Catastrophe / Guerre / Dictature

  • Le lambeau

    Philippe Lançon

    • Folio
    • 1 Janvier 2020

    Philippe Lançon était dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Sa mâchoire est emportée par les balles des frères Kouachi. La veille au soir, il assiste à la représentation de La Nuit des Rois de Shakespeare. Il a pris ses billets pour les Etats-Unis où il donnera des cours de littérature à Princeton et rejoindra sa nouvelle compagne. Le matin du 7 janvier, Houellebecq est interviewé sur France Inter pour la parution de Soumission ; Lançon, qui a écrit un papier élogieux dans Libé, écoute en faisant sa gymnastique sur un tapis qu'il a rapporté d'Irak en 1991, deux jours avant les bombardements américains. À la conférence de Charlie Hebdo, tout le monde parle de Houellebecq, puis des banlieues, quand les tueurs arrivent. Philippe Lançon ne cherche pas à expliquer l'attentat. Il écrit sans pathos, sans complaisance pour lui-même, ce qui n'empêche pas l'émotion et la profondeur (sur la mémoire, la perception d'une vie). L'avant et le pendant sont d'une très grande intensité, la scène de l'attaque est extrêmement saisissante. Dans ce livre de survie, Philippe Lançon s'attache à décrire sa vie qui bascule, lui qui, défiguré, reçoit « une blessure de guerre » dans un pays « en paix ». Il raconte ce jour où le temps s'est arrêté, les longs mois de convalescence et les dix-sept opérations qui lui ont permis de retrouver le bas de son visage, la reconstruction d'une vie sociale, professionnelle, à lui qui n'est désormais plus le même homme.

  • Moi, Marat, ex-commandant de l'armée Wagner : au coeur de l'armée de Vladimir Poutine, un témoignage Nouv.

    La raison principale de mon épuisement moral, c'était la conscience que mes camarades et moi combattions dans ce pays pour un gouvernement corrompu et détesté par ses propres citoyens, pour un peuple qui avait perdu son droit à la souveraineté, et que nous aidions une armée totalement inapte. J'avais besoin de savoir de quel côté je me battais et quelles valeurs je défendais.

  • Dieu était en vacances

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    • Grasset et fasquelle
    • 10 Novembre 2021

    « A Auschwitz, j'ai cherché ma mère partout dans le camp des femmes. Je demandais à toutes les Françaises. Je cherchais par date d'arrivée, j'allais voir dans les baraquements. Ma mère était très débrouillarde, très joyeuse. Elle avait une telle force de vie que j'étais certaine de la retrouver. Puis j'ai rencontré une femme qui se souvenait d'elle. C'est toi Julia ? m'a-t-elle demandé. Il paraît que ma mère parlait de moi sans arrêt.
    J'espérais que mon père, comme il savait travailler le cuir, serait employé dans un bon commando. Mais quelques jours après notre arrivée, je l'ai croisé sur le chantier du Revier, l'infirmerie des femmes. Il s'était porté volontaire parce qu'il voulait savoir ce qu'il était arrivé à sa femme. Qu'est-ce qu'on peut contre un grand amour ? C'est la dernière fois que je l'ai vu. On m'a dit qu'il avait été envoyé nettoyer le ghetto de Varsovie puis, avec tout son commando, assassiné.
    Au camp, pendant l'appel, on soufflait dans le dos de la femme devant nous et on frottait le tissu mince de sa robe. Celle qui était derrière nous faisait pareil. Quand on avait une journée sans travail, on s'asseyait par terre et on se racontait notre enfance. Et puis on chantait. ».

    Née à Paris en juin 1925, de parents polonais, Julia Wallach a quinze ans quand les Allemands entrent dans Paris, et dix-sept ans quand elle est arrêtée avec son père sur dénonciation d'une voisine, en 1943, puis déportés de Drancy vers Auschwitz-Birkenau... Julia connaît la faim, le froid, les coups, et la marche de la mort à travers la Pologne et l'Allemagne enneigées. Pendant quatre mois, sans plus rien à manger, ils avancent. En avril 1945, avec quelques femmes, Julia trouve encore la force de s'enfuir....
    Elle qui a survécu au typhus et aux sélections, aux coups, au froid et à la faim, aux deuils et au chagrin, va pas à pas, reconstruire sa vie, tomber amoureuse et fonder une famille dont les photos magnifiques ornent les murs de cet appartement qu'elle n'a jamais plus quitté. Son livre est le récit d'une longue marche vers la vie, ponctué d'éclats de rire et de colère, drapé, avec une élégance sans faille, dans la force de caractère qui n'a jamais cessé de l'animer.

