vie de quartier d'Istanbul à l'époque ottomane. Choisis dans ce répertoire classique qui n'avait jamais été traduit en français, les trois pièces qui composent ce livre n'ont pas pris une ride. Une lecture réjouissante en ces temps de fanatisme confessionnel et de bigoterie.

  • De la fin du VIIIe siècle à la moitié du Xe siècle, Bagdad concentre les forces littéraires arabes et les porte à maturité. Une longue tradition poétique s'y recueille, y trouve sa formulation théorique et son illustration, cependant que des tendances plus modernistes travaillent le modèle classique. S'il est un Siècle d'or des lettres arabes, c'est en ce lieu et en ce temps qu'il s'épanouit. Pour donner un aperçu significatif de ce corpus foisonnant, les auteurs ont puisé largement dans l'oeuvre d' Abû Nuwâs, Abû Tammâm , Ibn ar-Rûmî et Ibn al Mu`tazz, quatre voix immédiatement reconnaissables par une liberté de ton et une maîtrise de haute volée. D'autres poètes d'importance (Bashshâr, Muslim, Al-Buhturî, Al-`Abbâs ibn al Ahnaf) fournissent un intéressant contrepoint aux genres amoureux, bachique, descriptif ou laudatif, lorsqu'ils n'illustrent pas avec vigueur le genre sapiential (Abû l-`Atâhiya). Si ces poètes sont peu connus en France car peu traduits, que dire d'autres figures de moindre envergure, situées en marge de l'histoire littéraire officielle ? Certains d'entre eux sont méconnus du public arabe lui-même, et pourtant, leurs accents satiriques, leurs vers pleins de dérision et de violence tranchent sur la poésie reconnue. Ces pièces populaires, taillées pour l'amusement et la délectation d'un large public, étonnent au milieu des draperies du grand style ; elles ne sont pas les moins proches de nous.

  • Mise sous tutelle égyptienne après la création, en 1948, de l'Etat d'Israël, la bande de Gaza a connu depuis lors une histoire mouvementée et souvent tragique.
    Occupée par l'armée israélienne au cours de la campagne du Sinaï en 1956, elle a été rétrocédée à l'Egypte puis réoccupée en juin 1967. Dans ce territoire minuscule de 360 km2, peuplé par un million et demi de personnes dont un nombre considérable de réfugiés, la résistance a toujours été acharnée, et la répression de l'occupant particulièrement dure. Après les accords d'Oslo en 1993 et l'installation de l'Autorité palestinienne, les événements qui se sont succédé - assassinats ciblés de dirigeants du Hamas par les services israéliens, désengagement unilatéral de l'armée israélienne, conflits politiques interpalestiniens et coup de force du Hamas en 2006, interventions militaires israéliennes de toutes sortes jusqu'à l'opération de grande envergure, en 2008-2009, baptisée "Plomb durci" ou "Coulée de plomb"-ont entraîné une détérioration encore plus dramatique que par le passé des conditions d'existence de la population.
    Ce livre documenté aux sources palestiniennes, israéliennes et américaines les plus fiables fournit une information précise sur cette vaste opération, notamment sur l'armement utilisé et sur les pertes subies en vies humaines et en biens. Deux chronologies détaillées de l'histoire de Gaza de 1948 jusqu'à nos jours, ainsi qu'un état des lieux sur les plans économique et social, en font le dossier le plus complet publié en français sur ce sujet.

  • La "guerre préventive" contre l'irak, dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001, est sans conteste l'un des faits les plus médiatisés de l'histoire de l'humanité.
    Jamais les préparatifs d'une guerre n'ont été aussi abondamment décrits et jamais son déroulement n'a été ainsi transmis en direct par le truchement de cohortes de journalistes. partout, les médias se sont ingéniés à relater dans ses moindres rebondissements le faux suspense diplomatique d'avant le 20 mars 2003, à spéculer longuement sur la probabilité et la date de déclenchement de l'intervention, à mobiliser une armada d'experts capables de disserter avec aplomb sur les armes de destruction massives irakiennes et les bunkers de saddam tout en n'en sachant rien ou presque.
    C'est pourquoi cette guerre offre un matériau inédit pour une analyse critique du comportement des médias dominants. les contestations de rue que la perspective puis le déclenchement de la guerre ont provoquées, les doutes et le déficit de légitimité entourant l'aventure états-unienne, le malaise des régimes arabes craignant une extension de l'ingérence des etats-unis dans leurs propres territoires, les critiques émanant de certains gouvernements européens ont placé le champ médiatique face à un conflit qui résiste fortement à la simplification.
    A travers six contributions, oú les auteurs décrivent en fait six guerres différentes vues de six postes d'observation distincts (les etats-unis, la france, israël, la turquie, l'irak lui-même et la chaîne panarabe al jazira), le livre explore les modes de restitution des mots et des images de la guerre. il tente de resituer les médias dans le cadre des enjeux de pouvoir nationaux. il explicite leur rôle dans la mobilisation du consentement ou de l'opposition à la guerre.

  • Récits nomades - venus de l'inde ou de la perse ? - parcourant l'immense écharpe musulmane qui ceint le monde.
    Histoires de voyageurs audacieux, aventures épiques et amoureuses. récits toujours recommencés et dont la charge d'énigme, de désir et de merveilleux se renouvelle. texte capricieux, pour l'enchantement du lecteur : art du conte qu'illustre une vingtaine d'histoires extraites de manuscrits maghrébins et dont certaines se retrouvent dans les mille et une nuits.

  • La poésie arabe qui règne du vie au xiie siècle est bien plus qu'un genre littéraire : c'est le fleuron du génie arabe, c'est "la mine de la science des arabes, le livre de leur sagesse, les archives de leur histoire, le trésor de leurs grandes journées", selon les termes du savant ibn qutayba au ixe siècle.
    Mais ce trésor reste mal connu. quel amateur français pourrait citer les al-mutanabbî, ibn ar-rûmî, abû tammâm, ces géants de la poésie arabe, dont presque aucun vers n'a été traduit dans notre langue ? cette anthologie rend compte des différents genres et des principales phases de la poésie arabe classique. les sujets et les registres y varient de page en page. de l'arabie préislamique aux cours omeyades de damas, des califats abbassides de bagdad jusqu'aux royaumes andalous, ce recueil convie le lecteur à une promenade à travers cinq siècles et vingt-quatre poètes.
    Les traducteurs ont recouru à la versification classique française afin de restituer le mouvement poétique original, son souffle ample et réglé, ses ramifications musicales.

  • Francesco gabrieli a non seulement rassemblé des textes traduits en français par les orientalistes du xixe siècle, mais également des textes arabes publiés mais non traduits, et des textes manuscrits inédits à ce jour.
    Epopées, chroniques, portraits, tous les genres se succèdent afin d'éclairer les événements majeurs : siège de tyr, prise et reconquête de jérusalem, chute de damiette, bataille de tibériade, rencontres sous les murs d'acre, sans oublier de longues années de paix armée, d'interminables négociations. sont aussi précisés les grands profils : baudouin ii, saladin, nûr ad-dîn zinkî, saint louis, coeur de lion, les templiers, frédéric barberousse, baïbars.
    Par la richesse de la matière, l'abondance des précisions, l'historiographie arabe des croisades soutient la comparaison avec celle des chrétiens du moyen age. mais on y voit se renverser notre échelle des valeurs.

empty