Wou-Ki Zao

  • " Montrer en dissimulant, briser et faire trembler la ligne directe, tracer, en musant, les détours de la promenade et les pattes de mouche du pinceau rêveur, voilà ce qu'aime Zao Wou-Ki, et, tout à coup, avec le même air de fête qui anime campagnes et villages chinois, le tableau apparaît, frémissant joyeusement et un peu drôle dans un verger de signes. "
    Voici ce qu'écrivait Michaux à l'époque, lorsqu'il découvrit le travail de ce tout jeune Chinois fraîchement arrivé en France et qui allait devenir son grand ami.
    Si ses vastes toiles très colorées représentent l'aspect le mieux connu de l'oeuvre de Zao Wou-ki, ces carnets inédits en révèlent en effet une facette bien plus intimiste et méconnue. Dessinés à une époque charnière de sa vie, dans la période qui a immédiatement suivi son arrivée en Europe, ces paysages, ces végétaux, ces architectures délicates et comme suspendues émanent d'un tout jeune artiste en mouvement, entre Asie et Europe, entre figuration et abstraction, qui pose sur le papier les premiers jalons de son oeuvre encore à naître.

  • Les oeuvres peintes par Zao Wou-Ki au cours des années 2000 feront de l'automne 2012 à l'été 2013 l'objet de trois expositions aux musées des beaux-arts de Rouen (octobre 2012 à mars 2013), d'Orléans (juin à décembre 2013) et au Centre culturel de Chine à Paris (décembre 2012 à février 2013). Dix peintures sont confrontées à des aquarelles et des encres de Chine sur papier, part majeure de sa création récente et encore inédite. Ces oeuvres, pour la première fois exposées, montrent les nouvelles sources d'inspiration de Zao Wou-Ki ainsi que sa manière de travailler, hors de son atelier. Elles sont avant tout le témoin d'une envie de peindre et d'une technique toujours intactes, encore plus libres et audacieuses.

  • Le coffret est composé de 3 volumes de Zao Wou-Ki couvrant la période 1948-2010 :
    - Carnets de voyages 1948-1952.
    - L'Encre, l'eau, l'air, la couleur 1954-2007.
    - Dans l'ultime bonheur de peindre 2000-2010.

  • Zao Wou-Ki, peintre et graveur, est né le 1 er février 1920 à Pékin et mort le 9 avril 2013 à Nyon.

    « Peindre, peindre, - Toujours peindre - Encore peindre - Le mieux possible, le vide et le plein - Le léger et le dense - Le vivant et le souffle. » Événement - Zao Wou-Ki Paris, musée d'Art moderne de la Ville de Paris 1 er juin 2018 au 6 janvier 2019 L'oeuvre de Zao Wou-Ki est présente dans de nombreux musées français et étrangers, et particulièrement :
    - Paris, musée national d'Art moderne, Centre Pompidou - Paris, musée d'Art moderne de la Ville de Paris

  • Les huit encres créées par Zao Wou-Ki en 2006 ont été sources d'inspiration poétique pour Dominique de Villepin qui a composé ce recueil Mots cueillis dans un jardin d'amitié. Sa poésie nous transporte dans un jardin de souvenirs où les contrées chinoises se mêlent aux souvenirs de l'atelier parisien de l'artiste. Le recueil se compose de huit feuillets ouvrants présentant le face à face des poèmes bilingues français/chinois simplifié et des encres. Un texte en prose, hommage à Zao Wou-Ki, est illustré par dix-huit aquarelles datant de 1950 et tirées d'un carnet inédit. Ainsi qu'une biographie illustrée d'images d'archives. »

  • René Char, comme aucun autre poète au XXe siècle, a mené avec les peintres une exploration commune. Avec Lettera amorosa, Poésie/Gallimard a déjà porté témoignage de ce mouvement unique, maîtrisé, de création à deux. Avec L'Effilement du sac de jute, c'est une semblable alchimie qui est à l'oeuvre. Ce que souligne très précisément Dominique de Villepin dans sa préface : « Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir. Acte et surgissement dont témoigne cette oeuvre qui s'offre ici à nos mains. Prenons l'affirmation de René Char à la lettre. Ici, il n'y a pas d'un côté des poèmes, de l'autre des peintures. Il y a un poème. Un désir commun et partagé, une amitié d'esprit qui se serait, comme par accident, déposée sur ces pages. Il n'y a rien d'éparpillé, il n'y a pas d'encres coulées et bues par le papier épais. Il n'y a pas de créations en regard. Il n'y a qu'une seule chimère de formes et de sens agglomérés qu'il convient non de regarder, ni même de contempler, mais d'accueillir. Son être en effet l'attend. Dans la rencontre d'un autre désir demeuré désir, que le lecteur lui porte d'un oeil rond. Ici, le désir de peinture d'un poète a rencontré le désir de poème d'un peintre. Zao Wou-Ki et René Char s'y entretiennent. L'un et l'autre ont exprimé souvent ces quêtes complémentaires, René Char avec Georges Braque, avec Joan Miró, avec Giacometti, avec Vieira da Silva et Zao Wou-Ki avec Henri Michaux, avec Yves Bonnefoy, avec Roger Caillois, exemples parmi tant d'autres. Des étincelles splendides se sont constellées dès avant cette brassée de tisons éclatants ».

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  • Shanghai 1930, Zao Wou-Ki a neuf ans et déjà ses journées sont occupées par la lecture des livres de peinture de son père et de son grand-père. À 14 ans ce sera l'Institut des Beaux-arts de Hangzhou, pendant 6 ans apprendre tous les traités de peinture chinoise et recopier des tableaux. Et très vite, la volonté de défricher des terres vierges. À l'âge de 20 ans, en 1948, Zao Wou-Ki débarque à Paris. Henri Michaux, Soulages, Riopelle, Viera Da Silva, puis plus tard, François Cheng. Le premier retour en Chine après 24 ans d'absence, l'étrangeté des souvenirs qui refluent. Premier retour qui sera suivi d'autres en 1975, 1982, 1985. Comme autant de retours d'exil. Dans ce long entretien réalisé en juillet 2003, Zao Wou-Ki évoque avec Catherine Zittoun la Chine de son enfance, et les métamorphoses au fil du temps de cet immense pays. Peintre de l'infini et de l'essence des choses, de la colère et du sourire, mais aussi de l'exil et de la Chine, c'est, au fil de ce dialogue, un être toujours tourné vers l'avenir qui modestement nous parle des vibrations du monde et nous les donne à voir. Une trentaine de reproductions couleurs de son travail le plus récent accompagnent et ponctuent cet entretien.

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