  • Comment continuer à vivre lorsque son peuple est lentement effacé, damné parmi les damnés de la terre ? Toute sa vie, Mayyu Ali a dû se battre pour exister comme Rohingya, une minorité musulmane parmi les plus persécutées au monde, dont l'existence est purement et simplement déniée en Birmanie depuis 1982.
    Né en 1991, année où Aung San Suu Kyi reçoit le prix Nobel de la paix, il grandit à l'ouest de la Birmanie, à quelques kilomètres de la frontière bangladaise, dans une famille de pêcheurs. Régulièrement insulté et exclu, comme toute sa communauté, obligé de renoncer à devenir professeur, il se réfugie dans l'écriture et est aujourd'hui un poète reconnu. En août 2017, les militaires birmans attaquent son village et il voit ses voisins se faire égorger, les femmes sont violées, les enfants jetés dans les flammes. Comme 740 000 autres Rohingyas, il prend la fuite pour le Bangladesh voisin. Entassé dans un camp de fortune, sur des collines qui menacent de s'effondrer, Mayyu Ali assiste depuis deux ans au trafic d'êtres humains orchestré par des mafieux. Mais il est déterminé à agir pour son peuple et contribue à collecter les preuves de ce que la Cour pénale internationale pourrait bientôt qualifier de génocide.
    Par ce livre, il veut faire entendre les cris des enfants, des femmes, des hommes, pour que leur tragédie ne tombe jamais dans l'oubli : « En Birmanie, notre existence est niée. Ecrire mon parcours et celui des miens ancre à tout jamais nos vies dans l'histoire de l'humanité. »

  • Envers et contre tout : chronique illustrée de ma vie au Goulag

    Euphrosinia Kersnovskaïa

    • Christian bourgois
    • 28 Octobre 2021

    Alors qu'elle est à peine âgée de trente ans, Euphrosinia Kersnovskaïa voit l'URSS imposer le joug soviétique à la Bessarabie, où sa famille s'est installée après la révolution. Victime de la collectivisation, Euphrosinia perd tout. Très vite, elle est envoyée sur un chantier d'abattage de bois en Sibérie. Elle s'évade, erre des mois seule dans la taïga, puis finit par être arrêtée et condamnée à des années de camp - pour finalement travailler dans des mines de charbon. Une fois libre, elle produit cette oeuvre inouïe : un récit où le témoignage écrit cohabite avec des dessins réalisés sur des cahiers d'écolier - en illustrant elle-même son histoire, elle restitue dans les moindres détails les scènes dont elle a été témoin et auxquelles elle a participé.
    Sa destinée s'apparente à celle des plus grandes héroïnes de roman. On se demande avec stupéfaction comment autant d'épreuves et de malheurs peuvent tenir en une seule vie : Euphrosinia affronte les obstacles de sa vie d'un coeur pur et candide, faisant toujours passer les autres avant elle-même. Le dessin, qui aurait pu n'être pour elle qu'un simple passe-temps, devient entre ses mains la lance de Don Quichotte qui lui sert à pourfendre inlassablement le mal.
    Écrit à l'insu des autorités, Envers et contre tout est le récit d'un destin hors du commun. Un témoignage fort et inspirant, l'odyssée d'une irréductible qui constitue une source de joie profonde, un antidote aux compromissions et à la peur, au mensonge et à l'oubli.

  • Sylvie Zalamansky a tout juste cinq ans lorsque la Seconde Guerre mondiale est déclarée.

    Ses parents, tous les deux juifs, décident de quitter Paris afin de se réfugier dans la Drôme, en Zone libre. Son père se fera arrêter en 1943. Sylvie, sa mère et son frère vivront alors cachés, grâce à l'aide de personnes exceptionnelles, jusqu'à la Libération.

    Soixante-quinze ans plus tard, alors que les derniers survivants disparaissent, Sylvie a senti qu'elle devait prendre la parole et exposer ses blessures afin que cela ne se reproduise plus jamais.

  • Je reste un soldat

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    • City
    • 6 Avril 2022

    31 juillet 2017, au coeur du désert malien. Un véhicule blindé explose après avoir roulé sur un engin explosif. À son bord, le caporal-chef Manuel Cabrita est sauvé in extremis des flammes. Gravement blessé, il sortira de l'hôpital des mois plus tard, amputé du bras droit et de la jambe droite. Aujourd'hui grand blessé de guerre, Manuel témoigne au nom de tous les soldats français morts ou blessés au Mali. Il raconte son long parcours de reconstruction physique et psychique. Bien que profondément marqué, il ne regrette rien : s'il a failli perdre la vie, c'est pour assurer notre liberté de penser, notre mode de vie, ici, en France. De sa rencontre avec le Président de la République qui l'a emmené à la finale de la coupe du monde, jusqu'aux « premières fois » de sa nouvelle vie et les obstacles du quotidien, une chose est certaine : Manuel reste un soldat sur tous les fronts de la vie. L'un de ces soldats de l'ombre qui est aussi un héros du quotidien.
    Contre le terrorisme, au coeur des opérations militaires.

  • « Je suis médecin. Et je suis aussi militaire. Ne me demandez pas si je suis plus médecin ou plus militaire : ces deux états sont indissociables chez moi. Je suis médecin militaire. J'ai accompagné des soldats en opération à maintes reprises. J'ai vécu des situations de stress, parfois intenses, qui m'ont confronté, moi aussi, à de nombreuses questions personnelles. J'ai parfois, et je l'avoue sans honte, douté dans certaines situations complexes où tous les repères semblent s'effondrer. «Qu'est-ce que je fais ici ?», «Quel est le sens de mon engagement ?», «Et si je meurs demain ?», «Et ma famille ?» ».
    De cette réalité si particulière du médecin militaire, Nicolas Zeller parle librement. Cette dualité lui donne accès aux maux du corps autant qu'à ceux de l'âme. Avec les forces spéciales, il nous emmène côtoyer la violence et la guerre sur tous les théâtres des confl its actuels. Il nous plonge au coeur d'une réfl exion cruciale. Qu'est-ce qu'un soldat ?

  • L'indomptable : le destin d'une jeune Afghane

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    • Robert laffont
    • 10 Novembre 2021

    L'Afghanistan est le pire endroit sur terre pour naître femme, selon l'ONU.
    Pourtant, Zarifa, jeune femme afghane a décidé d'y réaliser ses rêves : étudier, devenir musicienne, voyager, lutter pour les droits des femmes... Des rêves inaccessibles, interdits.
    À 18 ans, Zarifa devient violoniste et chef d'orchestre de Zohra, premier orchestre entièrement féminin de son pays et du monde musulman. Malgré la violence quotidienne, l'obscurantisme, les menaces, le découragement parfois, elle se bat pour créer son propre destin, et celui des femmes afghanes, avec pour seules armes son violon et sa détermination.
    Le témoignage bouleversant et inspirant d'une jeune Afghane qui a surmonté les obstacles et bravé les interdits pour gagner sa liberté. Une liberté d'autant plus menacée aujourd'hui alors que l'Afghanistant bascule dans le chaos et la terreur, à laquelle il ne faut jamais renoncer.

  • L'enfant de Schindler

    Léon Leyson

    • Pocket jeunesse
    • 4 Février 2016

    Alors que tout semble perdu pour Leon Leyson, déporté à l'âge de douze ans dans un camp de concentration, un homme - un nazi - lui redonne espoir. En l'employant comme ouvrier dans son usine, Oskar Schindler fait du petit Leon le plus jeune inscrit sur sa liste. Une liste qui sera synonyme de vie pour lui mais aussi pour des centaines d'autres juifs pris dans les filets nazis.

  • La petite fille du passage Ronce

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    • Grasset et fasquelle
    • 28 Avril 2021

    « Promets-moi de dire au monde ce que des hommes ont été capables de faire à d'autres ». Telle a été l'espérance formulée par Fanny quelques heures avant son assassinat dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau. Aujourd'hui, sa jeune soeur Esther tient sa promesse.
    Dans les années 1930, sa famille fuyant l'antisémitisme polonais, migre vers la France et s'installe passage Ronce, quartier de Belleville. C'est là qu'Esther grandit avec ses cinq frères et sa soeur, dans ce quartier populaire, avec ses marchés, ses rues poussiéreuses, ses échoppes de cordonniers et de tailleurs. Une existence modeste mais heureuse qui bascule en mai 1940. Il y a d'abord l'arrestation de son frère Marcel puis celle de Samuel, envoyé à Drancy. La rafle du Vel d'Hiv les 16 et 17 juillet 1942 est un coup de hache. Esther ne reverra jamais ses parents. Elle se réfugie chez une gardienne, réussit à gagner la zone libre, revient à Paris où elle est finalement arrêtée lors d'un contrôle d'identité puis internée au camp de Drancy. Birkenau : Esther est rasée, tatouée, on lui assigne une baraque, un kommando. L'enfer commence : le travail forcé, le froid, la promiscuité, les coups, la maladie, la faim. Et la mort, partout.
    Soixante-quinze ans après la libération des camps, Esther continue de faire vivre la mémoire des siens et d'honorer la promesse faite à sa soeur. La Petite fille du passage ronce est ce récit, mais aussi un projet historique et littéraire différent. Avec la complicité d'Isabelle Ernot, il s'ouvre comme un diptyque : le témoignage est suivi par un dialogue avec les disparus, par des lettres, à sa soeur Fanny et à sa mère Gela, ou encore lors d'une déambulation sur son chemin d'écolière entre Ménilmontant et Belleville. Le récit revient sans cesse vers ce passage Ronce, disparu, qui n'existe plus qu'ici : en cette stèle de mots, vivace et émouvante.

  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, 6 millions de Juifs furent assassinés. En France, près de 76.000 hommes, femmes et enfants furent déportés vers les camps de la mort. 2.500 seulement en sont revenus...

    Ida Grinspan, Marceline Loridan-Ivens, Sarah Montard, Henri Borlant, Charles Palant et Victor Pérahia étaient tous très jeunes. Comme des dizaines de milliers d'autres enfants, ils pensaient que la France les protégerait. Mais les lois antisémites, les rafles et les arrestations sont venues dessiner les contours monstrueux de la Shoah en France. Arrêtés puis déportés, ils sont revenus, vivants, mais traumatisés à jamais.

    Tout au long de témoignages bouleversants, ils disent l'enfer de ces années, la peur, la douleur incommensurable de la déportation et de la disparition de leurs proches. Mais ils racontent aussi le courage d'hommes et de femmes qui les ont aidés, soutenus et parfois sauvés. Avec pudeur et émotion, ils évoquent le retour, la difficulté du deuil, l'impossible reconstruction.

    Chacun avec leur mots, ils accomplissent la mission sacrée qu'on leur a confiée à Auschwitz, Buchenwald, Bergen-Belsen : raconter. Pour que les voix de ces millions d'hommes et de femmes ne s'éteignent pas totalement. Pour qu'un jour on n'assassine plus les hommes pour ce qu'ils sont. Pour que nul n'oublie, jamais.

    Préface de Georges Bensoussan, historien et responsable du Mémorial de la Shoah.

    Avec les témoignages de :
    - Henri Borlant.
    - Ida Grinspan.
    - Marceline Loridan-Ivens.
    - Sarah Montard.
    - Charles Palant.
    - Victor Pérahia.

  • Nous étions seulement des enfants

    Rachel Jedinak

    • Librairie generale francaise
    • 13 Janvier 2021

    Pendant longtemps, pour se souvenir des nombreux enfants qui n'ont pas pu grandir, il n'y avait rien. Rien pour dire qu'ils avaient été tués parce que nés juifs, ni même pour dire qu'ils avaient vécu, qu'ils avaient ri, joué et pleuré... Comme s'ils n'avaient jamais été là. R. J.
    Rachel Jedinak a survécu à la première rafle du Vél'd'Hiv, en juillet 1942. Ses voisins, ses cousines ou ses camarades de classes, eux, n'ont pas eu sa chance. Après s'être battue pendant des années pour faire apposer, dans les écoles, collèges et lycées, des plaques aux noms de ces élèves oubliés, elle leur rend ici un dernier hommage. Dans ce récit tendre et délicat, elle raconte les parties interminables d'osselets sur les trottoirs, puis les camarades de classe qu'on regarde jouer dans le jardin public où l'on n'a plus le droit d'entrer. Et enfin, les traques, les rafles, les petits qui hurlent de chaud dans la Bellevilloise puis la fuite. Rachel Jedinak nous dit finalement la guerre de la plus universelle des langues : celle des enfants.

  • Tu seras une femme, ma fille

    Jean-Louis Coatrieux

    • Riveneuve
    • 14 Avril 2022

    - Une histoire vraie d'une petite fille juive de Vienne qui fuit le nazisme en se réfugiant dans une école en France sous une fausse identité ;
    - Un écriture souple et sensible qui donne au texte toute la force du roman ;
    - Un écrivain venu du milieu scientifique qui appui sa narration sur une collecte d'archives et de témoignages directs ;
    - Une rencontre avec le personnage qui est le fruit du hasard au gré d'un voyage en Amérique latine ;
    - Un auteur qui a déjà une dizaine de romans et essais à son actif, chroniqueur à la revue Esprit.

  • 1939 en Pologne. La jeune Mala est une enfant heureuse, encore insouciante de la menace qui s'apprête à bouleverser sa vie. Jusqu'à l'invasion des nazis qui transforment son village en ghetto pour y emprisonner les Juifs. N'écoutant que son courage, chaque jour Mala enlève son étoile jaune pour aller mendier afin de nourrir sa famille. Mais un jour, en rentrant de l'une de ses expéditions, elle assiste impuissante à l'arrestation de tous ses proches. Elle ne les reverra jamais... Pour survivre, elle s'éloigne de toute vie civilisée et se réfugie dans la forêt. Avec pour seule compagnie son petit chat, Malach, qui l'accompagne partout, tel un ange gardien. Le petit félin devient son unique famille. Et dans les pires moments de doute, d'angoisse, de solitude, sa présence suffit à réconforter la jeune fille. Même dans les plus insondables ténèbres, il l'aide à garder espoir et c'est grâce à son chat que Mala va réussir à traverser la guerre. Et à survivre...
    Un témoignage puissant et unique sur l'Holocauste, à travers les yeux d'un enfant.

  • Je me souviens

    Boris Cyrulnik

    • Odile jacob
    • 11 Mars 2010

    « Ça fait soixante-quatre ans que je n'ai rien pu dire, c'est la première fois que je le fais.

    Je me rappelle, j'habitais ici. Et puis un jour, ou plutôt une nuit c'était tôt le matin quand j'ai été arrêté , la rue a été barrée de chaque côté par des soldats en armes. C'étaient des Allemands, mais j'ai été arrêté par la police française.
    Il y avait des camions en travers de la rue et puis, devant la porte, une traction avant avec des inspecteurs en civil, des inspecteurs français qui étaient là pour arrêter un enfant de six ans et demi ! » B. C.

    Boris Cyrulnik évoque, dans ce livre très personnel, son enfance, son arrestation, son évasion et surtout l'insoumission aux hommes et aux idées.

    Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur denseignement à luniversité de Toulon. Il est l'auteur dimmenses succès, notamment Un merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards et Autobiographie d'un épouvantail.

  • Après une enfance heureuse en Pologne au sein d'une famille juive, Elie Buzyn va subir l'indicible : sa déportation à 11 ans et l'assassinat des siens ; le ghetto de Lodz, Auschwitz à 15 ans, la marche de la mort, Buchenwald.

    Lorsqu'il est libéré à 16 ans, il ne parle que le Polonais, le yiddish, et l'hébreu. Comment retourner à la normale ? Après avoir frôlé la mort, connu un état de sous-nutrition extrême, la libération et le retour à la vie sont complexes. La traversée de la frontière entre deux milieux sera pour lui un temps crucial qui aura duré des décennies... Ses expériences passées continuent d'exister en lui, en un magma éruptif qui peut surgir à tout instant.
    Mais il a agi, résisté, et réappris à vivre. Le chaos libère une grande source d'énergie qui lui a permis de développer une créativité de la vie où rien ne pouvait lui paraître insurmontable. Encouragé par les voix du passé et par le soutien de leurs morts, il a tenté de reconstruire ailleurs ce qui a été brisé. Il livre le récit d'un étrange périple passant par la France, la Palestine, l'Algérie.

    Chirurgien-orthopédiste, il s'engagera auprès des laissés pour comptes et des victimes que les nazis avaient voulu torturer et éliminer : témoins de Jehova, malades psychiatriques, personnes très âgées,... parfois dans des conditions difficiles, sans infrastructures sanitaires.

    Un parcours unique et atypique, éclairé par le regard d'Etty Buzyn, son épouse, écrivain et psychanalyste.

  • Lettres à Samira

    Yassin Al-Haj Saleh

    • Editions des lisieres
    • 5 Mars 2021

    À travers ses quinze Lettres à Samira, écrites entre 2017 et fin 2019, Yassin Al-Haj Saleh survit à l'absence. Dédiée à sa compagne Samira Al-Khalil enlevée en décembre 2013, cette correspondance dresse à la fois l'état des lieux d'un pays en proie à la dictature - et plus largement la situation géopolitique contemporaine - et le portrait de la femme aimée, de leur lutte commune pour la liberté et le respect des droits humains.Ce recueil de lettres permet de découvrir un couple hors du commun, et à travers cette histoire d'amour en temps de guerre, la réalité de la révolution syrienne, ses enjeux, ses questions. D'un abord plus simple que les analyses politiques précédemment publiées, ce livre ouvre des pistes pour comprendre l'épineuse « question syrienne ». Le livre sortira en mars 2021, dix ans après le début de la révolution.

  • La mémoire courte

    Jean Cassou

    • Sillage
    • 15 Mai 2017

    "Écrivain, poète, fondateur du musée d'Art moderne, et l'un des premiers résistants, Jean Cassou (1897-1986) publie en 1953 "La Mémoire courte", alors que se pose en France la question de l'amnistie des collaborateurs et que le monde, plongé dans la guerre froide, semble n'avoir le choix qu'entre l'horreur de la dictature stalinienne et la frénésie anticommuniste nord-américaine.

    Méditation dédiée à la mémoire de ses camarades tombés pour la liberté, mais aussi attaque violente contre la tentation de « la réconciliation dans l'aveuglement », ce texte tantôt virulent, tantôt teinté de mélancolie, entend rappeler que, pour ceux qui y engagèrent tout, jusqu'à leur vie, la Résistance fut d'abord « un fait moral, absolu, suspendu, pur »."

  • En 1945, lorsque le camp d'Auschwitz est libéré, Lily est maigre, sale et à peine vivante. Ému, un soldat américain lui donne un petit mot : « Bonne chance et sois heureuse ». Soixante-quinze ans plus tard, l'arrière petit-fils de Lily décide de retrouver la famille de soldat grâce aux réseaux sociaux. Un formidable élan de solidarité se met en place partout dans le monde. Grâce à cette médiatisation inattendue, à 96 ans, Lily va enfin pouvoir tenir la promesse qu'elle s'était faite à Auschwitz : dire la vérité sur l'horreur des camps. Dans ce livre, elle raconte la faim, le froid, la violence, les cris des kapos, la déshumanisation absolue. Et partout, la mort. Mais elle raconte aussi comment, malgré cette souffrance, elle a réussi à survivre puis à se reconstruire. Et même à être heureuse, en dépit de cette infinie douleur qui l'a accompagnée toute sa vie. Un témoignage unique qui donne enfin une voix à des millions de victimes silencieuses.
    J'ai survécu à Auschwitz : voici mon histoire.

  • Shelomo Selinger, juif polonais, est entré dans l'enfer nazi à l'âge de quatorze ans. En quatre années d'horreur, il a connu neuf camps de concentration et deux marches de la mort. Comment a-t-il pu survivre ? « L'instinct, le hasard, la fraternité. Et puis l'oubli », répond-il.
    Une amnésie totale s'est en effet emparée de lui du jour même où il a été libéré. Elle l'a protégé pendant sept longues années des fantômes de la Shoah, et ne s'est dissipée que lorsqu'il est vraiment revenu à la vie par la grâce d'une double rencontre : celle de l'amour et de l'art.
    Depuis, Shelomo Selinger ne cesse de témoigner par ses dessins et ses sculptures monumentales qui se dressent à Drancy, La Courneuve, Luxembourg, ou dans l'Allée des Justes des Nations au mémorial Yad Vashem de Jérusalem.
    Mais l'artiste chante aussi l'enfance, la femme, l'espérance qu'il incarne dans le bois et le granit. Et dans ce livre où l'écrivaine Laurence Nobécourt lui a prêté sa plume de feu, il déclare son amour inaltérable de la Vie : « Il n'y a rien de plus sacré que la vie. Même Dieu n'est pas aussi sacré. »

  • Sous la direction de Thomas Misrachi, journaliste BFMTV.

    Zineb El Rhazoui, rescapée emblématique des attentats de Charlie Hebdo, nous plonge au coeur du carnage du 13 novembre. À travers 13 témoins directs, les mots sans filtres de la journaliste racontent la réalité poignante et panoramique des crimes de masse qui ont frappé Paris, transformée en abattoir. 13 récits croisés de survivants, policiers, pompiers, urgentiste, miraculés, victimes, proches des terroristes :

    Jean-Pierre Tourtier, médecin-chef de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, intervenu rue Bichat et au Bataclan, décrit de véritables scènes de guerre.
    Yasser Bensalah, qui croise le commando du Bataclan devant la salle de concert et prend la première balle.
    Patrick Pelloux, urgentiste et chroniqueur à Charlie Hebdo, par deux fois impliqué dans les opérations de sauvetage (7 janvier, 13 novembre).
    Claude-Emmanuel Triomphe, grièvement blessé à la Bonne Bière.
    Dimitri Kalinine, commissaire central, l'un des premiers policiers à découvrir le carnage à l'intérieur du Bataclan.
    Houari Mostefaï, frère d'un terroriste du Bataclan, il assistait au spectacle de Dieudonné à quelques centaines de mètres du massacre.
    Jérémy Maccaud, bloqué plusieurs heures dans une loge avec le bassiste des Eagles of Death Metal.
    Aca et Tina, cousins massacrés par l'explosion des kamikazes au Stade de France.
    Patricia Correia, dont la fille unique, Precilia, est morte au Bataclan.
    Jesse Hughes, chanteur du groupe Eagles of Death Metal.
    Omar, vigile rescapé du Stade de France qui s'est retrouvé face à l'un des kamikazes.
    K., jeune pompier présent au Bataclan, déchiré par les balles.
    Abdelhamid Abaaoud, portrait posthume du « cerveau » des attentats du 13 novembre.

  • Deux Coréennes : souvenirs du pays d'ou l'on ne peut s'échapper

    ,

    • Buchet chastel
    • 6 Mai 2021

    Deux Coréennes est l'histoire d'une Nord-Coréenne racontée par une Sud-Coréenne. Le récit de l'enfance, de l'éducation, de l'emprisonnement puis de la fuite de l'une (Jihyun) se mêle au sentiment de culpabilité de l'autre (Seh-Lynn).
    Après une enfance plutôt heureuse, la vie de Jihyun s'écroule.
    Une partie de sa famille est emportée par la famine avant que son jeune frère ne meure sous les balles parce qu'il a tenté de fuir en Chine. Elle-même a été vendue à un Chinois. De cette union naît un garçon. Trahie puis rapatriée en Corée du Nord où elle est enfermée six mois dans un camp, elle arrive à s'échapper à nouveau et retrouve son fils. À travers la Chine et la Mongolie, elle arrive à gagner la Corée du Sud.

  • Chagrin d'Espagne

    María-Josefa Avila

    • Quai des brunes
    • 15 Mars 2021

    Quand la guerre hante les vivants Une petite-fille de républicain espagnol part à la recherche d'elle-même et des mystères de son histoire. Le passé politique se mêle au passé familial dans une quête où l'autrice et l'Espagne rencontrent de remuants fantômes.
    Un passé qui ne passe pas.
    Écrire contre l'oubli et la dictature Après la découverte de L'Art de perdre d'Alice Zeniter, le déclic, María-Josefa Ávila entreprend la rédaction de son livre : un récit de l'intime, un texte court et douloureux. Entre émotion et sidération :
    « Les questions tournent dans ma tête depuis si longtemps à propos de ce grand-père fusillé dont je ne connais que le prénom. Elles bourdonnent comme des insectes qui viendraient se cogner contre les parois du verre qui les enferment.
    Questions prisonnières du silence maternel.
    Mille fois je les ai posées... »

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